L’Open Data, un enjeu pour les entreprises
  • 11 Commentaires
par Renaud Euvrard 7 novembre 2011

redkid pieton dataopenEn ce début d’année, je vous présentais l’importance du mouvement de l’ouverture des données publiques en France. Initié principalement par les collectivités locales (comme Rennes ou Paris), l’Open Data est aujourd’hui largement porté par l’État grâce au projet Etalab (lancé par le plan « France Numérique 2012 ») qui a pour mission de coordonner l’action des administrations de l’État et apporter son appui aux établissements publics administratifs pour faciliter la réutilisation la plus large possible de leurs informations publiques.

L’intérêt de l’ouverture des données est de proposer à des tiers (entreprises, scientifiques, développeurs, collectivités, journalistes…) d’agréger ces données, de les analyser ou de créer de nouvelles applications innovantes ou de nouveaux usages. L’Open Data est donc un pilier essentiel pour l’innovation et une aide au développement économique. Cela doit passer par une simplification et une facilité à expérimenter leurs utilisations (licence d’utilisation, format exploitation ou de fréquence de mise à jour).

Dans l’écosystème de l’Open Data, les entreprises sont principalement utilisatrices de ces données, mais elles peuvent devenir elles-mêmes sources de données ouvertes. Souvenez-vous des propos de Mercedes Erra lors du HubForum : notre société attend d’une organisation, d’une marque ou d’une entreprise qu’elle donne du sens, de la transparence, de la clarté et du dialogue. L’Open Data serait donc un nouveau moyen d’engagement et de développement des entreprises ?

Afin de répondre cette problématique, la société de conseil bluenove a rédigé un livre blanc « Open Data : quels enjeux et opportunités pour l’entreprise » en partenariat avec la SNCF, le Groupe La Poste, Suez Environnement, le Groupe Poult et BVA.

L’ouverture ou l’utilisation de données au sein d’une entreprise est essentiellement liée à l’analyse d’opportunités en terme commercial, d’image ou d’innovation. Selon l’étude, que ce soit pour le partage ou l’usage des données, l’intérêt porte principalement sur l’amélioration de la satisfaction client, le développement de l’innovation et de l’offre produits et services.

« Seulement 47% des responsables d’entreprises interrogés disent connaître le concept d’Open Data et seulement 12% disent le connaître “très bien”. » Aujourd’hui les principaux freins à l’ouverture des données sont la dispersion possible des données, leurs sensibilités, le non-contrôle de leur utilisation ou le cadre juridique.

L’Open Data au sein de l’entreprise repose donc sur la stratégie globale de l’entreprise. Bien évidemment, cette démarche s’adresse aussi bien aux grands groupes, qu’aux startups. Que ce soit d’un point de vue juridique, technique ou commercial, l’Open Data implique la quasi totalité des services d’une entreprise et impose donc un “état d’esprit” partagé. Cette démarche nécessite de nombreuses étapes et réflexions préalables : nature des données, formats, plateformes, pérennité, partenariats, licences et contrats, modèles économiques, API, feedback, animations, ROI etc…

L’ouverture des données au sein de l’administration publique ou d’une entreprise fait donc parti d’une véritable stratégie d’innovation. Même si l’Open Data ne connaît pas encore une grande notoriété au sein des entreprises, elles perçoivent les bénéfices à long terme que ce soit pour leur image, leur engagement ou l’innovation produit. Mais au delà, que ce soit pour le domaine public ou privé, l’Open Data ne doit pas être considéré aujourd’hui comme une “mise en conformité”. Ce mouvement doit être abordé stratégiquement comme une véritable structuration de gestion des données, tout comme un patrimoine.

L’étude « Open Data : quels enjeux et opportunités pour l’entreprise ? » est téléchargeable gratuitement sur le site de bluenove.

Crédit photo : LiberTIC

Commentaires rss icon

  • Je suis actuellement au SYmposium Gartner à Barcelone et je peux vous le confirmer, l’Open Data appliqué à l’entreprise, que l’on peut ausssi appeler le Linked Open Data, va devenir un vrai sujet stratégique pour les entreprises qui veulent, en ces temps de crise, capitaliser sur leur écosystème.

