Vous avez peut-être entendu parler de Loopt, le service social de géolocalisation et un peu le précurseur de Foursquare ? Ou peut-être Xobni, le plug-in Outlook sur la même thématique que Silentale ? Ou Box.net, le service de partage et de stockage de fichiers en ligne ? Ou Scribd, le site communautaire de partage de documents ? Tous ces noms connus sont des start-up issues du programme de YCombinator – qui est non seulement un fonds d’amorçage mais aussi un programme d’accompagnement assez innovateur.
A ce stade, YCombinator a déjà investi dans à peu près 208 start-up. En mai, le fonds a levé 8,25 millions de dollars auprès des investisseurs connus, comme le fonds Sequoia Capital et le Business Angel Ron Conway. Un fort succès, le Wall Street Journal vient également d’en parler dans un article sur le fameux Demo Day, où Jeff Clavier faisait partie des 12 investisseurs invités. Apparemment, même l’acteur Ashton Kutcher et sa femme Demi Moore ont participé à cet événement semi-annuel afin de découvrir les nouvelles boites !
Pour les entrepreneurs qui souhaitent recevoir du financement pour démarrer une société, YCombinator ne demande pas forcément un business plan très élaboré ; il s’agit juste de remplir un simple formulaire d’une trentaine de questions sur Internet. Voici quelques exemples des questions posées :
- Comment allez vous gagner de l’argent ?
- Qu’est-ce que vous avez créé d’impressionnant au passé ?
- Si YCombinator vous finance, seriez-vous capable de consacrer 100% de votre temps au développement du projet ?
- Quel est l’avantage apporté par votre solution ? Quels sont les alternatives utilisées par le marché actuellement ?
- Qu’est-ce que vous pensez comprendre par rapport à votre activité qui est mal compris par les autres acteurs du secteur ?
Après, les personnes et les idées retenues reçoivent un peu d’argent pour démarrer la boite et pour faire partie du programme de 3 mois – un peu comme celui du Founder Institute, mais à plein temps. Les trois mois sont consacrés au développement du produit et au démarrage de l’activité de la start-up. Tous les participants sont obligés d’être dans la Bay Area, et souvent il y en a qui déménagent juste pour le programme. Voici la liste de toutes les conditions nécessaires pour participer.
YCombinator n’investit que de petits tickets de 20 K$ maximum, mais ce montant est souvent assez pour réaliser les premières étapes clés. De plus, la vraie valeur du programme n’est pas le financement mais l’accompagnement : l’équipe d’experts travaille avec les entrepreneurs sur la réalisation du produit, et les start-up financées ont tous accès au grand réseau d’investisseurs et d’entrepreneurs qui peuvent aider avec le développement ou les futurs tours de table. YCombinator offre aussi des locaux aux participants mais pas dans la forme d’un incubateur. Et finalement, il parait que le modèle marche – et qu’il marche bien. La plupart des sociétés sont prêtes à se lancer au bout de 10 semaines. On dirait un véritable bootcamp pour les start-up, même si l’équipe de YCombinator trouve l’expression mal appropriée.
A la limite, on pourrait faire une comparaison avec quelques structures qui existent en France actuellement – mais à vrai dire, aucune entre elles me parait aussi développée. Évidement, il y a des Business Angels et des fonds d’amorçage en France comme aux Etats-Unis et ailleurs – comme dit Fred Destin d’Atlas Venture dans un article qu’il a publié dans FastCompany, où il mentionne les fameux fonds d’amorçage Kima Ventures, Jaïna Capital, ISAI et même Dot Corp Asset Management en faisant une comparaison entre quelques pays européens. Bon, on pourrait aussi citer d’autres Business Angels assez actifs, comme Oleg Tcheltzoff de Fotolia, qui a investi dans une dizaine de boites depuis le début de l’année – et plus récemment dans Dealissime.
Mais là, on parle plutôt de l’investissement pur et dur. Certes, les investisseurs sont souvent eux-même des entrepreneurs qui conseillent les start-up dans lesquelles ils investissent. Mais ils sont moins nombreux à investir dans une boite sans produit ni business plan – et encore moins à les former de A à Z.
