Jérémie Berrebi n’est pas la seule personne à vouloir monter un YCombinator français*
  • 18 Commentaires
par Roxanne Varza 30 octobre 2010

Et si on montait un YCombinator en France ? On a évoqué le sujet pour la première fois sur TechCrunch France, il y a 2 mois. Certains ont dit oui, d’autres ont dit non. Mais quoi qu’il en soit, la possibilité de monter un YCombinator français intéresse beaucoup d’entrepreneurs locaux et les initiatives ne cessent de prendre de l’ampleur.

Certes, le succès de YCombinator aux Etats-Unis est fortement lié à son fondateur, Paul Graham. Apparemment, pour certains, dire que nous souhaitons récréer un YCombinator en France est comme si on disait qu’on voulait créer un clone de M. Graham. Pourtant, même si on en parle moins, TechStars utilise le même modèle et il y en a d’autres aussi. De plus, TechStars s’est lancé en mai sur le marché danois en partenariat avec StartupBootcamp et va certainement se développer en Europe, où le concurrent local est Seedcamp.

En France, je dirais que le YCombinator français potentiel est l’un des sujets du moment. Le début de cette année a été marqué par l’arrivée des nouveaux fonds d’amorçage, comme Kima Ventures et Jaïna Capital. Ensuite, les programmes de mentoring, surtout celui du Founder Institute, se sont développés dans l’Hexagone et avec beaucoup de succès. Et maintenant, les acteurs locaux essaient de mélanger les 2 modèles.

Silicon Sentier a récemment annoncé le lancement du Camping, un programme d’accélération et de croissance qui dure 6 mois au total, avec 3 mois dédiés à la création d’un prototype et l’acquisition des utilisateurs, suivis par 3 mois d’accompagnement en lien avec LaCantine. A ce stade, la liste des mentors sélectionnés compte des experts, comme Olivier Ezratty, et des fondateurs des startups comme Producteev, Comuto et Submate. Mais à la différence du modèle de YCombinator où l’équipe investit environ 20k$ dans chaque startup sélectionnée, Silicon Sentier n’investit pas (même s’il y a des rumeurs, rien n’a été précisé sur le site). Par contre, les participants auront l’occasion de pitcher devant des investisseurs le 31 mars (pile au milieu des 6 mois). Le programme complet a été publié sur le site et les entrepreneurs ont jusqu’au 28 novembre pour postuler.

J’imagine que cette initiative de Silicon Sentier sera suivie par plein d’autres. Par exemple, nous avons publié un tweet de Jérémie Berrebi, où il avait indiqué qu’il était probablement en train développer un modèle comparable à celui de YCombinator, peut-être en lien avec Kima Ventures ? Et Jonathan Benassaya, l’un des co-fondateurs de Deezer, a récemment dévoilé ses nouveaux projets, dont Milestone Factory, qui est à la fois le siège de son propre fonds d’investissement et un incubateur pour les projets qu’il accompagne. Comme Jérémie Berrebi, M. Bennasaya a fait à son tour un petit commentaire intéressant sur Twitter (ci-dessous), qui nous permettra de croire qu’il pourrait aussi se transformer en Paul Graham dans les mois à venir.

De toute manière, la mise en oeuvre d’un YCombinator français est probablement en train de se concrétiser quelque part. Une initiative tricolore serait bien, mais je tiens à vous citer l’un des commentaires du Jérémie Berrebi du dernier article publié à ce sujet : “Suis d’accord avec le côté européen…voire plus. Un projet franco français n’a aucun sens”*…et il a certainement raison. Aucun projet aujourd’hui vise à se limiter uniquement au marché français. Mais un acteur local, qu’il soit français, paneuropéen où international, aurait évidemment un très bon impact sur l’activité locale.

*Comme il a précisé dans son commentaire, Jérémie Berrebi ne se limite pas uniquement au marché français.

Commentaires rss icon

  • A mon sens si un Y-Combinator like français ou européen n’est pas créé en local… les américains ne vont pas se gêner pour venir investir soon.

    (si on repense à l’Angelgate des semaines précédentes, l’ambiance dans la valley chez les VC n’est surement plus tout à fait la même et l’Europe est certainement dans les plans de certains d’entres eux !!
    http://fr.techcrunch.com/2010/09/24/angelgate-pas-de-difference-entre-les-investisseurs-de-la-silicon-valley-et-la-mafia/ )

  • +10 ! Monter un “Y Combinator-like” en France est une idée qui me tient coeur depuis longtemps également.

