Adaptation d’un article de Vivek Wadhwa. C’est un entrepreneur et universitaire indo-américain. Il est actuellement enseignant-chercheur au sein du Labor And Worklife Program de la faculté de droit de Harvard, professeur à la faculté d’ingénierie de l’université de Duke, et professeur associé à l’université de Berkeley en Californie. Il rédige en outre des articles pour BusinessWeek et pour le blog TechCrunch. Vous pouvez retrouver ses recherches sur www.wadhwa.com.
Tom Brokaw, présentateur de l’émission NBC Nightly News, s’est rendu dans la Silicon Valley le mois dernier pour rencontrer des entrepreneurs “immigrants” venant de différents pays. Dans le campus de Microsoft à Mountain View, il a rencontré une douzaine d’entre eux. Plus de la moitié disent qu’ils pourraient être contraints de retourner dans leur pays d’origine. Pourquoi ? Parce qu’ils sont dans l’impossibilité d’obtenir un visa qui leur permettrait de créer une entreprise.
Au moment où l’économie américaine est en stagnation, certains dirigeants politiques américains travaillent à garder les personnes les plus brillantes dans leur pays. Ils pensent à tort que les immigrants prennent la place des américains cependant l’inverse est vrai, les immigrants qualifiés sont à l’origine de la majorité des créations des start-ups et ils créent des emplois notamment pour les américains.
Pendant ce temps, l’esprit d’entreprise est en plein essor dans les pays concurrents aux USA. Plus d’un demi-million de médecins, scientifiques, chercheurs, ingénieurs aux États-Unis sont coincés dans l’attente d’un visa de résident permanent devenu extrêmement rare. Ces travailleurs ne peuvent pas créer d’entreprises ni justifier de leur situation pour l’achat d’un logement. Une fois qu’ils sont sur le point d’obtenir un visa, ils ne peuvent même pas accepter une promotion ou un changement d’emplois car ils pourraient être contraints de quitter les États-Unis immédiatement, sans préavis, si leur employeur les licenciait. Plutôt que de vivre dans la peur et dans l’incertitude, de nombreux entrepreneurs étrangers rentrent chez eux.
Les officiers américains de l’immigration sont aussi désemparés. Ils font tout ce qu’ils peuvent pour rendre difficile la vie des immigrants qui veulent créer des emplois américains et faire des États-Unis un pays plus compétitif. Vivek Wadhwa dit : “Comme je l’ai noté dans cette pièce sur le visa de démarrage, ils interprètent les règles et règlements de façon aussi restrictive que possible”. Voici quelques exemples d’entrepreneurs qui font part de leur expérience en tant qu’entrepreneur aux USA.
Martin Kleppmann, co-fondateur de Rapportive, est venu aux États-Unis après avoir vécu en Allemagne, “dans notre cas – nous avons eu une belle lettre du service de l’immigration demandant de prouver que nous avions l’espace suffisant pour stocker notre inventaire logiciel. Nous n’avons même pas des boîtes pour les logiciels, tout est sur Internet. ”
Michelle Zatlyn, une canadienne fondatrice de Cloudflare (participante au TechCrunch Disrupt), a déclaré que la politique des visas américains était obsolète et n’était pas du tout dans l’optique de “promouvoir l’esprit d’entreprise dans ce pays“. Au démarrage, elle a essayé de créer des emplois et d’embaucher des ingénieurs, mais elle a été obligée de partir avant d’avoir l’occasion de bâtir son entreprise.
Ces entrepreneurs racontent leur histoire en vidéo que vous trouverez ci-dessous. La première vidéo a été diffusée sur NBC Nightly News avec Brian Williams le 3 Mars. Après cela,Vivek Wadhwa parle de sa situation et raconte sa propre histoire, comment il est venu aux États-Unis pour étudier, et comment il a créé ses 2 sociétés. Sa première entreprise a créé plus de 1000 emplois, et la seconde, plus de 200. La deuxième vidéo est une discussion plus approfondie avec les entrepreneurs de la Silicon Valley.
Selon l’auteur, contrairement à beaucoup de problèmes celui-ci est facile à corriger. Il faut augmenter le nombre de visas de résident permanent pour ceux qui sont dans l’attente d’une situation stable pour créer leur entreprise et créer des emplois. Et il faudrait créer un visa de démarrage qui est plus large que ce qui est proposé actuellement. Cela peut donner à l’économie une impulsion significative sans aucun coût pour les contribuables.
La Silicon Valley vous fait-elle toujours rêver ? Est-ce toujours l’environnement idéal et magique que les entrepreneurs envient ?






Merci pour l’article! Etant une américaine, je trouve ça honteux de limiter les visas quand, comme le dit Vivek Wadwha, beaucoup d’innovations aux U.S. sont grâce aux étrangers.. tu pourrais laisser un lien vers l’article original stp? Merci
Merci Michelle pour ton commentaire. Voici le lien vers l’article tout en haut
Il est vrai que lorsqu’on se rend dans la silicon valley c’est un endroit magique avec plein d’innovations, d’idées…
Ce qui est étonnant est qu’il n’y ai pas des pays qui cherchent à en profiter.
Certes la Silicon Valley est et reste un endroit unique, mais je pense qu’il serait intelligent pour un pays, au hasard la France, de tenter de draguer ces personnes en leur offrant des visas en échange de la création de leur projet sur leur territoire.
Ca serait la logique, mais en France l’entrepreneur est vu comme un vil profiteur (et traité comme tel), pas comme un créateur d’entreprise, c’est bien pour cela que les créateurs de startups français partaient là bas.
L’entrepreneur français participe à la compétition mondiale avec des semelles de plombs que sont les lois françaises, la fiscalité française, voire la mentalité française.
Si la Silicon Valley américaine doit changer de pays, ça sera pas en France, ça c’est sûr.
Difficile de prendre le risque de tout lâcher ici pour partir là bas, quand on vois comment les autres sont accueillis
une traduction médiocre ! a base de “google traduction” non relu …
L’article et la vidéo sont très intéressants, mais je me demande pourquoi seul le visa H1-B est abordé ici. Ce Visa est effectivement extrêmement difficile à obtenir mais les entrepreneurs ont également la possibilité de demander un Visa E2 (investisseur). Les démarches sont lourdes, les sommes à investir également, mais dans le cadre d’une création Ex-nihilo d’entreprise innovante, rien de vraiment choquant. Visa de 5 ans renouvelable qui débouche évidemment sur une carte verte si des emplois sont créés.
Il va falloir venir voir la vie rose qu’attend les étrangers(ingénieurs,… cadres de tous les horizons) en France; Bienvenu à Sarko-land!
Ce n’est pas un problème qu’aux USA, c’est pareil dans tous les pays industrialisés, à l’exception du Canada et de l’Australie.
Ce n’est pas un problème de “Sarko-land” non plus, chaque pays a une tendance au protectionnisme.