MyMajorCompany et les limites de la production communautaire
  • 39 Commentaires
par Roxanne Varza 22 novembre 2010

Article écrit par Romain Péchard, associé de The Persuaders, cabinet conseil en stratégies web

MyMajorCompany a fait rêver toute la sphère web lors de son lancement en décembre 2007. Après 3 ans d’existence, 32 artistes produits dont un devenu grand public (Grégoire) et un autre en passe de le devenir (Joyce Jonathan), il ne fait malheureusement plus rêver. Auto proclamée “label musical communautaire” sur le fondement qu’il permet à qui veut d’investir dans la production d’un artiste, ce label d’un genre nouveau lors de son lancement s’est rapidement rangé dans la liste des labels standard, seul le modèle économique étant légèrement différent.

Après avoir surfé sur la vague des Artic Monkeys et autres groupes comme Ok Go ayant vu leur notoriété exploser grâce à MySpace ou Youtube, le modèle fondé sur la production communautaire semble prendre du plomb dans l’aile avec des résultats plus que médiocres. Et de voir arriver des concurrents qui pourraient bien enterrer pour de bon ce modèle.

Phénomène de mode. Jeu d’argent et rêve. Sans les fans.

Après avoir été un phénomène de mode, les labels communautaires ont pour la plupart fermés par incapacité à trouver un artiste capable de rapidement être grand public comme Grégoire, artiste signé chez MyMajorCompany. Mais aussi par incapacité à produire une véritable valeur ajoutée pour les visiteurs de ces sites qui se retrouvent bien souvent confrontés à des artistes très formatés. La promesse de produire de nouveaux artistes, et par “nouveau” entendez différents, n’est pas tenue. Joyce Jonathan et Grégoire sont de bons exemples du formatage musical.

Car ce modèle de label ne se repose pas sur la prise de risque mais l’investissement de particuliers qui espèrent bien gagner de l’argent après le lancement de stars, comme cela a pu être le cas avec l’artiste Grégoire. La direction artistique peut être faite en amont par une pré-sélection de l’entreprise, comme il fait chez MyMajorCompany, mais ce sont les investisseurs qui décident de produire tel ou tel artiste, sans connaissance artistique ni expertise du milieu musical. Ce qui fait qu’ils vont investir dans des artistes qui ressemblent à ce qu’ils aiment actuellement, empêchant alors à cet artiste de sortir du lot car bloqué par la star du moment.

La faiblesse de ce modèle réside donc dans la notion du particulier qui prend le rôle d’expert et qui investit dans des artistes qui ressemblent à des artistes grand public. Mais ce qui est le plus dangereux pour MyMajorCompany est le fait que l’entreprise ne prend pas en compte la relation avec les fans et la force de ces derniers pour faire émerger de véritables révélations, le véritable moteur qui fait de Youtube le plus grand découvreur de talents au niveau mondial.

Pas une aide aux fans ou aux artistes mais une aide aux producteurs et maisons de disque.

Mais le véritable point qui a fait chuter les entreprises sur le modèle de MyMajorCompany, et qui en fera tomber d’autres dans des domaines différents, est la découverte du pot aux roses : ces sites soit-disant “communautaires” avec pour objectif d’aider les artistes ne sont que des sites permettant de réduire la prise de risque du label de production. En effet le label est payé quoiqu’il arrive, puis il prend la part du lion si l’artiste sort du lot, et éventuellement il reverse de une partie marginale de l’argent gagné sur la vente de CDs aux investisseurs.

Cette mécanique ne produit donc pas de résultat valable, sauf dans les rares cas où les directeurs artistiques des grandes maisons de disque ont raté un artiste qui passe alors sur ce réseau alternatif pour être subventionné par un label secondaire. Avant de reprendre l’ascenseur vers les grandes maisons de disque via l’accord entre MyMajorCompany et Warner Music. Un véritable circuit de récupération généré par l’industrie musicale et soutenu par des particuliers qui jouent au directeur artistique au lieu de jouer au boursicoteur.

Le modèle MyMajorCompany ne répond pas au besoin des artistes (trouver leur public) ou à celui des audiences (découvrir de nouveaux artistes) mais à celui des labels (faire baisser la prise de risque) et des maisons de disque (réintégrer rapidement les artistes oubliés dans le circuit traditionnel). Mais surtout il ne crée pas la valeur qui peut aider cette industrie à prendre avantage de l’Internet pour aller de l’avant.