    Perso, j’ai eu la chance lorsque j’étais en école d’ingé de suivre un cursus entrepreneurial (la filière ingénieur entreprendre de l’INSA de Lyon http://bit.ly/dyrFgx ) et j’essaie d’insuffler l’esprit Y Combinator au sein de cette structure que je continue de suivre année après année.

    Mais bon, difficile (voire impossible) d’être entrepreneur sur 2 projets à la fois. Aujourd’hui je suis focalisé à 100% sur la réussite d’Allmyapps, mais si je peux aider ponctuellement pour contribuer ou faire avancer le schmilblick, ce sera avec très très grand plaisir !

  • Meme si j ai envie d y croire, je ne crois pas que le modele Ycombinator est applicable a la France en l etat..

    Ce qui a fait sa reussite c est l incroyable concentration au m2 de talents tres jeunes capables avec seulement quelques dizaines de milliers de dollars de monter des services d une qualite exceptionnelle. Le paysage Francais contient de bons projets mais pas en nombre suffisant et entrant dans ce type de criteres. La condition sine qua non n est pas l argent, mais la possibilite a de tres jeunes entrepreneurs de se lancer. Pour que cela puisse se faire de maniere sequentielle il faut que le systeme educatif, universites et grandes ecoles permettent et encouragent cela sans equivoque. Par encourager je ne parle pas de bons mots, mais d un veritable soutien logistique voir financier. Oui je connais les exceptions en France..Mais la regle n est pas encore la.

    Le second critere fondamental manquant en France pour legitimiser un Ycombinator est celui du marche de sortie: il y a tres peu d acquistions de startups Francaises en France ou en Europe. Attention il y en a. Mais pour qu un Ycombinator puisse vivre, il en faut un peu plus que ca…Les grands acteurs francais operateurs, media, ISPs…sont timides du cote acquisition alors que le cache est pourtant la

    Enfin il manque un Paul Graham/Jessica Livingston Francais. Lisez leur blog. Vous comprendrez que leur connaissance du monde des startups est unique et exceptionnel. Ils sont focalises a plein temps sur leur activite et organisent des classes de startups d une qualite incroyable ayant reussi a tisser un reseau de mentor hors du commun mais surtout interesse tous les meilleurs VCs de la place. Sequoia est d ailleurs investisseurs chez Ycombinator.

    Qui est le Paul Graham Francais?

    j attends avec impatience de voir une telle chose arriver. Mais je ne crois pas que l on verra quelque chose d une qualite equivalente de si tot.

    Ouriel Ohayon
    Appsfire

  • Que l’on réussisse ou non à reproduire un Y-Combinator européen, il y a déjà une bonne nouvelle : la dizaine d’initiatives récentes offre aux entrepreneurs des accélérateurs inexistants auparavant : Mentoring accéléré, Camping, Super Angels… D’ici trois ans, environ 1.000 entrepreneurs devraient avoir bénéficié de ces programmes, il sera temps de faire un premier bilan !

  • Qui n’aimerait pas qu’un Ycombinator apparaisse en Europe/France?
    Mais je suis plutôt d’accord avec Ouriel, Paul Graham et son Ycombinator sont avant tout les catalyseurs d’une chimie qui n’existe pas encore en Europe:
    - où sont les VCs qui trouvent un intérêt à entrer tôt au capital pour avoir une chance de gains importants
    - où sont les nombreux entrepreneurs à succès qui ont envie de partager leur expérience avec la communauté
    - où sont les success stories qui donnent envie aux étudiants brillants de prendre le risque de se lancer plutôt que d’être bien payé dans une grosse boite.

    Si ces éléments (et bien d’autres) ne sont pas réunis, les meilleurs étudiants (qui ont le niveau des américains, à mon avis) ne rentreront pas dans ce Ycombinator et n’y recevront pas les conseils indispensables des meilleurs mentors. Les produits développés ne seront donc pas au niveau.
    Le Demo Day de ce Ycombinator ne serviront donc à rien: produits pas vraiment bons rencontrant des VC ne voulant pas vraiment investir…

    Un Ycombinator en Europe est-il le socle fondateur d’un écosystème de startup ou en est-il la clé de voute, qui demande auparavant de construire une base solide? Another chicken and egg problem…

  • Ouriel, un point sur lequel je ne te rejoins pas, les jeunes talents sont là, il manque seulement un moyen de les accompagner suffisamment tôt pour éviter de perdre les meilleurs dans les 3 premiers mois… qui partent faire du conseil en strat…

    En sortie des Startup Weekend, le principal frein au lancement n’est pas seulement l’absence de temps ou d’argent mais surtout l’absence de “momentum” l’absence de cette environnement très spécial, de l’énergie qu’apporte les Startup Weekend qui t’oblige à avancer, à prendre tous les risques et à maintenir un niveau de productivité fou.

