Article écrit par Guillaume Decugis, CEO de Goojet, proposant jusque là un média social exclusivement mobile et qui vient de lancer une plateforme de curation: scoop.it
Il y a eu les Webmasters. Il y a eu les Blogueurs. Il serait donc venu le temps des Curators !
Si vous ignorez le sens du mot “curation”, préparez-vous à l’entendre. Depuis quelques mois, de nombreux observateurs US des médias sociaux en prédisent l’avènement et en font même une “opportunité à 1 milliard de dollars“.
Alors, de quoi s’agit-il ? Une des définitions que j’aime bien est celle de Rohit Bhargava : Un “Content Curator” est quelqu’un qui continuellement trouve, regroupe, organise et partage le contenu en ligne le meilleur et le plus pertinent sur un sujet spécifique.
Le problème que résout ce curator est donc le suivant: dans le Web social, comment distinguer le bruit du signal, l’information importante de la banalité ? Comment l’organiser et l’éditorialiser ? Bref, comment donner du sens au Web social à l’heure de Twitter et de ses 3,283 tweets par seconde ?
Le Web 2.0 a depuis longtemps ses journalistes; il avait besoin de rédacteurs en chefs: ce serait donc eux.
Mais comment construire un modèle participatif sur ce sujet ? Dans une salle de rédaction, tout est clair: dans rédacteur en chef, il y a chef. Sous-entendu, un seul. Mais sur le Web, tout le monde a sa voix au chapitre.
On a d’abord cru que Twitter permettait cette curation. Tweeter un lien, c’est l’avoir trouvé et lui donner une valeur qu’il n’avait pas auparavant. Le problème c’est que quand tout le monde se met à faire ça, on peut facilement s’y perdre…
La deuxième vague de la “curation” – à ce stade vous comprendrez que je renonce à traduire le mot en français… – est arrivée via les algorithmes. Tweetmeme classe les articles (que son bouton permet de tweeter en un clic) en fonction de leur popularité sur Twitter. Ce type de solution (comme Wikio en France, qui a d’ailleurs intégré Twitter comme métrique récemment) amène donc une hiérarchisation.
Certains – et j’en fais partie – pensent que ça ne suffit pas. Il y a sur le sujet un excellent article de Tom Forenski sur le “Human Web” que je vais essayer de résumer:
- les algorithmes sont constamment manipulés là où les humains ne le sont pas: le SEO n’est que ça après tout et la débâcle chronique de Digg sur le sujet nous le rappelle.
- le besoin de thématisation : la popularité c’est bien, mais si je m’intéresse à des sujets de niches, ça ne marche plus.
- le besoin d’éditorialisation, c’est à dire le fait de donner du contexte sans être un simple perroquet. Une démonstration brillante est celle qu’Eric Dupin nous donne quotidiennement à travers lefocus.com (inspiré du célèbre Drudge Report – un phénomène du Web US). En renommant la une du Nouvel Obs sur la déclaration du pape sur les Roms en “Cohérent ? Quand le Pape tacle le gouvernement français, la gauche anticléricale devient pieuse“, on comprend le nouvel éclairage qui est alors donné et qu’aucun algorithme n’aurait pu faire.
Les chiffres de TweetMeme semblent eux aussi montrer la limite du “tout algo” (NB: je parle du plateau sur 2010, la baisse depuis l’été est principalement due au fait que Twitter ait lancé son propre bouton).
Depuis quelques mois, certains, Robert Scoble en tête, demandent et prédisent l’avènement de nouvelles plateformes de curation qui ne seraient pas fondées sur des algorithmes mais qui permettraient aux curators de faire le travail. Il semble qu’ils aient été entendus par plusieurs start-ups dont voici une liste qui ne se prétend pas exhaustive: Pearltrees, Curated.by, Storify et donc désormais Scoop.it.
Je ne vais pas me lancer dans une comparaison de toutes ces plateformes. Mais si elles ont leurs différences (Pearltrees a une interface de visualisation très innovante, Curated.by et Storify sont très axés sur les événements temps réel et Scoop.it alimente le curator de suggestions pour construire son média thématique), elles font toutes ce pari de l’humain. Cette idée presque philosophique que dans les subtilités du contenu et de la sémantique, l’homme a encore une longueur d’avance sur la machine.