L’avenir : Mass market vs Long Tail ?

La problématique de la production est une fausse problématique. Il est possible de produire son album à prix très réduit sans avoir recours à des services du type MyMajorCompany. L’enjeu pour les artistes n’est plus alors de produire, il est de se confronter, de se faire connaître et reconnaître par son public. Official.fm, startup suisse, semble aujourd’hui bien placé dans ce registre, bien que loin derrière les Youtube, Facebook et MySpace. Ce qui supprime irrémédiablement tout intérêt à MyMajorCompany.

Mais les véritables concurrents de MyMajorCompany ne sont pas ces mastodontes ou les startups qui tentent de percer dans les sites communautaires sur le thème de la musique. Ce sont les entreprises qui vont être capables d’aider les artistes à générer plus de revenus. Et dans ce domaine les startups comme BandCamp qui facilite la vente de produits dérivés, LiveStream ou Awdio qui permet de diffuser des événements en live sur Internet sont pour le moment bien placé pour devenir les partenaires à la fois des maisons de disque que des artistes en devenir.

Dans un modèle où la production n’est pas un souci, où la diffusion ne l’est plus non plus, tout se jouera sur la capacité des artistes et des maisons de disques à rester en contact avec son public et fournir du contenu fréquemment pour ne pas être oublié et remplacé par un autre. L’avenir ne sera pas un débat entre mass market et long tail mais reposera sur la capacité à produire des contenus inédits et nouveaux qui pourront être vendus aux fans.

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  • Hey! Sympa ca Romain ;)
    gg!

  • Intéressante analyse, très bien construire et argumentée. Je partage également cette vision.

  • Superbe article…. EXACTEMENT ce que je pense : merci !

  • Absolument juste ! La problématique n’est pas de produire un titre ou un clip mais de promouvoir sa musique et de se faire connaitre!!!
    Produire, grâce au numérique ne coute pas grand chose, rencontrer son public, voilà le challenge des nouveaux artistes!
    Excellent article

  • Bravo pour cet article très pertinent ! Visiblement, cette réflexion est partagée par beaucoup.

  • Bravo Romain pour cet article. Je me posais justement la question de la rentabilité de tel dispositif. Le problème est qu’une communauté d’artiste est clairement plus facile à fédérer lorsque l’artiste est déjà présent et implanté et qu’il recherche des sources de financement alternatives à sa maison de disque. Dans une certaine mesure, c’était une promesse de Kiss Kiss Ban Bank qui ne souhaitait pas seulement pousser de “jeunes artistes”.

  • Le modèle de l’édition participative est un modèle naissant qui se cherche. Il a réussi à percer auprès des Internautes assidus et dans une moindre mesure le grand public…On ne peut pas vraiment parler d’investissement lorsqu’on parle de sommes très généralement inférieures à 1000 euros. Il s’agit plutôt d’une activité ludique, récréative qui vient pimenter une activité de surf un peu atone. La vraie force de l’édition communautaire c’est d’offrir un divertissement à ses membres, leur proposer une aventure fun et excitante. Les internautes ne sont pas dupes et savent très bien qu’ils participent à ce type de projet parce que cela les faire marrer et qu’ils ont envie d’appartenir à un groupe de soutien d’un artiste ou d’une oeuvre. L’édition participative est donc à ce titre l’une des activité les plus sympathiques du web. Elle apporte un peu d’adrénaline et permet au pire de sortir des artistes grand public, au mieux des artistes un peu plus originaux dont les titres séduiront un public restreint mais qui prendra plaisir à le découvrir.

    L’industrie de l’édition communautaire est donc une industrie de loisir. L’idée n’est donc pas forcément de l’analyser sous un angle purement financier, mais de juger également le plaisir que les gens ont pris à y participer. En ce sens, elle apporte beaucoup de valeur ajoutée car des dizaines de milliers d’internautes s’amusent tous les jours à croire en leurs rêves de voir leur artiste sortir du lot.

  • Très intéressant comme article ;)
    Comme le dit Samklair plus haut la production numérique est simple mais créer une communauté, “rencontrer son public” est plus compliqué.
    D’autre part si la détection et la production semblait originale tout le reste ressemble au modèle traditionnel qui s’essouffle depuis pas mal de temps…

  • Je ne suis pas tout a fait d’accord avec l’article. Effectivement, MyMajorCompany a quelque part dénaturé le financement communautaire car on se rend compte qu’il y a un gros label assez classique derrière. Mais c’est un problème lié à a musique et sa structure de couts (il faut minimum 200 000€ pour lancer un musicien décemment directement dans le grand public).

