C’est jeudi soir qu’a eu lieu la cérémonie des Europas à Londres. Cédric Giorgi qui était sur place (et qui représentait aussi Goojet dans la compétition) s’est transformé en reporter de choc pour TechCrunch France et nous propose ce compte rendu complet de la soirée qui a commencé par la présentation de 6 startups:
- Busuu, startup venant d’Espagne, se définit comme une communauté destinée à l’apprentissage des langues. Busuu permet non seulement d’apprendre une langue par des exercices ludiques et didactiques (à noter une très bonne utilisation des outils “web 2.0″ pour rendre les exercices très intéractifs) mais Busuu facilite aussi la mise en relation entre membres pour un apprentissage plus “direct” (un peu comme Lingueo, start-up française dans le même domaine). Le business modèle repose principalement sur la vente de “paquets premium”. Busuu est déjà lancé dans 4 langues et est très connu en Espagne (ils ont gagné un Lion d’argent à Cannes…)
- Fits.me, startup venant d’Estonie, développe une salle d’essayage virtuelle. Ils ont développé une technologie qui permet de simuler un corps dans un habit (t-shirt) par exemple en fonction de différentes données : taille, ventre, épaules etc… Je n’ai pas très bien compris comment ils allaient récupérer des données là. Si c’est fait de façon automatique (webcam) ou semi-automatique (upload de photos) alors cela peut être très intéressant pour le e-commerce. Après l’exemple de Fitting Box et de EnjoySunGlasses, voici encore un exemple des possibilités de l’essayage virtuel. Fits.me sera lancé bientôt.
- Comufy, startup venant d’Angleterre, propose une plateforme qui permet d’agréger tous les flux de communications (mails, IM, VOIP etc..) mais qui permet aussi et surtout de prioriser et de segmenter la sortie de l’entonnoir des communications : en fonction de la personne, en fonction du média etc… Comufy n’est pas la seule startup à tenter de s’attaquer à cette agrégation des communications, mais pour l’instant aucun acteur ne s’est vraiment détaché. Le service sera ouvert en Septembre.
- Pitchero, startup là-aussi venant d’Angleterre, propose une plateforme web visant à faciliter la création de pages web dédiées à des clubs de sports, et facilite les liens entre les différents sites web. Le business modèle repose là aussi sur des fonctionnalités premium. En s’attaquant à un marché de niche, et si l’outil de type CMS est vraiment adapté aux clubs de sports, alors cette startup a toutes ses chances de réussir !
- Giglocator, startup d’Angleterre, a dès le début de sa présentation impressionné puisque son co-fondateur a… 18 ans ! Giglocator a pour but de faciliter la découverte et le partage de music live, de concerts avec des profils, des recommandations des utilisateurs. Ce qui m’a marqué, c’est l’integration très maline et dès le début de réseaux existants comme ilike, lastfm, facebook etc… Si je ne sais pas si une communauté autour d’une telle niche peut marcher, ce qui me parait sûr, c’est qu’elle ne le peut qu’en profitant des gros mastadontes pour son développement…
- eMarket, basé en Angleterre mais avec déjà des équipes en France, est une startup qui semble déjà bien établie dans un domaine B2B : une plateforme facilitant les contacts entre distributeurs (Leclerc etc…) et industriels, marques etc… Il ne s’agit d’ailleurs pas seulement de faire des contacts, mais aussi pour des distributeurs de directement passer commande…
En conclusion de cette première partie, je dois dire que j’ai été agréablement surpris par la qualité des projets qui ont présenté, mais aussi et surtout par la qualité des présentations. Respect du timing, discours clair, énergie dans les présentations, humour etc… on pouvait y voir un certain style américain, qui fait malheureusement trop souvent défaut aux européens (et aux français en particulier) lorsqu’ils font des pitchs.
Le public était lui aussi d’une excellente qualité (sauf certains qui n’écoutaient pas comme d’habitude…) et surtout très réactif et “chaud”, cris lors d’une bonne présentation, encouragements et applaudissements nourris, questions pertinentes ou provocantes… J’aimerai là aussi voir plus souvent une telle énergie en France lors de présentations de startups…
Suites aux pitchs, un panel pour parler de la situation des startups en Europe avec : Tariq Krim, fondateur de Netvibes et maintenant JoliCloud, Stephan Glaenzer entrepreneur et investisseur allemand, Michael Birch, fondateur de Bebo, Brent Hoberman fondateur de Lastminute et maintenant mydeco.com et enfin Sarah Lacy auteur et éditrice sur Techcrunch US.
Rien de très original sur ce panel pour expliquer le retard en Europe, si ce n’est :
- Stephan Glaenzer explique que pour lui, la baisse du taux de change entre le pound et l’euro est une chance pour les UK, car du coup, le Royaume-Uni redevient très intéressant pour des entrepreneurs et investisseurs étrangers. Londres peut devenir un hub des l’économie numérique, d’autant plus que les anglais ont une vision plus globale que la majorité des européens.
- Tariq Krim explique que les jeunes sont une chance pour les startups, car ils sont globalement bien formés en Europe, et qu’ils ont une motivation sans pareille. C’est ce qu’il met en place pour Jolicoud, un mélange entre des jeunes sur-motivés et des séniors expérimentés.
- Michael et Brent annonce le lancement d un fond d’ accompagnement et de support des startups européennes. Plus qu’un fond d’investissement, ils veulent profiter de leur expérience d’entrepreneurs pour accompagner des projets en early stage (un peu comme ISAI, qui est toujours actif d’ailleurs pour ceux qui recherchent des fonds).