Qu’y trouvent ces curators ? Entre un moyen d’expression simple et peu chronophage, l’envie d’être reconnu par une communauté thématique (“Andy Warhol avait tort: on ne sera pas tous célèbre pour 15 minutes; on sera tous célèbre pour 15 personnes“) ou bien tout simplement l’envie citoyenne de participer au grand rangement du Web, difficile à dire. Sans doute un mélange de tout cela. Mais, très pragmatiquement, beaucoup font déjà ça naturellement: certains en bookmarkant, certains en partageant sur Facebook ou Twitter, d’autres en envoyant des mails, etc… Le pari de ces nouvelles plateformes, c’est d’unifier ces actions naturelles en leur donnant un sens : celui de la curation.
Les blogs et le Web 2.0 sont nés de l’idée qu’en donnant à tous les moyens d’écrire sur le Web, on créerait quelque chose de beaucoup plus riche qu’en laissant des ingénieurs remplir des bases de données.
Il est temps de montrer qu’en donnant à tous les moyens d’être des “curators”, ceci n’a pas été “la plus grande saloperie qu’aient jamais inventée les hommes“.
NB: pour aller plus loin, je fais ma propre curation du sujet “curation” ici.
Disclosure : Cédric Giorgi, rédacteur sur Techcrunch France et organisateur du #TCFRemix, est directeur marketing de Goojet (qui édite Scoop.it)







Chouette article, pour une super plateforme! Bravo Scoop.it!
Merci!
Je suis donc un curator ?
Ok, mais il va falloir trouver une traduction, parce que “curator”, c’est vraiment moche !
Suis assez d’accord…
Mais c’est compliqué à capturer comme notion. En anglais le mot veut dire “conservateur” (de Musée) donc je ne trouve pas ça terrible…
Des suggestions ?
Cyber-concierge!
Bien synthétisé et sourcé !
Le problème des platformes actuelles est qu’elles ne semblent pas avoir elle-même de classement thématique…
Il faudrait une sorte de wikio curatif basé sur des personnes qui font références sur leur domaine (ou qui le deviennent) !?!
Sinon pour la traduction de “curation”, il y a curage ou alors il faut changer de racine : expurgation (plutôt compliqué?) ou élaguage (plutôt guerrier) !
Tiens, une autre piste interessante pour la traduction :
éclairer
éclairage
éclaireur dans le sens ou il fait à l’avance l’effort de trouver les informations pertinentes sur un sujet afin d’en faire toute la lumière
Merci!
Effectivement toutes les plateformes citées sont récentes et ne proposent pas encore de choses très abouties pour trouver intelligemment des thèmes pertinents.
Sur scoop.it par exemple (la plateforme de curation que je connais le mieux forcément), on a voulu donner la priorité à la publication mais c’est clairement un sujet sur lequel on proposera des choses dès que le nombre de thèmes créés le justifiera (au rythme actuel: bientôt!).
Pour l’instant vous pouvez quand même voir les thèmes suivis par les autres utilisateurs, y compris bientôt ceux de vos contacts Twitter. A terme, on a des idées sur un moteur de recommandation de thèmes intelligent et oui, il y aura l’opportunité de faire une “curation de la curation”.
Mais on prend aussi toutes les bonnes idées!
Curation et variations: D’accord avec toi, il faut changer de racine. Curage, c’est plus ou moins le nettoyage de la m…, curatage ça fait juste penser à l’IVG d’avant Mme Weil, et curateur n’est guère flatteur pour la cible puisqu’il s’agit de prendre en charge des personnes incapables de le faire correctement par elles-mêmes, style Bettencourt, idiot du village ou petit voyou.
J’aime bien ta suggestion d’éclaireur. Est-ce que sa conotation boyscout est rédhibitoire?
Pour une traduction de “curator”? Et bien tout simplement “éditeur”. Celui qui sélectionne, assemble, donne un sens et fait découvrir des contenus à d’autres.
Joli billet, Guillaume, btw
Merci Patrice!
J’aime bien éditeur. Et si on organisait une séance de brainstorm collaboratif sur le sujet?