Si on finançait la concrétisation et réalisation des idées, fournissait des locaux, donnait des supports au niveau technique et rajoutait des cours ? Ou encore mieux, si on invitait des entrepreneurs et des investisseurs connus de partager leurs expertises, comme fait le Founder Institute ? Oui, le résultat ressemblerait un peu plus à Seedcamp – qui est un peu le YCombinator européen.
Je ne suis surement pas la première personne à avoir remarqué que l’écosystème local manquait ce genre de modèle, aussi employé par TechStars ; j’en avais parlé sur mon blog perso en février, quand Kima Ventures venait d’annoncer son lancement. D’ailleurs, il parait que ce dernier pourrait bientôt dévoiler un genre de YCombinator à son tour. Voici une réponse de Jérémie Berrebi quand on a évoqué la possibilité de monter un YCombinator en France sur Twitter hier :
Attendez un peu…
Bon, peut-être je me trompe mais on verra bien si M. Berrebi se transforme en Paul Graham, le fondateur de Y Combinator, dans les prochains mois !







L’important, c’est pas le mini-funding de $15K (meme si ca attire au debut). Ce qui compte, c’est les portes qui s’ouvrent grace au reseau, et l’acceleration.
J’ai justement organise un panel avec des anciens de Y Combinator, Founder Institute et TechStars la semaine derniere lors de la Founder Conference. La video est en ligne: http://vimeo.com/14286740. Regardez et faites-vous votre propre opinion.
Ma conclusion (et ce pour quoi je me decarcasse depuis an an): ca existe deja a Paris, ca s’appelle le Founder Institute Paris.
Pour avoir participé à la première session, je recommande complètement le Founder Institute Paris !
Le programme implique des mentors qui sont tous des entrepreneurs à succès, français et américains, dont l’expérience et les conseils sont vraiment précieux. L’aspect réseau et ouvertures de portes est réel.
Si vous êtes intéressés, vous avez jusqu’au 3 septembre pour tenter de participer à la prochaine session :
http://www.founderinstitute.com/apply/32
“Pendant quatre mois, nous travaillons ensemble pour affiner votre projet”
Comment peut on le faire sans quitter notre job? :S
Je ne suis plus très jeune et j’ai une famille, donc je ne peux pas me permettre de quiiter mon travaille pendant 4 mois sans revenues!
C’est bien pour ca que tout se passe a raison d’une soiree par semaine, sur 4 mois. Ca permet aux gens qui ont une famille et/ou un emploi de ne pas plonger et devenir chomeurs. Une fois que le projet est mur, a vous de decider si vous vous lancer a plein temps ou non.
A defaut de faire mon rabat-joie de base qui se permettrait de donner des lecons a des etudiants…
1. Monter quelque chose avec quelqu’un base en France, c’est plus pratique.
2. Pour info, le profil de Paul Graham
http://en.wikipedia.org/wiki/Paul_Graham_%28computer_programmer%29
YCombinator, c’est d’abord et avant tout Paul Graham. Regarder une de ses videos, ecoutez le. Pour de vrai. Vous comprendrez.
Mon message :
Ne cherchez pas les formats a la mode qui marchent ici ou la, qu’on pourrait lancer en France. Regardez autour de vous les “Paul Graham” en puissance, et posez leur la question. Comme de vrais journalistes, et rendez compte. Ca m’interesse
D’accord avec Phil : le succès de YC est intimement lié à la personne de Paul Graham. Parmi ses nombreuses qualites, il y a la “geek credibility” qui lui permet d’attirer des équipes avec de jeunes et brillants fondateurs techniques, pour qui il est un “role model”, plus que d’autres entrepreneurs ou investisseurs à succès venus du côté “business”…
D’accord avec Phil
2 remarques:
1/ L’incroyable force de l’incubateur YC c’est un outil et une communauté remarquable: HackerNews
2/ En France on avait inventé en 1er le concept: Attirer des jeunes mecs pleins d’hormones prêt à conquérir le monde, fous furieux, aimant le risques et la fraternité au sein d’une communauté fermée et qui viendraient de tous les pays: une quasi religion où beaucoup seront sacrifiés. Hélàs on a pas décliné le concept façon Pin Bowl alley
YC, c’est la Légion Etrangère des hackers.
