La fille qui démissionne en photos est un canular : Anatomie d’un mème
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par Cedric Giorgi 11 août 2010

En ces temps plutôt calmes (en France en tout cas), je vous propose de découvrir l’étonnante histoire du mème qui a déchainé le web hier : cette fille qui aurait quitté son job en envoyant des photos d’elle avec des messages écrits sur un tableau blanc. Traduction de l’article de Alexia sur Techcrunch.com

La “fille qui quitte son job via un tableau blanc et envoit un mail à toute l’équipe (33 photos)” est en effet un canular, comme le confirment ses créateurs John et Leo Resig.

J’aimerais bien sortir des méta-analyses des médias sur la façon dont les mèmes sont de plus en plus le moyen pour nous de nous informer et que nous avons besoin d’être plus méfiants lorsque nous filtrons les informations disponibles etc etc.., mais je vais laisser ça à d’autres. Elyse Porterfield ou “Jenny”, qui est passée directement d’un mail dans nos inbox à une page Facebook “1.000.000 fans pour que Jenny DryErase pose dans Playboy”, devrait déjà en dire long.

Nouvelle à Los Angeles et venant de Greeley dans le Colorado, agée de 22 ans et aspirant à devenir actrice, Elyse Porterfield a tout simplement répondu à une publicité parue jeudi dernier dans le magazine Actors Access. (Edit : et son twitter est ici @officialelyse)

La séance photo, qui a eu lieu ce vendredi, a été pour un site d’images et d’humour appelé The Chive. The Chive fait partie d’un réseau de sites viraux dirigés par les frères Leo et John Resig (qui totalisent environ 5,6 millions de visites uniques par mois, selon Google Analytics). Il se trouve que les deux frères ont une histoire riche en fabrication de canulars sur Internet, notamment le “pourboire de 10000 dollars de Donald Trump” et le fameux ” une jeune fille vierge prévient son père par sms qu’elle a perdu sa virginité“. Ces deux canulars ont fini par être repris par différents médias grand public américains, y compris Fox News, Gawker et Jay Leno.

Elyse Porterfield a précisé à Techcrunch : «Quand je suis entré pour l’audition, je ne savais pas pour quoi cela allait être  – mais je pensais que cela ne pouvait pas être mal orienté ou pensé, car sinon ils ne m’auraient pas fait tenir un tableau blanc“. Le début de renommée préalable à cette histoire pour l’actrice avait été d’être comparé à l’actrice Angélina Jolie dans People Magazine, et de jouer dans la troupe de théâtre de son université. Elle n’avait pas entendu parler de l’acronyme HOPA (Hot Piece of Ass – je vous passe la traduction) auparavant.

Les frères Resig ont eu l’idée de “Dry Erase Girl” il y a un environ mois au bar Kingshead à Venise en Californie, et écrit les détails de leur histoire sur des serviettes en papier, y compris l’étymologie de Hopa (voir ci-dessous). John Resig déclare, «Nous avons trouvé un canular qui a été complètement racontable. Il n’a pas été transmis par TechCrunch ou Reddit au départ. Il a été propagé par Facebook et des mails dans les entreprises, car tout le monde voudrait démissionner de cette façon”

Tout ce qu’ils avaient à faire était de mettre les images de Elyse Porterfield portant le tableau blanc sur The Chive à environ 04h30 ce matin, et College Humor a publié en suivant, suivi peu après par TechCrunch (Resig dit qu’ils nous a ciblés parce que son publiciste a dit qu’ils devraient essayez d’avoir un article dans TechCrunch. Bien joué les gars !) et CBS. Lorsqu’on lui demande si cela a été fait uniquement pour recueillir plus de trafic attirer l’attention des médias, Resig répond :

«Nous n’avons pas fait ça pour avoir une couverture médiatique. Je l’ai fait presque pour me prouver que je l’avais en moi, de faire quelque chose de viral à 4:30 du matin avant que le monde se réveille. Vous obtenez un pur plaisir à regarder votre site passer de 15.000 à 440.000 visiteurs uniques en une heure, et vous vous surprenez à surveiller tous les sites pour voir s’ils ont couvert l’histoire.”

Et plus tard, “Cela a trouvé un écho personnel. Et les gens ont voulu le partager”. Avec un écho de 238000 partages sur Facebook et 31000 tweets, sur la base de ce qui était essentiellement un mensonge. Les frères ont répondu à un sceptique Peter Kafka que Jenny était «réelle», ils nous ont dit que les gens «veulent croire» à ce genre d’histoires.

John Resig:

«Les gens, notamment les journalistes, sous estiment l’appétit des Américains pour une bonne histoire. Cette histoire n’a pas d’abord été fait pour voir combien de personnes dans les grands médias nous pourrions tromper (même si cette partie là c’était fun), elle n’a pas été faite pour la publicité, de l’argent, et ce n’était pas non plus une réaction bâclée à un clown de chez Jetblue, non, cette histoire a été faite purement pour le divertissement des gens, d’abord et avant tout. Le but de ce canular était de divertir et d’inspirer, non pas d’informer, alors quelle différence cela fait-il si l’histoire a une seule once de vérité? Après notre deuxième canular, je me souviens d’un journaliste me disant: «Eh bien il semble que vous nous avez trompé deux fois. Vous ne vous en tirerez pas avec un non-sens du genre à nouveau”

Resig a encore une autre annonce prévue pour 10 h demain matin (heure californienne, cette après-midi pour nous). Et il n’est pas triste que le mème va mourir avec ce post, “Un canular a deux vies, la supercherie initiale et l’histoire de comment c’est arrivé. Même s’il s’agit d’un canular, les gens veulent voir Jenny, les gens veulent Jenny.

Dans les deux cas, Elyse Porterfield, qui a passé toute sa journée à lire les commentaires, est encore sous le choc, “Un million d’amis Facebook, je vais me réveiller avec un million d’amis sur Facebook.”

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