En français, tant dans la presse que l’édition, l’éditeur est celui qui prend ou assume pour le compte du propriétaire le risque financier. En principe, il n’intervient pas sur le contenu (sauf qu’il s’arroge de plus en plus le droit d’y mettre son nez).
Dans les pays anglo-saxons, ce rôle est dévolu au Publisher alors que l’Editor est effectivement celui qui rassemble, coordonne, hiérarchise, réécrit ou fait réécrire et valide le contenu fourni par les Writers/Journalists. Son rôle principal ne consiste pas à écrire mais à être responsable d’une entité, si petite soit-elle (page, rubrique, collection), rôle que le terme équivalent français de Rédacteur/trice n’implique qu’au niveau de rédacteur/trice-en-chef. D’oü le recours à d’autres appellations (chef de rubrique, directeur ou responsable de collection) pour traduire ces responsabilités intermédiaires.
A noter que le responsable/chef d’édition intervient plutîot dans la production. Selon les structures, il peut avoir de droit d’intervenir sur la hiérarchisation des pages, la titraille et le choix des illustrations, mais sa mission première consiste néanmoins à gérer les interactions avec la production. A lui de fouetter les troupes en gardant un oeil rivé à sa montre pour que le contenu soit livré sans bavures et sans pénalités de retard.
Moi j’aurais proposé “papillion” comme traduction, argument à l’appui http://idontfixyourpc.blogspot.com/2010/11/eponge-ou-papillon.html
J’aime bien le concept du curatage (pas très joli mais bon). Je n’ai pas eu le temps de tester les autres, mais nous commençons à utiliser scoop.it pour “curater” toutes les informations pertinentes qui circulent sur le m-tourisme pour notre startup Geoquestour.
Très simple d’utilisation, nous allons probablement continuer à nous en servir et nous attendons avec impatience la gestion des google alerts. Plus de détails statistiques (ou gestion d’analytics) seraient également bienvenus !
Merci du feedback et content que vous aimiez!
Je note les suggestions: n’hésitez pas à nous en faire d’autres par la suite (feedback@scoop.it).
Sinon pour la partie stats, c’est un début mais on a introduit le dashboard dans la release de ce matin qui donne une récap des stats via My Stats.
Très bon article.
Une question me taraude néanmoins. Les plateformes de curation ne risquent-elles pas de devenir (comme certains services anglo-saxons équivalents, du genre skidoo) des outils de SEO ou de marketing direct de base ?
Cela risquerait à coup sûr de noyer l’intérêt de ces outils. J’imagine que c’est un danger à prendre en compte.
Merci!
C’est un bon point et on a regardé Squidoo de notre côté. Il me semble que Squidoo exploite volontairement la piste SEO – notamment via sa home page et son index.
Notre motivation est différente et je pense que celle de nos camarades également.
Vous aurez lu squidoo bien sûr
A noter que dans un registre généraliste, Wikio s’en sort très bien avec son algo qui sur la home fait un tri remarquable des articles qui buzzent.
Je serais donc un “curator” trop fort !
Super article ! Merci Guillaume.
Je crois que ce phénomène est inhérent à tous les domaines du Web. L’algo n’est plus roi, et l’humain reprend du poil de la bête… Sans vouloir faire de la pub
c’est cette approche que nous développons chez CapSEO, mais dans les métiers SEO & SMO. L’idée est de dire que le meilleur référenceur, influenceur ou encore community manager sera celui qui aura en plus des compétences “classiques” (technique, rédaction…) une passion ou un intérêt pour le sujet traité (le service, le produit, la marque du client). Nous constituons ainsi des équipes uniques de webmarketeurs qui vont être “recrutés” en ligne pour collaborer sur un projet.
La “curation” s’inscrit également dans la mode de la recommandation avec les ambassadeurs de marque par exemple.
Bref on est en plein dans le retour de l’humain dans le robot, et ça ne peut être que du positif.
Car le “buzz” n’est pas un indicateur pertinent dès que l’on a des centres d’intérêts un peu marginaux, ou que l’on est pas hype. C’est pourquoi il faut des “cerveaux” pour trier, qualifier, analyser ce qui se dit… et dans cette vision je rejoins totalement l’équipe de Scoop.it.
