KRDS lève quelques millions d’euros auprès d’AXA Private Equity
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par Julien Mechin 9 septembre 2011

KRDS, l’agence spécialisée dans le marketing sur facebook vient d’annoncer une levée de fonds de plusieurs millions d’euros auprès d’AXA Private Equity. Le montant n’a pas été dévoilé mais la réputation de l’investisseur laisse supposer un montant élevé. Entretien avec Thomas Jestin, co-fondateur de l’agence :

- KRDS vient d’annoncer sa première levée de fonds. Peux-tu nous en dire plus ? Quel montant levez – vous ? Pour quelle valorisation ?
Il s’agit d’un investissement à 7 chiffres réalisé par AXA Private Equity, acteur majeur du secteur qui nous honore là de sa confiance et entre au capital de KRDS à hauteur de 20%. AXA PE a su apprécier notre approche “sur mesure” qui séduit les annonceurs (nous comptons parmi nos références Danone, Peugeot, Renault, Air France, Dior, L’Oréal, Canal +, Eurosport, Nestlé ou encore BNP) et s’appuie sur un solide socle d’expertise Facebook que valide notre label “Preferred Developer Consultant”. KRDS, c’est déjà 50 collaborateurs et plus de 300 opérations Facebook pour plus de 100 clients dans 9 pays d’Europe et d’Asie. Nous ne sommes pas en mesure de communiquer sur la valorisation de l’entreprise pour des raisons stratégiques évidentes sur ce marché très concurrentiel, mais je peux vous dire que nous connaissons une croissance annuelle de plus de 100% depuis notre création en 2008.

- quels sont les objectifs de ce financement ? Envisagez – vous des acquisitions ?
Il va s’agir pour nous de consolider notre position de leader du marketing Facebook en France, et de continuer à nous déployer en Europe et en Asie où nous avons donc déjà des clients (Médiaset, RTVE, Tissot, RTBF et même Facebook). Pas d’acquisition en vue. Nous sommes une agence au savoir-faire bien établi, notre expansion passera donc exclusivement par de la croissance interne.

- De quoi a désormais besoin KRDS ?
De temps pour nous déployer, de staff pour absorber la demande. Nous recherchons des développeurs PHP/MySQL talentueux à qui inculquer notre savoir-faire Facebook, et des business developers aguerris à même de démultiplier notre travail d’évangélisation des annonceurs. KRDS est une boîte résolument en train de se structurer mais à l’esprit start-up intact. Le pragmatisme nous anime au quotidien, nous embrassons les changements et soubresauts de la plateforme Facebook.

- Au fait, que signifie KRDS ?
Nous cherchions un nom bref et disponible en .com. Nous voulions à tout prix éviter les noms trop porteurs de sens ou construits sur les syllabes à la mode cette année là. A la faveur d’un brainstorming improbable, nous avons fini par opter pour ce sigle qui fait aujourd’hui notre fierté, il s’agit des initiales des noms de jeune fille des mères des quatre co-fondateurs.

- En tant qu’expert de facebook, peux – tu nous faire partager ton avis sur le f-commerce ?
Temps 1 : gagner des fans, histoire de ne pas prêcher dans le désert. Temps 2 : parler à ses fans, les travailler, les faire interagir, devenir plus intéressant que leurs propres amis dans le newsfeed. Temps 3 : monétiser ses fans.  Le mieux à faire aujourd’hui pour le e-commerçant moyen n’est pas selon moi (et selon Facebook d’ailleurs) de brancher à sa page une boutique plug and play standard et donc par définition non optimale. Non, le mieux est de rediriger ses fans vers son site e-commerce déjà bien rodé et d’ajouter aux étapes clefs a minima les social plugins (le partage post-purchase sur ticketmaster fait des étincelles), a maxima Facebook connect, pour personnaliser le parcours, faciliter l’inscription, et profiter au mieux des possibilités de partage Facebook. Il faut aussi prendre le temps de bien tagguer tout son catalogue en transformant chaque item en objet OpenGraph que l’on peut liker, envoyer et commenter. A terme grâce à Facebook connect, les sites proposeront des expériences propres à chaque utillisateur, mettant en avant des produits soigneusement et automatiquement choisis en fonction de l’âge, du genre et des intérêts de l’utilisateur, de la date d’anniversaire de ses amis. Bien sûr une boutique sur Facebook faite sur mesure présentant un catalogue bien taggué est un forcément un plus. Bref, il faut mieux parler de commerce “avec” Facebook, plutôt que seulement “sur” Facebook, trop réducteur.

J’en profite aussi pour dire que Facebook peut apporter bien plus aux entreprises que seulement du marketing et des ventes : Facebook est le lieu idéal où faire du SAV, du CRM, des enquêtes consommateurs, du crowdsourcing de tâches, du product development, du recrutement. Même si le f-marketing reste pour nous de très loin l’activité numéro 1 aujourd’hui.

- Selon toi, quel est l’avenir des facebook credits ? Comment les utilisez – vous avec vos clients ?
Je rêve du jour où tous les utilisateurs Facebook auront un compte Facebook Credits crédité et où les Facebook Credits seront disponibles en mode “social plugin” en dehors de Facebook, et ce, pour acheter toutes sortes de biens et services, pas seulement les biens immatériels. Cela va prendre du temps, et bien sûr qu’à terme Facebook reverra sa marge de 30% pour attirer les e-tailers. Ce jour là, en plus de notre identité et nos amis, c’est notre portemonnaie que Facebook nous laissera emporter partout et utiliser sans friction. Le e-commerce connaîtra un boom sans précédent, une nouvelle révolution en perspective.

