Nous vous l’avions promis et nous tenons nos promesses. Voici un bref récit très spontané qui nous a été transmis par un jeune entrepreneur du web français qui était hier à l’Élysée pour le discours du Président de la République lors de l’installation du Conseil National du Numérique.
Article écrit par Pierre-Henri Deballon, co-fondateur et PDG de Weezevent, que nous remercions pour sa contribution et l’enregistrement audio du discours que vous trouverez dans ce billet.
Quand Barack Obama intervient chez Facebook, chez nous c’est l’inverse : ce sont les start-up qui vont à l’Elysée. Invité ou pas invité, comme pour le mariage princier du week-end à venir, l’avant événement a été ponctué par cette question, sur Twitter notamment.
Jusqu’à mardi soir et un mail de Silicon Sentier j’ignorais jusqu’à l’existence même de cette allocution. Curieux et amusé à l’idée de pénétrer dans l’Elysée, j’ai toutefois bien volontiers accepté l’invitation qui m’était proposée.
TechCrunch France oublié, je me suis proposé de faire un rapide post d’ambiance et de sortir quelques passages du discours présidentiel.
Ce mercredi, pas peu fier, je me suis donc retrouvé sur le trottoir de l’Élysée vers 11h15. Dans la file d’attente du contrôle (nous étions environ 800) une rapide recherche twitter m’a bien fait rire :
@GillesKLEIN: Si t’es pas invité à l’Elysée pour le lancement du Conseil Numérique (à défaut d’en faire partie) t’as raté ta vie sur le Web
Autant le dire tout de suite, le contrôle à l’entrée était pour le moins surprenant! Voici en florilège quelques passages croustillants : des membres du CNN ont dû appeler à l’aide pour entrer dans l’Elysée (comme pour une soirée étudiante), quelques minutes plus tard un Garde Républicain s’écriait “le carton d’invitation était dans la pièce jointe du mail que vous avez reçu”, pour continuer dans ce flou artistique la fouille semblait facultative malgré les sonneries du détecteur de métaux !?…
Passé cette étape, la traversée de la cour mythique était assez impressionnante et irréelle. Une fois à l’intérieur du Palais, des huissiers nous accueillaient et nous guidaient tandis que des agents de sécurité surveillaient les allers et venues. La salle du discours était déjà remplie à mon arrivée, plus aucun siège n’était disponible, et debout il fallait jouer des coudes pour voir le pupitre. Par chance, j’ai pu me glisser dans l’espace Presse qui offrait une vue imprenable sur les jardins de l’Elysée en plus de la vue dégagée sur le podium. Niveau décor, l’expression sous les ors de la République prenait tout son sens, tant le plafond de la salle était majestueux.
Enfin installé j’ai pu suivre entre 11h30 et 12h00, les arrivées plus ou moins théâtrales des membres du CNN, et celle des ministres avec M. Eric Besson en tête. Finalement, quelques secondes avant midi, le service de protection de la Présidence a commencé à s’activer avec l’arrivée de l’attaché militaire du Président de la République suivi de près par le chef du protocole (avec son cadenas autour du coup) qui a solennellement annoncé l’entrée de Nicolas Sarkozy. Celui-ci s’est alors dirigé d’un pas décidé vers l’estrade pour commencer son discours d’une trentaine de minutes tandis que des jeunes et moins jeunes geek immortalisaient compulsivement la scène.
Je vous présente là quelques bribes de l’ambiance générale, je pense que certains pourront compléter mes oublis dans les commentaires. Mais revenons maintenant au sujet qui nous intéresse : le Web. Pour cela vous pouvez retrouver la quasi totalité de l’intervention que j’ai enregistré avec mon iPhone. Pour ceux, qui ne voudraient pas prendre le temps de l’écouter j’ai sorti quelques passages du discours qui m’ont interpellés ou marqués et sur lesquels je suis curieux de lire vos réactions dans les commentaires.