    Or, ce n’est pas le cas dans d’autres secteurs et c’est la ou l’auteur généralisé un peu vite. Le modèle s’avère en fait très adapté dans des secteurs où les couts de production sont beaucoup plus faible, et la distribution maitrisable. D’autres acteurs tels Sandawe.com dans la BD, MyWittyGames.com dans le jeu de société et bien d’autres offrent aux internautes (en général des passionnés) exactement ce qu’ils attendent : participer à une aventure éditoriale, avec un risque financier limité puisque vu la structure des coûts de ces secteurs, l’investissement initial est rapidement remboursé. Sans parler des nombreux avantages en nature offerts sur les produits édités (produits gratuit, nom écrit dans le produit etc…), ce que ne fait absolument pas MyMajorCompany par exemple.

    Bref, que MyMajorCompany ait un peu trahi ses internautes, ou que la musique ne soit pas adaptée à ce type de modèle hormis un ou deux ovni, c’est une chose, mais il me semble un peu précipité de jeter le bébé avec l’eau du bain.

    J’ai l’impression que l’auteur cherchait surtout a faire la pub des nouveaux concurrents de MyMajorCompany en fait… Il aurait été plus intéressant et pertinent qu’elle se penche sur les acteurs d’autres secteurs à taille plus humaine où, justement, l’internaute ne joue pas au “boursicoteur” mais prend plaisir à participer à un projet, à le suivre de bout en bout. Il aide au financement certes, mais sans être forcement obnubilé par le retour sur investissement… Il est avant tout heureux de faire par de l’aventure et d’être un acteur a part entière.

  • Donnez leur la liberté de choisir leur nourriture, vous obtenez McDo
    Donnez leur la liberté de choisir leur musique vous obtenez de la daube
    Demandez leur ce qu’ils veulent voir à la télé, vous obtenez la télé d’aujourd’hui
    Donnez leur un bulletin de vote…

    Notre civilisation a vraiment un gros problème.

    Ca me rend malade de voir que quoi qu’on fasse la masse tire toujours vers le bas, alors qu’on a tout pour s’élever, apprendre, s’améliorer, s’entraider et quasiment gratuitement… Et encore heureusement que l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans. On vit a l’êre de la médiocrité reine! Faudrait vraiment réfléchir à l’éducation populaire, qui permettrait d’apprendre tout au long de sa vie et pas se complaire dans des loisirs débiles pour oublier un boulot de —–.

    C’est triste de voir ce qui est fait avec l’immense potentiel que réprésente des sites participatifs de ce type. De la confiture à des moutons…

  • Il y aussi http://www.noomiz.com qui propose encore un autre modèle alternatif …

  • Article intéressant et les commentaires qui suivent ne le sont pas moins. ;)

    J’ai un avis mitigé sur ce genre de concept. Je pense que l’idée à la base n’est pas mauvaise, mais la manière dont cela a été fait avec MyMajorCompany peut laisser un gout amer à ceux qui ont crut dans les artistes. Avec l’impression d’être, encore une fois, floué par un “gros” du secteur qui finiras pas s’en mettre pleins les poches !

    Comme @eric je pense que pour d’autres secteurs avec des coûts de productions moindre on peut avoir de belles aventures humaines.

    Pierre

  • Article très agaçant je trouve. La position de principe est intéressante mais la démonstration est inexistante. Il y a des phrases comme ” Ce qui supprime irrémédiablement tout intérêt à MyMajorCompany.” qui ne sont justifiées par rien de ce qui précède. Un peu de rigueur dans l’argumentation ne nuirait pas !