Enfin pour le mot en lui même, je crois qu’on va devoir s’y faire… quand on voit les traductions qu’on se tappe “ramdam” pour buzz, ou référencement pour SEO… il vaut mieux que ça reste “curation” peut être
Bon il faut être humble, il est difficile d’avoir un avis sur tout sur le web. Du moins un avis pertinent. Mais là il y a quelque chose que je ne comprends pas, le coup d’organiser le web et d’introduire la notion d’expert pour accéder à des sujets de qualité… ça sent pas un peu le réchauffé? Ça s’appelait le social bookmarking, rappelez vous, c’était hier
Pour les amnésiques on a vu delicious, magnolia, diigo, mister wong. Je ne parle même pas des digg-like et des aggrégateurs de services de bookmarking (add this, etc.). Et encore là je ne parle que des survivants, on pourrait aussi évoquer les nombreux services morts fièrement au champs d’honneur.
Donc le coup d’organiser son web et d’y accéder de manière sociale c’est quand même pas nouveau (pour info, Add this référence 107 services de bookmarking). En plus on dit que ça va être « huge »… mais pourquoi ça l’a pas été lors des n premières vagues ?
En plus Facebook et Twitter a carrément explosé ces services et prouvé que catégoriser le web c’est un besoin ressenti par une fraction infime de gens. La majorité ne veut pas enregistrer, elle veut publier, i.e. toucher un maximum de personnes avec un minimum d’implication… Alors le coup du Curator a $1b franchement je comprends pas…
Alors du coup j’ai beaucoup de mal à comprendre l’enthousiasme d’un blog dédié à l’innovation pour un truc qui a au moins 10 ans et qui est mort !! Et même pas de sa belle mort, puisque ça vie toujours, comme joujou pour spammer et référenceur.
Je pense que tu n’y es pas !
Ici l’idée est de fournir une analyse individuelle et pertinente par sujet en filtrant le “bruit”; bien plus qu’un référencement de liens…
Remettre le “journalisme” au coeur du futur web, libre à toi de prendre cette information reconditionnée mais à moins d’avoir toi-même une “veille” très efficace pour tout et sur tout, voilà une approche humaine (pas forcément sociale) plutôt sympa non ?!?
Alors il y a plusieurs arguments justement pour expliquer la différence avec le social bookmarking. Et justement, je suis bien d’accord pour dire que les Digg-likes ont leurs limites (on m’a même gentiment reproché mon Digg-bashing dans le lien que j’ai cité).
La nouveauté c’est que cette fois il s’agit de créer et de publier des médias thématiques. Il y a donc une notion d’expression, de classification et de conservation qui n’existent pas du tout dans Digg ou dans Delicious.
Je vous invite à aller voir les topics que nos premiers utilisateurs ont créés (vous trouverez des exemples sur la home). Voire mieux à essayer!
Vous verrez que c’est très différent de Digg ou de Wikio (qui sont bons pour la popularité et le buzz mais pas pour les niches) et complémentaire de Twitter (qui est “people-centric” là où les plateformes de curation sont “topic-centric”).
En tout cas, ravi d’en discuter !
Je te rassure, tu n’es pas le seul à ne pas avoir compris la nuance de ce nouveau terme bientôt (déjà ?) à la mode.
Si on peut prendre le cas concret de “http://www.scoop.it/t/windows-phone-7″ qu’est ce qu’il apporte de plus qu’un blogueur ou qu’un social bookmarking ne peut déjà apporter ? Là au premier coup d’oeil, ça ne saute pas aux yeux.
(accessoirement, la pagination est illisible)
Hello. La différence essentielle par rapport au blog, c’est qu’un “topic” sur scoop.it prend quelques minutes à faire (et non quelques heures pour un blog).
Pourquoi? Parce qu’il ne s’agit pas d’écrire mais de sélectionner.
Pour l’instant, scoop.it n’est encore qu’au stade de beta privée née il y a quelques semaines et se concentre sur la valeur ajoutée pour les éditeurs/curators : on veut créer une plateforme qui leur permette simplement de faire ce qu’ils ont envie de faire mais qui nécessite aujourd’hui plusieurs outils sans vraie cohérence.
