Quoi, vous ne connaissez pas de start-up corse ?
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par Roxanne Varza 12 août 2010

Avec l’anniversaire de Napoléon le 15 août et les dernières semaines de vacances d’été devant nous, c’est le bon moment pour parler de la Corse. Mais lÎle de Beauté est loin d’être le premier endroit évoqué quand on parle de l’entrepreneuriat et de l’innovation. Pourtant, alors que la Corse n’a ni Starbucks ni Macdo, elle ne manque pas de start-up.

Tout d’abord, CampusPlex à Ajaccio, un espace de coworking qui fait penser à LaCantine à Paris mais en plus ensoleillé, héberge aujourd’hui 3 belles jeunes boites : WMaker, Mapize (ou plutôt son éditeur i-Spirit) et DuoApps. Créé en novembre 2009 par le fondateur de WMaker, Sébastien Simoni, CampusPlex a déjà 20 personnes qui y travaillent actuellement. Pour ceux qui considèrent la possibilité de travailler en Corse ou qui veulent simplement faire une comparaison avec les tarifs sur le continent, les espaces de travail de CampusPlex coûtent à peu près 250€ HT par mois.

Certes, le nombre de start-up en Corse n’a rien de comparable avec le nombre en France continentale – c’est évident. Mais pour une population de 300.000 habitants avec une seule université, c’est assez impressionnant ! Alors que les Corses se sentent parfois obligés de faire leurs études ailleurs, il y a même des boites – comme DuoApps, par exemple – qui sont la preuve que la Corse dispose tous les outils nécessaires pour former une équipe de start-up.

La boite qui se spécialise dans le développement d’applications mobiles a commencé son activité en 2008 dans le cadre d’un projet de fin d’études. A l’époque, l’un des deux co-fondateurs, Dominique Siacci, n’avait que 19 ans. Avec son associé, Francescu Santoni, aujourd’hui âgé de 24 ans, et le reste de l’équipe, DuoApps a créée des très belles applications, comme Parlu Corsu, pour apprendre la langue corse, ou iPiatzetta. Cette dernière est d’ailleurs la première application iPhone à apparaitre en lange corse. Et même si la  petite équipe de 5 personnes est basée à Ajaccio, la jeune boite compte quelques clients bien connus, comme Marianne et M6.

Toutes les trois sociétés de CampusPlex travaillent d’une manière assez collaborative, ce qui explique pourquoi l’offre d’applications mobiles de WMaker a été développée par DuoApps. Cette plateforme permet de génèrer une application iPhone, iPad ou Android du contenu publié avec le système de gésion de contenu ou le CMS de WMaker. Mais à la différence du modèle low-cost d’Appmakr ou les outils très personnalisables proposés par Mobile Roadie, la solution de WMaker fournit des applications standards du contenu plutôt éditorial – inspirées notamment par le format simple utilisé dans l’appli de la BBC. L’iPhone règne toujours comme l’application de préférence, mais le pack pour avoir une appli sur toutes les trois plateformes coûte moins de 1.000€.

WMaker fournit également d’autres solutions, comme sa plateforme de web TV, utilisée par Ebusiness.info - ou  xFruits, qui permet de créer facilement des mashup RSS. D’ailleurs, comme xFruits est déjà traduit en 5 langues, un tiers des utilisateurs sont basés aux US. Fondée en 2001, WMaker est la société la plus ancienne de CampusPlex. Elle prévoit de sortir des versions de ses solutions mobiles et web TV compatibles avec la plateforme de WordPress l’année prochaine.

i-Spritit, la troisième boite hébergée par CampusPlex, est l’éditeur d’une toute nouvelle solution de cartographie qui s’appelle Mapize. Lancé bêta en juin, ce site permet de créer de cartes sociales et customisables gratuitement. Par exemple, vous souhaitez savoir d’où viennent vos followers sur Twitter ? La plateforme génère facilement une carte basée sur Google Earth en quelques clics avec les informations disponibles. Un modèle économique Freemium sera normalement introduit d’ici la fin de l’année, au même moment que la société prévoit de faire potentiellement sa première levée de fonds. Malgré son jeune âge, Mapize a déjà une clientèle internationale, dont la ville de Darwin en Australie qui utilise la technologie pour afficher les horaires de bus sur son site. Juste pour le fun, jetez un coup d’oeil sur deux cartes générées avec la plateforme : les plus grandes fortunes mondiales et françaises. S’il  n’est pas encore évident, le fondateur de la boite, François Xavier Cardi, est un grand fan de Foursquare.

Mais l’innovation corse n’est pas limitée aux boîtes de CampusPlex. Par exemple, on trouve aussi quelques belles boîtes basées à Bastia, comme iMusic-School qui propose des cours de guitare en ligne avec des musiciens professionnels, ou encore Infidelia.com – un site de rencontres pour les infidèles à la Gleeden. Plus de détails sur ces deux à venir.

Contrairement aux start-up parisiennes, les start-up corses s’appuient moins sur les VC pour se faire financer ; elles se financent plutôt par fonds propres ou avec les aides publiques. N’oublions pas qu’il est parfois plus facile à obtenir du financement public en région, où il y a moins de compétition qu’à Paris. De plus, la situation géographique n’attire pas beaucoup d’investisseurs. Malgré tout, iMusic-School a quand-même fait un tour de table avec le fonds Parisien Seventure en mai. Par contre, le DG de la start-up est basé sur le continent, à Sophia-Antipolis. Je suis toujours en attente de l’apparition d’un VC ou d’un business angel basé en Corse – mais Viveris Management basé à Marseille gère un FIP de 37 millions d’euros à investir uniquement dans les projets corses. A l’heure actuelle, à peu près 10 millions d’euros ont déjà été investis dans 8 projets, notamment dans le solaire et le développement durable.

Quoi qu’il en soit, c’est assez rassurant de voir des boites innovantes venant de Corse. Il y a certainement des problématiques liés à la situation géographique de la Corse qui freinent la création de start-up plus qu’ailleurs. Si vous pensez qu’il est difficile de trouver un bon développeur en région parisienne, allez voir là-bas ! Mais comme dit Martin Duval, le fondateur de Bluenove, qui se spécialise dans l’innovation ouverte, on ne peut pas ignorer que l’île présente de véritables opportunités aussi. Alors, comment promouvoir et soutenir l’innovation en Corse ?

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