Faut trouver autre chose. Y en a qu’une. Comme y avait qu’un Bigeard, y’a tjrs qu’un Paul Graham
Joli
Evidemment qu’il faire des initiatives locales, de basé en France, mais évidemment qu’il faut s’inspirer du leader, pour espérer un jour le dépasser…
Le leader dans le domaine des startups tech, c’est la SV. Point. Faut pas chercher plus loin. A partir de là, il faut essayer de s’en inspirer pour innover, pas pour copier. Donc je trouve ça tout à fait normal de regarder quels sont les formats qui marchent dans la Valley. Et bien évidemment qu’ensuite c’est en fonction de l’humain, de l’équipe, de la personne que ça se jouera.
Ensuite, j’aimerais savoir ce que tu veux dire par “Regardez autour de vous [...] et posez leur la question. Comme de vrais journalistes, et rendez compte”, tu peux être plus précis ? Une demande particulière à nous faire ?
Toi le Toulousain, tu sais ce qui se passe en Province, dans ta Region, je suis alle en Alsace ou il se passe pleins de choses. Donnez nous des news comme celle que Roxanne a donne lors de son passage en Corse.
Mais bon a priori il se passe des choses que j’ignore sur la Capitale, et il semblerait que je sois hors sujet
Je repars compter mes moutons en Californie.
Pas de soucis de ce côté là, Techcrunch France est profondément anti microcosme parisien
Entre Roxanne qui passe son temps à se balader en France (en Corse, mais elle était aussi allée voir du côté de Nantes) et moi dans le Sud Ouest, on est à fond pour montrer ce qu’il se passe en dehors de Paris.
D’ailleurs, tu m’as donné l’idée d’un article…
Genial. Objectif atteind.
Comme toute boite qui réussit, c’est évidement l’entrepreneur et sa vision qui comptent surtout.
D’ailleurs, il y en a plein de YC me-too qui n’ont pas eu le même succès.
Voilà, juste une idée à considérer pour les entrepreneurs-investisseurs…
Ca serait fantastique si cela pouvait se concrétiser, tous les éléments sont clairement présents en France.
Quand on fait le tour des initiatives locales, je suis toujours surpris de voir que personnes n’évoque les Petits Poucets.
Ok c’est seulement destiné aux étudiants, mais c’est au final ce qui se rapproche le plus en France d’un YCombinator : ils investissent de petits tickets, fournissent des locaux, du mentoring…
Ce n’est peut-être pas exactement ça, mais ça mérite d’être mentionné je trouve.
http://petitpoucet.fr/
Les 2 seuls français à pouvoir porter un YCombinator à mon avis sont:
- Jeff Clavier
- Pierre Omidyar
Ils ont les 4 qualités essentielles:
- notoriété
- expérience
- argent
- réseau
La France est un marché trop petit pour se limiter à une personnalité nationale.
T’en as pas oublié un là ? Genre un un peu plus jeune, avec un peu de barbe…
:p
“La France est un marché trop petit pour se limiter à une personnalité nationale”. Wouaou !
Tu te moques, mais ce serait bien un vrai incubateur à la YCombinator ou à la Seedcamp en France. D’ailleurs, je suis sûr que tu nous aiderais.
Plutot 2 fois qu’une…
Je trouve que ce serait une excellente idée. Kwaga est un des lauréat de Seedcamp 2009, ce qui m’a permis de comprendre la force d’un incubateur/seed fund et de regretter qu’il n’y en ait pas en France. Roxanne (et Jérémie, bien sûr
) si je peux contribuer à un tel projet d’une manière ou d’une autre, je suis à vous !
Formulation désastreuse, je l’accorde (et m’en excuse) mais je pense que vous comprenez l’idée.
Prends le temps de rediger, le commentaire laisse vraiment une mauvaise impression. Et je ne suis pas la pour pour “descendre” qui que ce soit ,je te rassure. J’ai plutot ete cool.
Heureusement que Tonton Phil est là !
Je vous aime
euh maintenant que c’est corrigé si vous pouviez enlever mon commentaire.. ça m’éviterait de passer pour un idiot
Oups, pardon. Merci pour la correction !