  • L’article est tranché, c’est un angle d’analyse volontairement choc pour marquer les esprits…mais dans quel but ? Si il s’agit de présenter les sites des petits copains d’à côté, cela n’a pas vraiment de sens…Le web participatif n’en est qu’à ses débuts. Produire un artiste à 200 000 euros en cumulé ou produire un projet fun à 20 000 ou 30 000 euros n’a pas du tout le même sens. Sur sandawe, les projets présentés sont de qualité et tranchent clairement avec les lignes éditoriales des maisons d’édition classique (prenez le projet Hell West…c’est un projet aux traits originaux). Je suis également d’accord avec Pierre : sur Ulule, il est possible de soutenir des projets funs et marrants à des coûts bien moindres. En cela il n’y a donc pas de récupération par des gros. idem sur Mywittygames : les jeux de société proposés sont tous des projets qui assument une certaine originalité comme Witty Bananas ou Witty Pong.
    D’autres projets financés par des communautés sous le même principe du web participatif ont marqué les esprits, comme sur Kiss Kiss Bank Bank.

    Bref, tirer à boule rouge sur Mymajorcompany, c’est plutôt facile car l’entreprise a été rachetée par Stéphane Courbit et que, le succès venant, la maison d’édition a fait son trou dans le cercle (elle fait même des pubs à la télé pour le nouvel album de Grégoire!).

    C’est plutôt bon signe de voir que ce type de site commencent à s’épanouir et se développer sur plein de secteurs nouveaux…

    Mais là encore, à mon avis, il faut savoir reconnaître que ce n’est qu’une activité de loisir…et non d’investissement. Le but est avant tout de s’amuser à trouver de nouveaux projets innovants et ludiques…

  • Bon article !!
    MyMajorCompagny a crée le buzz mais le jeu était faussé dés le départ:
    demander X milles Euros avant de produire un artiste est l’inverse même de la Long Tail !!
    (le principe de la Long Tail est de viser les marchés de niches en réduisant les coûts de distribution à 0€ grâce à internet)

    L’objectif de MyMajorCompagny est parfaitement expliqué, bravo :D

  • Pub ou anti-pub, je ne pense pas que là soit le sujet de l’article. Il est probablement davantage dans ce que les sites communautaires promettent réellement aux internautes, et donc dans la façon d’utiliser le web. Et sur ce point majeur de la démonstration, je suis assez convaincu par l’auteur.
    Tous les projets qui peuvent se télécharger ou s’utiliser en ligne sont globalement assez peu coûteux à produire : musique, littérature, BD, film… on peut s’en tirer à moindre frais (je ne parle pas du temps ni du talent, mais bien des charges de production). On peut faire de super films avec un téléphone portable, pour peu qu’on ait un brin de créativité.
    Là où les modèles économiques de participation communautaire se justifient davantage, c’est donc sur ce qui est inaccessible ailleurs, sur ce que ni l’artiste ni la communauté ne peuvent produire seuls : ni dans un livre, ni dans une vidéo, ni dans une chanson. Soit le site web offre des goodies exclusifs et réguliers à sa communauté, soit il lui permet carrément d’obtenir la création qu’elle recherche. Aujourd’hui, on peut écouter de la musique en ligne, que l’artiste soit produit ou non. MMC considère donc les internautes non pas comme des amateurs de musique, mais comme des businessmen (potentiellement mélomanes, mais c’est accessoire) dont le projet n’est pas d’obtenir un album pour eux mais de le diffuser au maximum pour en toucher les bénéfices. Je vais prêcher pour ma paroisse, et j’espère qu’on me pardonnera, mais si nous, chez L’Edito, nous demandons à notre communauté de fans de nous aider à éditer des meubles design (sur mesure et fabriqués en France :) ), ce n’est pas pour revendre ensuite la création ainsi issue de la communauté à d’autres éditeurs plus gros, mais parce que sans nous, ces créations n’existeraient simplement pas ! Nos visiteurs veulent un meuble de notre catalogue virtuel, alors ils investissent dessus pour le produire, c’est-à-dire qu’ils le font passer du virtuel inutilisable au réel efficace. Sans cela, le meuble n’existe pas. (En parallèle, nous essayons de multiplier les opérations à destination des internautes, mais c’est un autre débat). De même pour les designers : ils s’appuient sur nous pour voir exister leur oeuvre. Il s’agit de meubles, de produits concrets, inutiles virtuellement (allez donc essayer de vous asseoir sur une image 3D de fauteuil design, et vous comprendrez pourquoi nous sommes là). A la différence de la musique, nous avons besoin des internautes, les designers ont besoin des internautes, et les internautes ont besoin des designers et de nous pour accéder à leur envie. Que cette envie soit la même que la masse ou totalement originale n’est plus une condition d’existence : seul un nombre limité de participations est nécessaire pour créer un meuble (en résumé, quelques potes suffisent !)
    Voilà pourquoi à mon avis le modèle de communauté participative est loin d’être mort. Il “suffit” de trouver ce dont l’internaute a besoin et à quoi il n’a pas accès sans vous. Des meubles, des goodies, des rencontres, des échanges…

  • http://www.Beloola.com, monde virtuel dédié à la diffusion de contenus artistiques sera bêta-testable dès décembre!