    C’est aussi, pour moi, une des raisons qui permet aux Y Combinator, Techstars d’assurer un niveau de qualité de produits incroyable pour 3 mois de boulot !
    Dans le about de YCombinator.com “We seem to have succeeded in creating a good environment, because many founders have told us that the first ten weeks of Y Combinator were the most productive period of their lives. ”

    Un des fondateurs de Techstar n’est autre qu’Andrew Hyde qui a fondé Startup Weekend.
    Il a sûrement constaté la chose suivante, si tu arrives à créer une énergie folle et un environnement aussi propice que durant les Startup Weekend et faire durer l’expérience 3 mois tu es sûr de faire naître des projets incroyables et intéresser les meilleurs VCs !
    Et ceci n’a à mon avis pas de frontière…

    Sacha

  • Un bénéfice indirect de ce genre d’initiatives, c’est qu’elles vont mettre un coup de pied au derrière des réseaux de business angels français traditionnels, aux pratiques poussièreuses et peu “entrepreneur friendly” (délais, payer pour pitcher, honoraires des réseaux pris sur la levée…).

  • frederic spintz - octobre 31st, 2010 at 7:06 UTC

    tout a fait d’accord avec toi youssef ! les pratiques sont poussiéreuses , il faudrait baptiser une telle initative STARTUP BAYGON pour mettre un terme a ces business angels qui promettent monts et merveilles et se degonflent pour investir tot dans des projets de pirates (cf . post d’arrington de ce matin )

  • pourquoi pas, on pourrait même la monter sur wiseed (à partir de 100 €/personnes) de façon à avoir le maximum d’investisseur

  • Je porte à votre connaissance une initiative menée en Province depuis 4 ans: 8 mois d’accompagnement et de mentoring pour passer de l’idée au lancement. Idénergie (www.idenergie.fr) a déjà créé 14 sociétés innovantes et en a 5-6 autres en préparation. Aucune prétention à se comparer au Y-Combinator, mais un exemple de ce qui est possible en province. Voir la vidéo de témoignage des participants 2009.
    http://www.wideo.fr/video/iLyROoafIFXm.html
    Remise des trophées 2010, le 2 décembre à Laval.

  • C’est très drôle !
    Tout le monde s’accorde a dire que les pratiques actuelles sont poussiéreuses et que cette importation “stricto senso” serait le saint graal :D

    Alors même que les première sont de fausses importations des states, qui eux même n’avaient fait que pomper des principes nées a la fin du 19ème en Europe !

    Et bien sur seuls “les modèles” importés ou du “sérail” n’ont de valeur auprès de ceux qui veulent “faire développer” du business qui de toute façon ne peux fonctionner que selon leur sempiternels business modèle de rentabilité à court terme, projet clones/copies d’autres projet, tout ceci pour de très maigres ambitions comparé à ce qu’il serait possible de faire si on s’y prend autrement.

    Pourquoi ne pas parler du comment faire autrement ? Pourquoi prendre la peine de le faire auprès de personnes qui de toutes façon ne savent que majoritairement rester dans le moule ;)

    Autant simplement les asticoter et que peut être des plus intelligents, audacieux, anticonformiste, trouveront la voie pour retrouver ceux qui proposent autre chose :D

  • il faudrait surtout que les entrepreneurs apprennent à bootstrapper plutôt que de penser qu’une start-up passe forcément par une levée