Prêt à relancer une idée similaire au FundCamp que nous avions tenté il y a 3 ans http://france.p2pventure.org/index.php/FundCamp
Depuis, de l’eau à couler sous les ponts, Y-Combinator et Seedcamp montre le succès du modèle. Cela vaut la peine de réessayer.
On pourrait aussi s’inspirer de Global Connect (http://globalconnect.ucsd.edu/), réseau d’environ 35 Connect dans le monde, composé de professionnels, profs d’uni, investisseurs, etc. il y en a 7 en UK et ca marche plutôt pas mal. Connect San Diego a aidé plusieurs miliers d’entrepreneurs et levé $10 milliards depuis 1985.
Aucun en France et je sais qu’is seraient intéressés pour en monter un.
En fait, la vraie question, ce n’est pas s’il faut copier-coller YC ici, c’est plutôt quel type d’incubateur peut fonctionner en France de manière optimale.
Vouloir importer un modèle qui est séduisant, bien marketé, et qui a de belles levées de fonds (je ne parle pas du CA de ces boîtes, je pense que c’est un critère que YC ne suit pas dans son reporting), c’est une belle idée et il faut s’en inspirer.
Maintenant, pas sûr que ça fonctionne dans notre environnement, avec la structuration actuelle du secteur du financement de l’amorçage, avec notre taille de marché national, et avec les typologies d’entrepreneurs que l’on a chez nous.
L’important c’est plutôt de jouer avec nos forces et développer un esprit qui convienne
Et je ne dis pas cela parce que c’est ce que l’on fait à l’incubateur HEC :p
En voilà un bon commentaire…
Merci pour cet article et ses commentaires très intéressants.
(je scrutais ce genre de concepts/structures en France, en attendant d’avoir les moyens pourquoi pas d’y participer ou d’en construire une moi aussi… – bon, pour le moment je n’en suis même pas au niveau 0 : les moyens financiers… – si l’on peut faire un parallèle avec la pyramide de Maslow sur ce genre de sujets)
Une remarque me vient cependant du positionnement de l’article et de certains commentaires (‘faire en France comme aux Etats Unis’) : pourquoi ne pas penser ‘Europe’ ?
Est-ce que ce genre d’initiatives existent sur un plan plus vaste que notre territoire ‘national’ (une sorte de Communauté Européenne du Code et de l’Adsl… – Ce qui, blague mise à part me semble être les mêmes mamelles que le Charbon et l’Acier des années 50…)
Autre idée, qui a peut être déjà été développée, pourquoi ne pas adopter un modèle à la ‘mymajorcompany’, sur l’amorce mini-funding ?
Même si les startups en tout genre sont quand même moins grand public que la musique, une présentation des postulants bien rôdée, un discours décalée (‘devenez vous aussi un sal** d’actionnaire !’), et une transparence pédagogique sur l’emploi des fonds devrait lever pas mal de freins ?
Concernant le mini-funding, je pense que beaucoup s’y sont essayés, et tous ont échoué (ou en tout cas sont très loin de la grande vague de fond qu’ils espéraient)…
A mon avis, du crowd-funding de startups n’est pas vraiment souhaitable…
Suis d’accord sur le cote européen voire plus… Un projet franco français n’a aucun sens.
L’un des avantages de YC est aussi l’échange multiculturel. Notre participation Rapportive vient d’Angleterre et a rejoint les startups de YC
Pour tout projet, comme pour toute startup, le positionnement stratégique est fondamentale. Il existe aujourd’hui Y-Combinator et Seedcamp qui ont une portée plus ou moins globale, il faut se positionner autrement : soit plus locale (je ne suis pas sûr qu’un franco-français n’ai pas de sens, ainsi qu’un finno-finlandais ou autre), soit sur un segment industriel plus spécifique. Je carresse depuis longtemps le rêve d’organiser un FundCamp FinTech http://fundcamp.org/FundCampFinTech – et je ne désespère pas de le faire un jour. Sur un spécifique, on peut à mon avis être globale et intéressant par rapport à Y-C où SC.
L’éco système de la Silicon Valley et dont Y Combinator fait partie n’est simplement pas reproductible en France pour des raisons indépendantes du financement et qui a plus à voir avec la culture du risque, la vision globale et la proximité de l’université de Standford.
Pour être “un peu” transparent, il n’est pas question de faire un YC me too a l’identique.