Aujourd’hui, en France comme aux USA, en dehors des social games, on n’est qu’aux balbutiements et premières expérimentations, à l’image par exemple notre dernière application sur la page de David Guetta où ses fans (plus nombreux que ceux d’Obama) peuvent acheter son dernier album via Facebook Credits.

Une application est par ailleurs en préparation chez nous pour le Big Brother italien, l’émission de télé “Grande Fratello” de Mediaset, où les téléspectateurs pourront voter sur Facebook via Facebook credits pour sauver le candidat de leur choix.

- Facebook a annoncé la fin de facebook deals. As – tu une remarque à ce sujet ?
Facebook s’est rendu compte que la folie des Deals ne repose pas que sur une techno, mais sur un staffing forcené à même d’aller chercher les offres auprès des commerçants. Ce n’est pas dans l’ADN de Facebook, ils ont donc arrêté. Mais il faut se féliciter que Facebook essaie constamment, tente, échoue, arrête, rebondisse. La devise même de Mark Zuckerberg est “Unless you’re breaking stuff, you’re not moving fast enough” ! Ceci dit, il reste toujours les Facebook Check-In Deals, permettant avec l’appli Facebook pour smartphone de visualiser les deals environnants.
- Utilisez – vous des applications en libre-service, ou développez – vous vos propres outils ?
Nous sommes avant tout une agence proposant des services sur mesure. Nous ambitionnons de servir les grosses entreprises et moins directement la longue traîne. A ce titre nos clients, comme Dior ou L’Oréal, ne peuvent se satisfaire d’applications outils templates, que d’autres annonceurs utilisent déjà. C’est d’ailleurs ce qui nous différencie de nos grands cousins américains Buddy Media et Vitrue. Les grandes enseignes françaises, voire européennes, réclament du spécifique. Chaque annonceur a des besoins et problématiques uniques, et nous leur offrons des solutions personnalisées.

Cependant il existe différentes races d’outil sur Facebook. Nous éditons par exemple le “Page Kit”, notre propre outil de gestion centralisées de pages facebook, permettant de programmer des publications à l’avance (pour le dimanche par exemple), de cibler par exclusion des pays/langues (tout sauf les francophones), de déléguer des droits de publication à un community manager sur un seul pays, de comparer chaque publication à la pire et à la meilleure, à la moyenne en termes de feedback, etc.

Mais nous voyons plus notre Page Kit comme un moyen de conserver une proximité avec nos clients plutôt qu’une vache à lait. Il est très risqué aujourd’hui de tout miser sur une stratégie produit. En effet les changements et lancements intempestifs de nouvelles “features” par Facebook peuvent venir couper l’herbe sous le pied de start-ups et les rendre inutiles et redondantes du jour au lendemain. A ce titre, notre logique “sur mesure” nous protège et nous rend plus fort : dans un environnement toujours plus riches de fonctionnalités, les marques ont besoin de sherpas pour éviter les écueils et rester à jour.

- Quel est ton avis concernant Google + ?
G+ copie et valide le concept Facebook, un beau compliment fait à Mark Zuckerberg. G+ ne peut que pousser Facebook à plus d’écoute à notre égard, nous les f-marketers, un peu de concurrence ne peut jamais nuire, nous nous en félicitons. Nous observons G+ avec attention, mais au-delà des premiers millions d’users gagnés par l’effet nouveauté et la base gmail préexistante, il ne semble pas que les inscrits reviennent beaucoup, ni que beaucoup de filles s’y soient inscrits. Le problème congénital de G+ selon moi est que c’est beau, c’est bien, mais cela n’offre pas assez de valeur en plus de Facebook pour que j’abandonne mes 150 amis et 4 ans d’archives photo pour repartir de zéro.

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  • Excellente interview, j’ai le même avis concernant G+

  • Toutes mes félicitations pour cette belle levée !

  • Facebook n’est pas le lieu idéal pour faire du SAV sauf si on veut étaler et immortaliser sur la place publique tous les dysfonctionnements de l’entreprise et de ses services. En général, on ne va pas au SAV quand ça va bien !!!
    Par ailleurs, dès qu’on ouvre la porte Facebook, on ouvre celle de l’interaction (excellent pour la co-création, l’intelligence collective) mais aussi une tribune pour tous les mécontents . Alors, il vaut mieux être “équipé” pour ça et évaluer les risques réputationnels.

    • Le client mécontent va de toute façon de plus en plus crier sa rage sur facebook, twitter, etc sans forcément avertir l’entreprise concernée par un mail ou un appel téléphonique. Répondre publiquement à ces sautes d’humeur qui n’appellent pas de réponse à la base, permet aux entreprises qui le souhaitent de démontrer qu’elles prennent soin de leur client et sont à l’écoute. Naturellement c’est intéressant uniquement pour les sociétés où la qualité des produits/services et de l’expérience client font partie du business model…

  • Impressionant depuis cancoon !

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