“J’étais très étonné d’ailleurs en préparant cette réunion de constater cela, Internet a contribué à 25% de notre croissance de ces deux dernières années… 25%”
Je ne sais pas ce que vous en pensez mais j’étais complétement ahuri par cette phrase. Déjà le chiffre me parait énorme et j’aimerais avoir plus de détail sur celui-ci, tient-il compte des destructions d’emplois liées à Internet car elles existent aussi? Mais ce qui m’a le plus surpris est cet étonnant aveu : notre croissance actuelle s’expliquerait pour un quart par Internet et Nicolas Sarkozy semble le découvrir. Toutefois, nous apprécions son honnêteté de reconnaître qu’il ne le savait pas. Suis-je le seul étonné par cette phrase de lancement du discours.
Note de la rédaction : Nous avions publié sur TCFR un article sur qui reprend le rapport sur l’impact d’Internet en France, étude réalisée par le cabinet McKinsey et qui révèle effectivement, entre autre, ces 25% de croissance créés par le secteur Internet.
“On compte en France 82 000 sites marchands actifs, si ces magasins existaient dans le monde physique, cela représenterait une multiplication par 2,5 du nombre de magasins supplémentaires dans chaque commune de France”
De mon côté je n’ai pas compris la phrase, peut-être êtes-vous plus doués ? En revanche, je suis tombé sur un chiffre intéressant qui permet de mettre en relief ce chiffre et de mieux prendre conscience de l’impact d’Internet, il y a 40 000 garages en France. CQFD.
“La France s’était “érigée” contre la coupure du téléphone et d’Internet par l’Egypte en Janvier 2011″
Dans ce passage, le Président de la République insistait sur le lien étroit entre Internet et Démocratie, du fait d’une transparence accrue demandée aux gouvernements et du fait de rendre possible la liberté d’expression. C’est intéressant à mon sens car cela vient implicitement valider, au plus haut niveau de l’Etat, le lien étroit entre ces révolutions d’une part et Internet d’autre part.
“le siècle dernier nous a appris que chaque rupture technologique nécessitait un rappel de nos principes fondamentaux. Pourquoi ? Pour éviter de répéter nos erreurs. Au fond on ne peut pas considérer une technologie ni comme bonne en soit ni comme une fin en soit. C’est ce qu’on en fait qui importe… La question est de savoir ce que l’on veut en faire… Le rôle de l’État est double, l’État doit d’abord faire respecter la règle de droit et les principes fondamentaux qui sont les nôtres et ensuite faire évoluer la règle de droit pour accompagner l’innovation technologique”
Ce paragraphe est venu en amont d’un rappel sur Hadopi qualifié comme “imparfait” puis, plus tard, à demi-mot, comme une “erreur”. C’est aussi un passage où Nicolas Sarkozy est sorti de son discours pour rappeler son attachement immuable aux droits d’auteurs qui a certainement dû fortement peser au moment d’Hadopi.
“Je dis donc aux entrepreneurs, mobilisez votre créativité et votre imagination, non pas pour casser la contrainte, non pas pour enfreindre la contrainte, mais plutôt pour vous appuyer dessus et la dépasser”
J’ai l’impression qu’on amputerait une partie de la création du secteur si celle-ci doit toujours être bienveillante et s’appuyer sur les contraintes réglementaires existantes. Je crois plutôt que les innovations doivent bousculer les règles pour ensuite rapidement s’adapter. Quel est votre avis ?
“C’est pour cela que j’ai créé le CNN, on ne peut pas rester à deux mondes qui s’ignorent qui s’inquiètent qui se méconnaissent. Il faut qu’on essaye d’associer les gens. C’est pour cela que j’ai créé le CNN, pour que pour tout projet législatif ou réglementaire susceptible d’avoir un impact sur l’économie numérique, le gouvernement soit obligé de demander votre avis, et bénéficie de l’éclairage qui émanera du secteur numérique”
On touche enfin au sujet principal.