  • “monde virtuel dédié à la diffusion de contenus artistiques”

    sérieusement ?

    il me semblait qu’on était en 2010 ..

  • Quel descente en flèche !

    Je pense que la plupart des internautes qui vont sur des sites de type MyMajorCompany y vont pour vivre un expérience ludique de producteur , pour s’impliquer et agir pour un artiste ,que l’on peu trouver plus ou moins bon ou médiocre d’ailleurs ! ( il suffit d’allez écouter sur ces sites , il y a des trucs HALLUCINANTS qui récoltent 15000 euros )
    exemple : http://fr.akamusic.com/natohe
    Vous croyer vraiment que les gens qui lui ont donné de l’argent l’on fait en pensant en gagner en retour?

    Non tout ça , il me semble ,est beaucoup moins sérieux que cet article : c’est un loisir ludique qui permet de faire partie d’une communauté musicale , de partager ces gout et en plus d’espérer , comme quand on achète un ticket de loto , miser sur le bon cheval avant tout le monde ( je le savais avant tout le monde que ça ferait un top !), faire partie d’un succès story et gagner le jackpot .Seul les clam-pain peuvent être persuader de gagner à tout les coups.
    En fait c’est la mise a disposition pour tout à chacun d’une activité ludique autrefois réservée à des happy few ; mais la mode du poker en ligne c’est exactement la même chose.
    Bref si tout à chacun a envie de se sentir un peu producteur , jury de la nouvelle star ou Eddy Barclay , pour 10 ou 50 euros

    La vrai question c’est comment ses sites gèrent leur communauté et arrivent à leur faire vivre leur expérience de producteur avec les vrais contenus kiffants ( concert privé , goodies , fresh news , participation aux choix ) et donc à les fidéliser et à les faire revenir pour monétiser leur trafic
    Ceux qui survivront seront les + ludiques sur le web et les + pro ( proche d’un label traditionnel ) sur le plan de la prod musicale.

  • Quelle méconnaissance du secteur ! On confonds édition production et distribution à coup de raccourcis. L’accord MMC et Warner c’est seulement pour la distrib par exemple. La valeur ajoutée que propose MMC n’est pas seulement la prod mais surtout promotion sur MASS Madia, le truc qui fait encore vendre des albums.
    Enfin, si vous pensez que madame Michu va investir dans de la niche c’est mal la connaitre. Pour fédérer un large public d’investisseurs, il faut du mainstream, c’est la base (avec tous les défaut que ça entraine) de ce genre de projet.
    Si les conclusions restent cohérentes, le chemin pour y accéder est loin d’être parfait. pour vous éclairer je vous conseille cette lecture ou d’aller sur le site http://wearemusik.com/?p=282 écrit par Bidibule qui a bien épluché le sujet. Enfin, l’analyse à le mérite d’être bien écrite et bien structurée.

  • Post hébergé post de qualité !

  • Bonjour,
    Un créateur ( musical ou design pour ma part ) doit utiliser internet dans toutes ses dimensions. S’en remettre uniquement à un label indépendant et aux choix d’une communauté est inconsidéré.
    Il faut chercher à multiplier les opportunités. MMC en est une, mais ne doit pas être le seul. Il a eu tendance à l’oublier.
    Dans le secteur du design, nous tentons de faire comprendre cela aux designers : “Venez sur notre plateforme, proposez vos designs, profitez de l’exposition que nous vous donnons, mais gardez votre indépendance.”
    Nous donnons des options, la communauté des fans en donne autant, le designer également, c’est la rencontre de ces choix libres qui donne des opportunités aux uns et aux autres.
    Dès lors que quelqu’un tire la couverture de son côté, l’équilibre se rompt. MMC l’a peut être oublié.
    Cette conviction demande beaucoup de souplesse et d’adaptation à la demande. Pour L’Usine à Design, cela fonctionne. En 2010 nous avons validé le concept, en 2011 nous le réaliserons pleinement en proposant toujours plus d’opportunités aux designers.