Pas adapte a la France dont les meilleurs startups actuelles ne sont pas parisiennes.
On en reparle dans quelques semaines…
En attendant Kima Ventures suit de très près ses startups autant que YC voire plus…certains entrepreneurs le confirmeront sans doute.
Je pense que Phil et Ronan ont mis le doigt sur ce qui rend YC unique et non-réplicable: une aura technique incroyable, qui tient autant à la personne de PG (quel autre investisseur vous explique sans rire qu’il a codé un CRM en Perl pour gérer les admissions au programme?), qu’à la communauté HN et au talent des équipes qu’il a su sélectionner (Loopt et Dropbox financés par Sequoia, Reddit racheté par Conde Nast, Xobni et Heysan financés par Vinod Khosla, Ominisio racheté $15m par Youtube après six mois… forcément pour un programme aussi jeune c’est un signal fort).
On la retrouve aussi dans le type de produits qui en sortent: Dropbox, Heroku, même Posterous sont avant tout des produits par et pour les hackers, Flightcaster fait de la prévisions de retards d’avions à coup de Map/Reduce, etc…
Impossible de répliquer ça, et dans un monde où la mobilité est accrue c’est un mauvais pari que de copier/coller son modèle. Pas sûr non plus que son biais extrême contre les fondateurs ‘business-y’ (je cite PG: “we realised it’s easier to teach business to hackers than teaching hacking to business guys”) s’appliquerait bien à la France, car il me semble qu’ici les choses bougent beaucoup dans les écoles de commerce — en tout cas, même s’il y a une majeure d’entreprenariat à l’X depuis l’an dernier, d’expérience il y a 3/4 ans l’idée de fonder sa boîte en sortie d’école d’ingé on n’y pensait pas (d’où l’intérêt d’aller voir à l’étranger
.
La vraie question c’est donc d’identifier les éléments de YC qui gagneraient à être répliqués, et le faire. IMHO:
- la communauté de pensée: super important pour occuper une partie du “job market mindshare” des jeunes diplômés techniques, et montrer à chacun que c’est possible, qu’on n’est pas seul à essayer, et que croire en ses rêves c’est quelque chose de beau quoique le conformisme ambiant en dise — mais qu’il y a une méthode pour s’y prendre.
- l’aspect académique, ou mentoring *en groupe* — le mot mentoring c’est sûrement un des termes les plus galvaudés au monde, ce qui compte c’est le focus sur l’apprentissage. C’est pas un hasard si YC est né au MIT avec Robert Morris, of Morris Worm fame. Il me semble que YC a su créer les bones conditions d’émulation autour de l’apprentissage permanent et de la remise en question de son projet, qu’on retrouve dans les grandes universités techniques.
- l’aspect compétitif du programme et la reconnaissance de son excellence technique, qui en plus d’assurer la qualité des participants et donc du peer network a le mérite de dérisquer le fait de tenter l’expérience, et en fait un point positif pour le CV quoi qu’il arrive — ce qui est forcément dans la tête des jeunes diplômés sans le sou en temps de crise.
En tout cas je suis très curieux de voir ce que Jérémie Berrebi nous prépare
Je crois que mon site préféré de Ycombinator est airbnb.com.
concept emballant, ils ont bootstrappé au debut, maintenant ils ont leur masse critique d’utilisateur. ils recrutent à fond 2 ans plus tard pour envahir l’europe et le monde en filmant leur voyage chez des hosts airbnb. Ca buzz bien. J’ai testé en allant à san francisco chez l’habitant et j’ai pas été décu. c’est plus sympa que l’hotel et moins cher.
Si, en france, il y a des gens aussi motivé que paul graham qui peuvent aider à développer de jeunes pousses francaises, je suis pour.
Bonne continuation à techcrunch au passage
Moi, je suis partant pour monter un Y combinator en France ! Comme je l’ai écrit sur http://www.business-angel-france.com/amorcage-angels
Qui me rejoint ?
Cordialement.
Patrick
Tout à fait d’accord avec @PhilJ, pour avoir présenté au mini-seedcamp et suivi le FounderInstitute le succès de l’opération dépend de la personnalité et de la proximité de(s) animateur(s) d’un incubateur à la francaise (ou à l’européenne).
