
Note d’Alain: Ce billet est une adaptation d’une longue analyse de Sarah Lacy qui a rejoint l’équipe de TechCrunch il y a un mois. J’ai tenté de présenter ses principaux arguments.
Il existe une grande différence entre ce que disent et font les investisseurs à capital risque. Durant cette dernière décennie, certains VCs n’ont cessé de crier haut et fort que la Silicon Valley resterait éternellement le centre du monde, tout en continuant de voyager une fois par mois vers la Chine…
Ou encore on entendait: “Une période de récession est le meilleure moment pour démarrer et investir dans des sociétés. Moins de concurrence et des conditions favorables avec des loyers et des salaires plus bas; et ces sociétés ne dépendent pas à court terme de la bourse et des marchés publics“.
Faux. Tout est tombé en 2001 et 2002 et cela retombe de nouveau. Avec une différence: le niveau des investissements, des retours et des pourcentages de cet argent investi dans de nouvelles startups n’a jamais atteint celui de 1999-2000. Certes, la crise oblige l’industrie tout entière à une nouvelle prudence, mais ce n’est pas seulement cela; l’économie Internet a besoin d’un réajustement. Il ne s’agit pas non plus vraiment d’une nouvelle bulle qui explose mais plutôt d’une correction naturelle d’une industrie âpres 10 années d’expérience avec des investissements de qualité et d’autres plus discutables.
Mais pas de méprise, il s’agit d’une vraie chute. Les investissements VC sont en baisse de 50% par rapport au premier trimestre 2008, pour une total de $3,9 milliards, selon Dow Jones Venture Source; le total le plus bas depuis 1998.

Les investissements dans les startups ont décliné ces dernières années; de ce point de vue c’est aussi parce que les VCs ont choisi d’être plus prudents que durant la période de 99. Toutefois, et beaucoup le reconnaissent, il y a eu ces trois dernières années beaucoup d’excès et de l’argent placé dans des produits qui ne tiennent pas la route. Beaucoup de clowns sur le marché, comme ils disent.
Les retours sur investissement ont aussi connu une chute, mais c’est moins dramatique dans la mesure ou l’horizon est sur 10 ans pour la plupart des VC. Mais les pertes sont bien présentes rien ne pourra corriger le tir. Pour la première fois depuis 10 ans, les VCs ont peur. Il n’y a pas de niche technologique qui semble à l’abri de la crise et les investisseurs sont touchés dans chaque secteur économique. Plus très sur de savoir comment investir quand la bourse est en péril et que les acquisitions font se faire de plus en plus rares.
Les entrepreneurs de la “Silicone Vallée” ont -ils su venir la crise? Après tout, les grands noms comme Ning, Slide, Facebook ou LinkedIn ont levé d’énormes fonds avant la crise. Ce qui explique peut être les chiffres plus bas de 2009. Attendons de voir les chiffres exacts des deux prochains trimestres. Le volume des deals devraient augmenter de même que la recapitalisation.
Enfin le plus inquiétant est la chute libre du nombre d’investissements dans de nouvelles startups. 24% exactement, par rapport à 2008, (50% par rapport à la période 99). Au cours du premier trimestre, seulement 18% de l’argent investi est allé dans de nouvelles sociétés.
Enfin un mot sur l’industrie “CleanTech”, (les technologies qui utilisent les ressources naturelles comme matières premières). Comme l’ont affirmé beaucoup d’experts et même le président Obama, de nombreux investissements doivent y voir le jour et c’est une industrie florissante qui mérite l’intérêt des investisseurs, mais difficile encore de la décrire comme la prochaine vague du succès qui emportera tout sur son passage; et surtout les investisseurs VC, habitués aux croissances rapides des sociétés Internet ont du mal à s’y intéresser vraiment et à investir des fonds importants, pour l’instant. (diapo ci-dessous)
Des temps difficiles qui risquent de durer encore un peu. Aux startups et investisseurs sérieux de s’accrocher. Aux clowns d’aller voir ailleurs.






Rien de neuf sous le soleil des VCs !