- Sarah Lacy conseille aux européens de ne pas trop regarder la Silicon Valley, mais de surtout regarder du côté des pays émergeants, comme la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil (BRIC) etc… Elle remarque (c’est le sujet de son prochain livre) que beaucoup de pays émergeants créent des ponts entre eux dont sont exclus les Etats-Unis…
Mike butcher, le maître de cérémonie et rédacteur de Techcrunch Europe, a ensuite annoncé le début du Techcrunch Europe Top 100 sur lequel je ne reviendrai pas puisque nous vous en avons parlé sur ce blog.C’était ensuite le moment tant attendu: l’annonce des gagnants des Europas. Tous les détails sur le billet de Techcrunch Europe mais voici la liste des gagnants. A noter qu’il n’y a malheureusement aucune startup française parmi les gagnants, mais Goojet a fini deuxième de la catégorie Startup Mobile et Bluekiwi et Stupeflix étaient finalistes.
Meilleure Application Ou Service
Gagnant: Spotify
Grandement Félicité (2ème): Amiando
Meilleur Design
Gagnant: Songkick
Grandement Félicité (2ème): Babbel
Meilleure “Bootstrapped” Startup
Gagnant: Soup.io
Grandement Félicité (2ème): Doodle
Meilleur Innovation Sociale
Gagnant: Mendeley
Grandement Félicité (2ème): Amazee, School of Everything
Meilleur Startup B2B / Service pour Entreprises
Gagnant: Huddle
Grandement Félicité (2ème): Zendesk
Meilleur Startup pour l’Environnement
Gagnant: Alertme
Grandement Félicité (2ème): Amee
Meilleur Gadget
Gagnant: Poken
Grandement Félicité (2ème): My Name Is E
Meilleure Application ou Service de Divertissement
Gagnant: SoundCloud
Grandement Félicité (2ème): eRepublik
Meilleure Startup Mobile
Winner: Nimbuzz
Grandement Félicité (2ème): Goojet
Meilleure application mobile
Gagnant: Spinvox
Grandement Félicité (2ème): Tweetdeck Mobile
Meilleur Fondateur de Startup
Gagnant: Daniel Ek, Martin Lorentzon, pour Spotify
Grandement Félicité (2ème): Alastair Mitchell, Andy McLoughlin, pour Huddle.net
Meilleur Fonds d’investissement
Winner: TAG - The Accelerator Group
Grandement Félicité (2ème): Index Ventures
Meilleure personnalité d’investisseur
Winner: Yossi Vardi, Angel
Grandement Félicité (2ème): Fred Destin, Atlas Venture
Meilleur Nouvelle Startup, Eté 2008-2009
Gagnant: Spotify
Grandement Félicité (2ème): TweetDeck
Grand Prix Europas
Spotify
Mon avis perso : résultats plutôt logiques et compréhensibles, même si il y a forcément un biais du fait que Techcrunch Europe est basé à Londres, que ce sont les startups qui étaient visibles par Techcrunch (présence dans la Crunchbase). Concernant Spotify, qui repart avec 4 prix, je trouve ça peut être un peu trop, mais c’est vrai que le service explose, encore plus en Europe qu’en France d’ailleurs (concurrence de Deezer oblige ici…)
Photos de la soirée disponibles ici et vidéos par ici.
Conclusion générale : une très bonne initiative, avec une soirée et un concours remarquablement bien organisé (et je le dis d’autant plus que je suis contributeur extérieur à Techcrunch). On pourra seulement regretter une présence timide de la scène française (une vingtaine de français présents sur 300 personnes). Les rencontres et les échanges ont été très fructueux, et je n’ai malheureusement pas l’impression d’en voir des aussi riches à Paris. Il est dommage aussi de ne pas avoir plus de rencontres de la sorte qui facilitent les interactions entre les startups de Paris, Londres, Berlin de Madrid et d’ailleurs !!
Note d’Alain: Merci à Cedric pour cet excellent compte-rendu détaillé. Beaucoup de réactions positives sur cette cérémonie des oscars de web européen.
Cette soirée toute londonienne reflète en tout cas le dynamisme de nos confrères britanniques ainsi que le bouillonnement de la scène web anglaise. Ça bouge outre Manche et Londres devient une place d’échanges et de rencontres passionnante. On le sait de nombreux entrepreneurs préfèrent prendre des initiatives là bas plutôt qu’en France où malgré la volonté affichée du gouvernement de simplifier la vie aux entrepreneurs, la création d’entreprise reste encore bien fastidieuse. C’est dommage, car malgré les bonnes idées et un vivier de talents et d’entrepreneurs potentiels, la France continue de prendre du retard pendant que Londres, au même titre que Berlin d’ailleurs, s’imposent peu à peu comme les places fortes du web en Europe.


Ce week-end end TechCrunch Europe, notre collègue anglais, a lancé l’Index 
Coïncidence ou pas, toujours est-il que la bataille des systèmes d’exploitation pour netbooks a bien commencé. Le jour même où Google annonce le lancement l’année prochaine de Chrome OS, nous avons appris que
Les rumeurs couraient depuis un certain temps…cela vient de se confirmer et ça va faire du bruit: Google lancera à la mi 2010 son propre système d’exploitation Google Chrome OS. Un système conçu pour fonctionner sur les netbooks avant tout.” C’est pour nous une tentative de repenser ce qu’un système d’exploitation devrait être“, Google annonçait hier soir 