Et donc oui, il y a des imperfections (bien noté le point sur la pagination: merci du feedback!) mais surtout on n’a pas encore développé la partie “lecteur”. On est bien conscient que pour apporter au lecteur la valeur promise de contenu thématique et pertinent parce que résultant du travail des éditeurs/curators, il va falloir développer des choses.
Et on a plein d’idées sur comment y arriver mais on progresse par étape.
A suivre donc…
Petit rajout pour simplement ajouter qu’un “curator” d’après l’article de Roxanne (très bon) n’est simplement qu’un “Veilleur” ^__^
Et pour ce qui est de l’évolution du journalisme il ya des blogs comme La Social Newsroom, de Benoit Raphael (co-fondateur du site Le Post) http://benoitraphael.com ou celui de Phillipe Couve à lire ici http://www.samsa.fr
La veille ce n’est pas nouveau, l’humain non plus, aucun codes na changer. C’est simplement la vitesse d’impact de l’information qui a évoluer en l’espace de quelques secondes. Mais comme à chaque époque, la suite prendra la relais. Vouloir contrôler l’information est une chose, mais y contribuer indirectement simplement en étant lecteur en est une autre. Le simple fait de lire un blog ou site lui donne du crédit.
L’avenir de l’information à de forte chance de ressemble au business model de la soucoupe OWNI de la société 22 Mars, ou quand le site d’informations ne servira “que” comme vitrine pour la maison mère. Mais ce modèle fonctionne.
Cordialement.
xoxo roxanne ++
Je valide completement cette position:
Le service fournis a tous et reconnu par des paires n’est pas la source de revenu.
Tout comme Google fournis le search a tout le monde gratuitement et se remunere sur une regie pub.
Tout comme OWNI l’a montre pour la presse
‘Et j’ose meme le troll’: tout comme Apple le fait en vendant du materiel, alors qu’ils ne concoivent que du logiciel.
+ 1 et merci sir.chamallow de rappeler que ce métier existe depuis déjà fort longtemps et qu’en “bon français” on le nomme veilleur…
Article très intéressant au demeurant, qui, malgré lui, met en lumière les compétences pas assez reconnues de milliers de professionnels de l’information dont les missions sont très bien décrites par le référentiel métiers de leur principale association professionnelle, l’ADBS : http://www.adbs.fr/charge-de-veille-1733.htm?RH=MET_REFMETIER
ca me fait penser aux “netocrates” votre truc de curators (chapitre 5 du bouquin).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Netocratie
N’ai pas accès à votre plate-forme mais viens d’examiner un exemple du point de vue du lecteur/consommateur.
Ainsi je m’apprête à lancer ma startup et je vais voir ce que me propose votre veilleur. J’y trouve des articles intéressants mais aucune structure. A moi de surligner les passages importants puis de copier/coller liens et/ou extraits dans l’arborescence correspondante de ma mindmap ou de mon scrapbook. Et si j’ai suffisamment de discipline et de régularité pour pouvoir absorber ces 2 à 3 contenus quotidiens, je peux effectivement me constituer une base de référence utile.
Avançons maintenant de 12 mois pour accueillir sur scoopit un/e entrepreneur/e potentiel/lle. Que voit-il/elle? Disons environ 35 pages si le volume traité reste du même ordre de grandeur. Lecture de la première page, de la seconde. Et après? Un clic au hasard sur la page 12? Dans sa présentation actuelle, le contenu rassemblé n’a pas plus de longévité qu’un hebdo. Il faudrait au minimum un nuage de tags pour servir d’aiguillage. Et si vous en convenez, vous aurez intérêt à vous appuyer sur un bon petit logiciel d’indexation ( avec facteurs de pondération si possible) pour faire ce travail plutôt que de faire peser ce fardeau sur les épaules de vos veilleurs.
Passons maintenant à un troisième cas de figure tiré d’un exemple concret: quelle est la position d’IBM dans le cloud computing? L’info doit être réunie (et si possible prédigérée) d’ici dimanche soir.
S’ajoutent donc à la pertinence l’élément temporel, avec un ratio d’efficacité qui devrait, idéalement, être supérieur aux cas précédents car le besoin n’étant que ponctuel, il a moins de valeur en termes d’investissement.