    A cet égard, je voudrais insister sur un point qui me semble important, concernant ce sujet crucial qu’est l’Open Data : le partage de données au niveau applicatif, via des API spécifiques à chaque jeu de donées, n’est pas du tout une bonne solution.

    Pourquoi ? C’est très simple : si vous voulez développer une application exploitant intelligemment des données issues de 43 sources différentes, que ce soient des données internes à l’entrepris eet des données externes librement accessibles, alors ce développement sera un cauchemar et l’application qui en résultera ne sera pas pérenne simplement parce qu’elle sera impossible non seulement à faire évoluer dans le temps mais tout simplement à maintenir.

    La vraie solution pour le partage de données ouvertes est d’exposer directement les données brutes en utilisant les standards du “web de données” tel que le préconise le W3C : avec RDF pour décrire et stocker les données, OWL pour modéliser les ontologies, SKOS pour les taxonomies, HTTP pour accéder aux entrepôts de données et SPARQL pour les interroger et en extraire ce que l’on souhaite, il n’est besoin d’aucune API.

    Les jeux de données ouvertes disponibles conformément à ces standards sont décrits dans la version récemment mise à jour du Linking Open Data Cloud, ou LOD Cloud : http://richard.cyganiak.de/2007/10/lod/imagemap.html

    Croyez-moi, pour faire de l’Open Data il est infiniment plus porteur d’avenir d’enrichir le LOD Cloud avec des jeux de données supplémentaires nativement partagés que de mettre en ligne de nouvelles API propriétaires, sans même parler de partager sans métadonnées exploitables des tableaux Excel ou documents PDF…

    Et pour faire du Linked Data en entreprise, la mise en oeuvre de ces standards vous garantit la pérennité et l’évolutivité de vos développements.

    Antidot, qui fournit de solutions logicielles dans ce domaine, a aussi diffusé en Open Source une librairie, appelée “db2triples”, qui permet d’importer très facilement des données issues de SGBD relationnels dans des triple stores RDF, en passant par les modèles R2RML ou DirectMapping qui sont préconisés par le W3C. Cette librairie, implémentation en Java, qui s’adapte rapidement à toutes les plateformes, est disponible dès à présent sur la forge Github : http://github.com/antidot/db2triples

    db2triples permet d’atteindre les trois buts fixés par le W3C :
    - intégrer les données provenant des bases SQL dans le Web de données (Linked Data)
    - donner la possibilité de les manipuler avec des langages standardisés tels que SPARQL
    - et enfin les regrouper avec d’autres types de données : référentiels, bases de connaissances…

    A vous de jouer avec vos données maintenant !

  • C’est évident que plus ils données sont à disposition plus elles vont servir. En fait le concept aidera à améliorer l’intelligence collective.

  • Stratégie intéressante pour les entreprises.

  • qui fournit de solutions logicielles dans ce domaine, a aussi diffusé en Open Source une librairie, appelée “db2triples”, qui permet d’importer très facilement des données issues de SGBD relationnels dans des triple stores RDF, en passant par les modèles R2RML ou DirectMapping qui sont préconisés par le W3C. Cette librairie, implémentation en Java

  • Salut Renaud,

    nullement étonné de te trouver sur le sujet…

    Une précision : Opendata ne doit pas être confondu avec Freedata. Les données de l’administration sont payées par l’impôt, leur coût n’est donc pas nul.
    L’administration serait bien inspiré de faciliter et de rationnaliser la mise à disposition pour en faire une activité commerciale au profit de tous.

    PS : un grand bravo au redémarrage de techcrunch.fr. La qualité est revenue (il était temps).

Laisser un commentaire

Commenting Options

Rétrolien
Short URL
Avez-vous des informations à nous faire parvenir ? Envoyez-nous un email
Urgence Japon
  • MediaTemple Logo
  • QuickSprout Logo
  • OpenX Logo
  • Cotendo Logo