Je verrai bien un modèle à la – open coffee- non centralisé mais animé par une petite communauté de chefs d’entreprises (je verrai bien Michel de Guilhermier comme l’un des leaders) qui fonctionne bien dans une ville puis se décline dans d’autres.
La priorité pour les startup early-stage en Europe, ce n’est pas la levée de fond, mais c’est de démontrer qu’elles sont capables de faire du CA rapidement. Aussi je verrai bien un focus spécifique de la part d’un tel incubateur.
@Alain Raynaud : le FonderInstitute est une superbe idée sur le papier, les points positifs : l’effet miroir du travail en groupe, la méthodologie et les interventions des mentors. Cependant les contraintes juridiques associées au versement de la dîme (le warrant de 3,5% du K) ne me paraissent pas adaptées à l’entrepreneur early-stage car elles n’ont pas de contrepartie tangible sur le moyen-long terme autre que le best-effort non écrit de mise en relation avec des investisseurs US et de blogueurs influents. C’est une des raisons pour laquelle 50% des founders parisiens participant au programme S1 2010 ont abandonné, j’ai discuté individuellement avec chacun d’entre eux.
L’objectif n°1 de l’entrepreneur doit être de se concentrer sur l’execution de son produit et de son business model (généralement en mode low-cost) avant de vouloir espérer secouer le cocotier aux US.
Le FI est peut être un bon tremplin pour des start-ups qui font déjà du CA comme Syllabs (dont Ronan Amicel est un des dirigeants) c’est une étape prématurée pour de l’early stage européen AMHA.
Toujours à ta dispo pour en discuter d’améliorations avec un système d’Alumnii du FounderInstitute en mode plus Open et moins sectaire (et moins directif) comme je te l’avais proposé, avant de dropper.
Definitivement le modele reste a creer, je ne vois rien a ce jour qui aille dans la bonne direction, et je developperai plus encore sur mon blog prochainement pour preciser ma pensee et eviter que certains se sentent vises par mes commentaires, comme ca a ete le cas precedemment ici. Par contre Olivier je pense que le coup de pouce financier est indispensable. Tout en restant raisonable. Cf % pris en capital.
@PhiJ : % pris en capital c’est normal mais contre K et programme tangible d’accompagnement (ie : pas de vague promesses de mises en relation) . Sinon l’advisory ne vaut pas plus que 1%.
Entièrement convaincu par tes commentaires Olivier, je suis persuadé que l’OCC pourrait apporter beaucoup plus (même si ce que fait Raphaël notamment est déjà très bien).
Le souci est qu’en France, les jeunes entrepreneurs et ceux ayant connu la réussite vivent dans deux mondes parallèles qu’il est très difficile de rapprocher.
Je pense qu’il serait parfois plus intéressant pour les jeunes entrepreneurs de faire de l’échange de compétences, comme on faisait de l’échange de visibilité en 2000, plutôt qu’à chercher tout de suite de l’argent. 90% des entrepreneurs de savent pas sélectionner, ni suivre un prestataire (il n’y a que l’expérience qui le permet)…
Y Combinator est effectivement très axé sur la personnalité de P. Graham et c’est très positif pour le programme. Cependant il ne faut pas oublier TechStars, LaunchBox, DreamIt et Capital Factory qui reposent moins sur des individualités (même si leurs équipes sont super aussi, no doubt) et qui ont quelques belles réussites a leur actif.
Je pense que cela manque vraiment en France mais qu’effectivement copier coller et repliquer Y C serait une erreur: marché différent, relation a l’entreprenariat et au risque très différent, early stage funding moins développé.
Avec quelques BA et sponsors (CEOs, investors et Universités/Incubateurs) nous allons faire quelque chose dans cette idée la, en un peu plus international.
Il reste des points a affiner mais on en parlera plus sous quelques semaines.