Donc je m’impatiente devant ces 60 pages qui ne m’offrent qu’un indicateur: la fraìcheur des infos. J’essaie donc de les parcourir le plus vite possible et ce n’est pas facile. On peut comprendre que, à la manière de paper.li, vous ayez opté pour une présentation de type magazine. C’est la tendance du moment pour qui entend séduire le chaland mais pas top pour l’écrémage. D’autant que les images devraient être placées à droite pour que l’oeil puisse glisser sans encombre du titre au chapeau.
En fait, j’aimerais, pour ma part, pouvoir passer en mode fil de fer. Comme en CAO. Souvenez-vous, c’est ce qu’a très bien compris Google et explique en grande partie pourquoi nous avons, pour la plupart, abandonné Altavista et Yahoo à son profit.
En mode fil de fer, j’aimerais voir une arborescence de titres et pouvoir, au coup par coup, faire surgir le chapeau sous l’oeuvre d’une giclée d’Ajax. Et dans les sous-rubriques “Sources” et “Auteurs”, un chiffre indiquant au regard de chacun le nombre de contributions apportées au thème traité me serait bien utile pour repérer d’un coup d’oeil les poids lourds potentiels.
Enfin, si je pouvais glisser portion de cette arborescence dans mes mindmaps, je vous serais reconnaissante à vie.
P.S. Pas le temps d’aborder les aspects d’échanges sociaux car le Cloud m’attend…
Merci pour ce feedback très riche et très instructif!
Remarque générale: nous n’en sommes qu’au tout début et nous testons en beta justement pour tester différentes approches. On a plein d’idées encore dans les cartons…
Sur le fond, vous faites des remarques qui touchent à la présentation des sujets créés par “curation” ainsi qu’à leur indexation.
Sur votre première remarque: oui, aujourd’hui, les “topics” dans scoop.it sont présentés comme des “médias”: look magazine comme vous l’avez noté et présentation chronologique. Nous sommes au début et ça nous paraissait la façon la plus simple de présenter le nouveau concept : dans la présentation familière qui est celle des sites de contenus et qui donc valorisent les contenus.
Notez que rien qu’avec ça, si on a permis à n’importe qui de créer des magazines en quelques minutes, c’est déjà une révolution, non?
Mais au delà de ça, nos premiers utilisateurs nous ont déjà demandé de pouvoir réorganiser les contenus dans les topics: on va donc le faire et on pense que ça permettra de mettre en avant un post qui date mais qui est très important pour le curator du sujet. Et donc de laisser le curator d’arbitrer entre chronologie et importance.
Après vous faites toute une série de suggestions qui me paraissent toutes intéressantes: sur le layout des images, le mode fil de fer, la représentation du poids de chaque post, etc… On va réfléchir à ces idées.
On va aussi vous envoyer une invitation pour que vous puissiez tester quand le Cloud vous laisse un moment…
Vu ce qu’on a aujourd’hui avec blogguer, poster, twitter, cliquer, uploader/downloader, scanner, bookmarquer, linker, je crois que le net va trop vite pour l’academie francaise. On aura donc curer, curateur et curation. J’aime pas non plus, mais “redacteur” me semble le moins pire.
Pourquoi ne pas appeler un chat un chat, le curator n’est autre qu’un documentaliste !
En france kweeper fait cela depuis 2009 !!!
Tous les jours, les utilisateurs de kweeper glanent le meilleur du web, le classent (tags et hashtags) puis se la partagent de manière horizontale (@mentions, commentaires, etc…)
http://www.kweeper.com
Merci pour le billet, intéressant.
Perso, le “concept” semble quand même un rappel finalement de simple bon sens.
- Oui, on a besoin de trier et hiérarchiser l’info, dans tous les domaines.
- Non, un algo ne peut pas tout faire
- Oui, un humain est mieux placé qu’un robot pour parler à un autre humain
Il en faut du temps pour revenir à ce genre de considérations
+:))
Brillant!
Cool, je ne connaissais pas le mot, et je ne savais pas non plus que ce concept montait.
Tant mieux, j’ai justement un site qui fonctionne un peu sur le même principe, une sorte d’agrégateur filtré.
J’adore scoop.it, je l’utilise tous les jours.