  • J’avoue que je ne sais pas trop quoi penser de MyMajorCompany. Autant le positionnement de départ (faire émerger de nouveaux artistes par des modèles de financement alternatifs) se rapprochait d’une démarche indé (sous l’égide d’autres majors, certes), autant le nom MyMAJORCompany me semble assez limpide sur les directions qui seraient prises par la suite.

    Je ne pense pas que les internautes y soient floués, l’aspect ludique joue effectivement beaucoup. Mais ce doit être assez frustrant, vu les budgets monstrueux qui y sont demandés, de voir que dans l’extrême majorité des cas, un artiste qu’on finance ne sera pas financé par le reste des utilisateurs.

    L’énorme avantage de solutions plus légères, à l’instar de Sandawe ou Ulule (http://www.ulule.com , pour qui je bosse) reste qu’au delà du simple financement, l’artiste (ou le codeur, l’asso, etc..) est à portée de mail. La plupart des porteurs de projets sont actifs, envoient des news et répondent à leurs soutiens. La proximité rend l’acte de soutien plus tangible, plus “humain”, et de recevoir un cadeau en nature plutôt qu’une promesse de ROI me semblera toujours plus sain… puisque la plupart d’entre nous n’avons pas individuellement la force financière d’un producteur “pro”, il s’agira toujours pour les gros sites d’entretenir l’illusion participative.

    Après, chacun est libre d’ouvrir son portefeuille à qui il veut. ;)

  • J’aime bien le modèle de kickstarter.com : au lieu de demander aux internautes d’investir dans un artiste en esperant un retour sur investissement, ils demandent de faire des dons en échange de cadeaux de l’artiste.
    Selon eux ce système n’attirerai pas les gens intéressé par l’argent mais les vrais fans.
    je partage leur avis.

  • Le vrai probleme de fond pour mymajor est que le retour sur investissement semble etre basé uniquement sur la vente (physique et digitale). ce n’est pas vraiment un creneau d’avenir et quasi non rentable pour l’artiste. le projet serait plus interessant si les investisseurs etait interesses au revenu global. publishing, merch, tour … En gros on demande ici au gens d’investir sur la partie la moins rentable du music business …

  • Surtout étonnant que les deux artistes qui ont marché ( gregoire et joyce jonathan) étaient signé avant la création du site en édition chez “Bamago” société d’édition des créateurs de mymajorcompany. En gros ils se prennent 50 pour cents des droit d’auteur à chaque diffusion radio ou télé… et les internautes dans tout ca? Ils se partagent seulement 30 % des ventes de disque ( quand on sait que le marché du disque est en crise et que seules les éditions rapportent réellement de l’argent…)

  • Je rajouterais à cet articles que les erreurs sont nombreuses d’un point de vu marketing, ne pas faire de clip alors qu’un titre passe en radio (pour le DJ Alex Kassel). Changer de nom d’un artiste classé dans le top 50 mondial sur MySpace (pour le chanteur pop Adam Davis). Et une communication qui n’existe pas pour les producteurs, car ont ne sait meme pas quand le single est disponible sur la plate forme de téléchargement légale (pour le groupe rock Ivyrise). Et la communication vis à vis des producteurs n’est pas au rendez vous, ils ne s’expriment pas sur leur erreur. Faudrait changer toute l’organisation en interne, car le talent des artiste est là, des titres sont passés en radio, des maisons de publicités se sont intéressés a des artistes, d’autres maisons de disque ont chercher à récupérer des artistes en phase de production, et des artistes se sont laissés tenter, on vu disparaitre des Pallas, Titom… car la compétence de MyMajor commence à souffrir de sa réputation, où beaucoup de choses seraient à revoir

  • ET vous avez vu la rémunération pour les prods du nouvel album de Grégoire..
    Ils rentabilisent à 200 000 albums vendus..
    Inutile de dire que c’est du vol comparé aux recettes du premier album..
    SOnt pas fous MMC..

  • Très bon cette article BRAVO !
    Moi je suis chez http://www.revennonsalamusique.com
    sur ce site que des pro du son L’argent récolté est investi en casi totalité dans la promo car pour la prod ils ont leurs studios et tous les pros qui vont avec. J’était avant sur MMC et franchement ça sent l’arnaque surtout depuis le deuxième album de Grégoire où là c’était vraiment le pompom :-)

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