Il y a un problème que vous n’avez pas évoqué dans vos commentaires c’est la capacité d’un tel centre comme YC ou autres (Plug and Play pour ceux qui connaissent dans un autre format), à attirer les concepts prometteurs et aussi les gros cerveaux…
Les start-up européennes rêvent d’évoluer dans une région qui a vu naitre les plus grandes entreprises IT. Ce qui existe dans la Valley s’est construit sur 30 ans voire plus, l’Europe pourra combler ce retard qu’avec un gros investissement ! Pour avoir les infrastructures ou les personnalités qui font rêver ces geeks il faudra que les privés et l’état mettent la main à la poche et de façon très importante… et ce n’est pas seulement en créant un centre qui a pour vocation de lancer des projets innovants, que nous empêcherons les meilleurs projets européens de partir… et surtout il sera très très dur d’attirer les autres cerveaux venus du reste du monde qui eux continueront à aller dans la Valley.
Il vaut mieux aider les start up à s’implanter là bas comme le fait Phil, que d’essayer de les retenir. Si on arrivait à construire des passerelles solides (programme d’implantation, appui pour les visas, coaching ici pour mieux réussir là bas…).
Je pense que les centres créés ici ne feront qu’affaiblir les start-up… c’est une question de culture !
PS : si jamais vous décidiez d’ouvrir un tel centre, faites en sorte que les locaux soient ouverts 24/24 et 7/7.
Voir cette video que j’ai tournée cet été à la Founders Conference chez Microsoft à Mountain View. Elle réunissait 4 jeunes créateurs d’entreprises qui sont passés par Y Combinator, TechStars, The Foundrer Institute et enfin la voie directe sans incubateur. Les réactions des uns et des autres sont très enrichissantes…
http://tinyurl.com/2c473xq
Phil, comme nous en avons parlé à San Francisco, le modèle est en train de se créer…
Quatre autres petites vidéos de Paul Graham rencontré dans les locaux de Paul Graham, Y Combinator à Boston:
http://www.klewel.com/blog/2008/07/29/the-swiss-venture-leaders-2008-meet-y-combinator/
En Suisse, des agences comme VentureLeaders, AlpICT et TheArk essaient de promouvoir l’entrepreneuriat local. En France je pense qu’un tel modèle devrait vivement prendre place en complément des pépinières d’entreprises comme http://www.cap-entreprises.com et des associations de business angels.
Chouette article, je regrette de l’avoir raté quand il est sorti. Cela fait longtemps que ce concept de Y Combinator à la française me trotte dans la tête également.
Pour ma part, je suis on ne peut plus d’accord avec la citation de PG : “we realised it’s easier to teach business to hackers than teaching hacking to business guys”… c’est tellement vrai!
C’est pourquoi je pense que les écoles (et notamment les écoles d’ingé) peuvent jouer un grand rôle dans ce Y Combinator français car qui dit “beaux projets” dit “sélection” et qui dit “sélection” dit “beaucoup d’entrepreneurs et de projets postulants”.
Or, en France, la plupart des écoles d’informatique forment des soldats de SSII. L’entrepreneuriat ne fait quasiment *jamais* partie des débouchés envisagés. Résultat, des kilos de mecs brillants partent tous les ans à l’abattoir dans les SSII françaises (bon, ok, j’accentue un peu le trait).
Perso, j’ai eu la chance de pouvoir suivre un cursus entrepreneurial en dernière année de mes études d’ingé qui m’a ouvert les yeux et l’esprit !
D’ailleurs, je continue de m’impliquer activement dans ce cursus en m’inspirant des recettes Y Combinator pour le faire évoluer.
Si vous voulez jeter un oeil, le cursus s’appelle “filière ingénieur entreprendre“, c’est un cursus de l’INSA de Lyon (mais qui accepte des étudiants d’autres écoles). La filière vient de fêter ses 10 ans cette année et c’est vraiment une initiative géniale pour insuffler l’esprit entrepreneurial chez les étudiants ingénieurs.
Ce n’est pas parfait, mais cela va clairement dans le bon sens!
Bonjour
J’arrive un peu après la bataille sur cet article, mais je soumets à votre analyse le programme Idénergie (www.idenergie.fr) mené depuis 4 ans et qui a déjà créé 14 start-ups et en a 5-6 autres en préparation. Aucune prétention à se comparer au Y-Combinator, mais un exemple de ce qui est possible en province. Voir la vidéo de témoignage des participants 2009.
http://www.wideo.fr/video/iLyROoafIFXm.html
Si Techcrunch veut en parler ce sera avec plaisir. Remise des trophées 2010, le 2 décembre.