  • Twitter, la nouvelle boule de cristal ? Il doit bien se marrer Paul Graham a nous lire si jamais il parle Francais.
    Interessant commentaire que celui de Christain Travier, qui montre que des choses se passent en Province, et qui meritent que l’on s’y arrete. On pourrait faire un focus Roxanne sur les initiatives regionales ? C’est peut etre moins sexy qu’un tweet d’un entrepreneur (que j’aime beaucoup par ailleurs), mais ca ferait un peu plus parler des choses qui existent, a Laval, Sophie Antipolis, Grenoble (allez voir sur FrenchWeb) ou encore Rennes. Cet analyse de l’existant serait tres riche d’enseignements.
    Ouriel, je pense que tu seras surpris tres bientot de voir des entrepreneurs sur la scene. Pour le moment, ce n’est qu’une question de focus et de ressources. Pas gentil pour tes copains entrepreneurs Francais tout de meme ;-)
    L’impulsion viendra de personnes dediees, experimentes, ayant la capacite de mettre des tickets a la 50K via les structures adhoc. Et toute la musique derriere.
    En tout cas, pas de modele impliquant de jeunes entrepreneurs de startups qui ont bien d’autres chats a fouetter, ou encore de modele Silicon Valleyen, trop eloignes de notre culture. La-dessus je te rejoins Ouriel. C’est un metier Messieurs, Mesdames.
    Et je suis sur que ca arrive, des cartons sont prets a etre ouverts.
    Francais, Europeen ? Je pense que le melange des cultures, ca a du bon et du moins bon. Je pense que Jeremie sait de quoi il parle, alors attendons !

  • Je pense comme Phil,

    Au vu de me rencontres avec des entrepreneurs français (certes la plupart étaient à l’étranger), il est indéniable qu’ils ont un potentiel. C’est surement pour ça qu’ils ont quitter le pays.

    J’identifie 3 challenges pour un Y-Combinator FR:

    1. Recréer une atmosphere de startups

    Une des forces de leur structure est l’entraide mutuelle entre toutes ces startups. On observe un taux incroyable de partage de savoir, best practices, et même de technologie en toute gratuité. Cela permet de limiter les frais et d’atteindre des performances incroyables. Un esprit de partage que je ne retrouve pas vraiment en France.

    2. Attraper les talents avec qu’ils s’en aillent

    “Talentueux” dans le monde du web souvent rîme avec “entrepreneur”. La plupart d’entre eux n’hésitent pas à s’installer ailleur pour propulser leur idées. Ils ne sont plus startups mais les CEOs de Viadeo et Bluekiwi sont maintenant à SFO si je ne me trompe pas. Cet incabuteur devra tout faire pour prouver qu’il offre un service digne de ces concurrents à l’étranger. Pas gagné. Le fait qu’il soit localisé en France aidera surement. Mais la solution est peut-être le point suivant:

    3. Made in France, Sold out of the country

    Comme le disait Ouriel, pour qu’un incubateur soit rentable il faut que ses startups soit vendues (ou très rentables). La France manque d’investisseurs dans ce domaine. Du moins pour l’instant, YC-FR devra probablement se construire un notoriété suffisante pour intéresser des investisseurs étrangers. Rien n’est impossible, Google à récemment investi dans un bureau à Paris, ils auraient donc un oeil sur nous?

    http://sciences-po.eu/2010/09/conference-by-eric-schmidt-ceo-of-google-inc-on-innovation-culture-in-europe-and-us/

    Un Y-Combinator français pourrait être la clef pour garder les talents en France et rebooster notre notoriété dans le domaine du web! Can’t wait this day.

  • Beaucoup de choses très vraies ont été dites dans ces commentaires, ce qui prouve qu’on atteint au moins un certain niveau de lucidité en France ;-)

    Beaucoup de progrès ont été faits en France sur la création et l’amorçage de start-up depuis 15 ans. Je trouve qu’on n’a pas à rougir là-dessus, même si notre environnement et notre culture ne sont pas comparables à celles des US.

    En revanche, on manque encore d’un maillon crucial : la présence d’exemples à succès de jeunes pousses devenues grandes. On sait créer plutôt bien (jusqu’à quelque M€), on ne sait pas encore bien développer (jusqu’à 50/100M€), et on ne sait pas du tout bâtir un leader mondial (plusieurs Mds€). Les exemples manques et donc les ambitions de sont pas là (et les pratiques non plus d’ailleurs)… et ça change tout.

Laisser un commentaire

Commenting Options

Rétrolien
Short URL
Avez-vous des informations à nous faire parvenir ? Envoyez-nous un email
Urgence Japon
  • MediaTemple Logo
  • QuickSprout Logo
  • OpenX Logo
  • Cotendo Logo