C’est ni plus, ni moins que ce qui s’est passé après le 11 septembre 2001; On retrouve les mêmes réflexes : je deviens beaucoup plus prudent par crainte, je nettoie mon portefeuille, et je recommence à investir ensuite en cherchant un nouvel eldorado (le web 2.0 ces dernières années, le Cleantech pour celles à venir).
recherchons les société CAPITAL-RISQUE pour propositions concrètes
Très intéressant article, une petite relecture avant publication est cela sera parfait (“Sicilcon Vallée”…)
Nous dirigeons une société d’intermédition financière et avons dans notre portefeuille des projets de hautes potentialités de rentabilité qui ne peuvent convenir qu’aux sociétés CAPITAL RISQUE
KOFFI K. Delamon
J’avais cru lire de mon côté que la crise était également une chance pour lever des fonds…
Voilà ce qu’on lit dans le JDN :
“Les business angels sont en plein désarroi : ils ont de l’argent mais ne savent pas quoi en faire. Selon Aelios Finance, qui publie un baromètre des “perspectives d’investissement des fonds français”, en janvier 2009, “les fonds de capital développement et de capital risque déclarent être en phase active d’investissement et être prêts à investir à un rythme rapide.”
Et d’ajouter : “Les conditions météo sont donc favorables pour les entrepreneurs souhaitant lever des fonds pour tirer parti des opportunités que génère la crise.” Début février, le président du salon des entrepreneurs confiait au Figaro : “C’est la bonne nouvelle de ce début 2009 : les fonds ont de l’argent mais manquent de bons dossiers.”
http://www.journaldunet.com/economie/magazine/dossier/creer-son-entreprise-en-temps-de-crise/13e-et-les-business-angels-n-attendent-que-vous.shtml
C’est l’histoire du verre à moitié plein peut-être ?
si les VCs sont plus regardant alors ce sera plus dur pour ceux qui ont des projets bancales… mais si votre projet tiens la route et que vous avez un Business Model cohérent vous aurez davantage de chance de pouvoir faire une levée de fond…
Y’a t’il un Venture capitalist dans la salle ? pour trancher?
Peut-être serait-il pertinent de prévoir un budget conseil en stratégie dans la phase de création d’un projet de création…
@Rom1: la France présente quelques différences avec les USA qui expliquent cela :
- Le tiers du financement du capital risque (et cap dev) français est issu de fonds publics par le biais de la CDC (cf mon dernier post : http://www.oezratty.net/wordpress/2009/financement-public-et-priv-de-linnovation/).
- Une autre part provient de FCPI qui ont été alimentés par l’afflux d’investissements sous le coup de la loi TEPA-ISF. Beaucoup plus que les investissements en direct de business angels dans des startups.
- Le financement de l’innovation n’est donc pas victime de l’assèchement du crédit.
- Cela se voit dans l’indicateur Chausson Finance qui montre que Q4 2008 a été très bon en France alors qu’il commencait à plonger aux USA comme on le voit dans les graphiques de cet article.
Donc, en France, le système de financement des startups est plutôt bien alimenté financièrement sans être significativement impacté par la crise. Et effectivement, les business angels mais aussi les VCs ont soif de bons dossiers. Et certains VCs sont tout de même prudents en se focalisant sur leurs entreprises en portefeuille.
Mais voilà, il n’y a pas tant que cela de bons dossiers…
. Je connais quelques VCs qui galèrent pour les trouver !
ok merci… c vrai qu’on ne fonctionne pas pareils qu’aux USA.
J’ai lu votre article. Le CIR est en effet un moyen de financement très intéressant.
Néanmoins puisqu’il s’agit d’un crédit d’impôt il s’agît d’un remboursement a posteriori… c’est pourquoi cela ne résout pas les problèmes de trésorerie.
Heureusement désoremais, couplé au statut de JEI ou maintenant de JEU, le CIR peut faire l’objet d’un remboursement anticipé ! Il s’agit d’une bonne nouvelle pour les start-up!
Concernant les dossiers intéressants pour les BA ou les VC il y a le mien ^^
Chiantissime.