Et les JEI, c’est une “balle perdue” ?
L étude de Mckinsey sur la participation d internet dans les économies a ete commandé par Google, donc on peut en conclure que ya beaucoup de vrai, mais aussi peut être un oublie de mentionner certains sujets.
Merci à Pierre Henri, comme si on y était !
L’initiative du CNN est bonne mais il semble y avoir un tel gouffre entre l’économie réelle et l’économie numérique. Ça sera un vrai challenge de sortir des lois qui puissent s’appliquer à la fois à un magasin et un e-commerce.
Exemple :
- travailler le dimanche ? Ok la Fnac est fermée, mais son site est ouvert, on peut commander… et qu’on me dise pas que derrière Fnac.com un dimanche y’a personne !
- Les soldes : comment on fait pour s’assurer les prix soldés sont vraiment plus intéressants qu’une semaine plus tôt…
Je suis assez d’accord avec toi sur le fait que les startups (web ou autres, mais quand même plutôt web) sont là pour bousculer les règles établies (Musique, Vidéo, Informations, Commerce…).
J’ai peur que le CNN essai de brider certains projets qui y iraient les consulter sous prétexte que cela n’est pas en accord avec telle ou telle loi.
Alors que dans le cadre privé, les avocats sont les premiers à nous pousser à être “disruptive” car je cite “avant d’avoir des procès au c** il faut faire ch*** pas mal de monde”.
le cnn… composé exclusivement de cadors de startups du web et des 4 operateurs commerciaux nationaux….
c’est ca le numerique ? ce sont eux qui vont dire au gouvernement ce qui est bien pour tous les utilisateurs d’un reseau multiprotocoles international utilisé aussi (pour le moment) par des associations et particuliers à but non lucratif ?
à part les interets economiques de beaucoup de lecteurs de ce site, quelles seront les orientations ?
si on transposait ce conseil en assemblee en dehors du “numerique”, le representant de la nation serait seulement le medef car des elus feraient tourner l’histoire en “foire d’empoigne” ?
la maxime de ce “conseil”, ca serait quoi ?
“du moment qu’ils payent ?”
bref, aucune legitimité et un seul but : faire mousser un mec lors d’un rassemblement international dans 1 mois et en profiter pour essayer de recuperer des voix du cote du media majoritaire tout en renforcant la position de la france dans la e-economie dont la plupart des acteurs sortent d’ecole de commerce et ne revent que d’une chose, rejoindre la silicon valley.
si celui dont je ne dirai pas le nom dissous cette mascarade au lendemain du g20, il deviendrait enfin legitime.
l’idee est interessante mais celle du texte original de PKM non pas la version concentree ne contenant que des ambitieux du $$$$$
La communauté des CCEF sous la Présidence de Bruno Durieux est consciente de ces enjeux pour l’export et l’international aussi !
Tout le tissu de nos entreprises, PME et Grands Groupes en dépend de manière structurelle et depuis des années, et l’avenement du C2B ne fait plus aucun doute comme le prouve les déboires d’acteurs mondiaux comme GM qui retirent sa gamme de produits suite aux feedback reçu sur Twitter ou encore le berceau de la révolution politique en Tunisie etc…
Les marques et les entreprises qui réussissent aujourd’hui ont dépassé les problématiques d’integration en B2B et B2C de l’économie numérique pour s’approprier les dynamiques des communautés virtuelles en C2B et transcender les processus des organisations en relation avec leur écosystèmes…
Merci de l’enregistrement
Gilbert Reveillon, CCEF
President TIC et Economie Numérique au CNCCEF
C’est etonnant nulle part dans la mission du CNN n’apparaissent les mots EDITEUR et LOGICIEL c’est assez inquietant . . . Apres les industriels sans usine, VOICI LE NUMERIQUE SANS LOGICIEL . . . C’est fou ce qu’on (re)creatif dans ce beau pays ! Trop peut être on devrait quand meme se méfier de trop s’autocongratuler.