Entendez-vous la complainte de l’industrie de la presse?
  • 18 Commentaires
par Michael Arrington (adaptation: Alain Eskenazi) 7 avril 2009

L’industrie de la presse est en pleine ébullition et fait beaucoup de bruit autour de son contenu “volé” sur le web. La presse et ses sites en ligne pointent du doigt les blogs  qui sont qualifiés de “parasites ” par le Wallstreet journal ou vers Google, l’ogre tout puissant qui dérobe les articles des grands médias en ligne. Rupert Murdoch a même prévenu récemment qui l’industrie ne laisserait plus Google voler ses articles sans “copyrights”. Et hier AP déclarait la guerre à Internet.

Peut-être que dans ce flux incessant d’information, quelques contenus sont dérobés ici ou là. Cela arrive aux journaux et même à certains grands blogs (comme TechCrunch), mais ne nous méprenons pas, les millions de blogs et Google ne volent pas. C’est simplement que l’industrie de la presse a du mal à accepter sa descente en enfer et ses pertes de 7,5 milliards en une année (aux USA). Au lieu de s’adapter à une nouvelle réalité, un coupable est désigné d’office.

Tout cela est bien hypocrite également, alors que les rédacteurs en chef des grands médias ne cessent de se plaindre, les responsables SEO de ces mêmes sociétés utilisent toutes les astuces possibles pour optimiser leur placement sur Google et se trouver en tête des recherches sur Google News. Si ils le souhaitaient vraiment, une ligne de code suffirait pour que les articles n’apparaissent plus sur Google. Danny Sullivan l’explique brillamment:

“Demandez a votre technicien d’insérer sur vos  robots.txt file :

User-agent: *
Disallow: /

Et c’est tout . Vos pages seront retirées de Google.

Mais vous ne le ferez pas car vous souhaitez aussi le trafic amené par Google; et en même temps vous souhaitez les faire payer pour des droits d’auteurs….”

Les journaux en ligne visent Google car il possède de grosses poches bien remplies. Personne ne vient se plaindre auprès de Yahoo qui devance Google avec Yahoo news. Peut-être parce que Yahoo est un partenaire de choix en termes de publicité pour prés de 800 journaux aux États-unis et envoie un trafic considérable vers les sites des grands journaux.

Les journaux veulent du trafic mais ils ne peuvent supporter l’idée que leurs grands titres apparaissent sur Google ou dans un agrégateur d’infos sans que l’on clique dessus. Google est un peu le kiosque du coin avec tous les grands titres à l’étalage comme sur digg, techmeme, reddit ou Wikio pour l’Europe. Chacun choisit d’acheter le journal de son choix librement.

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  • Thomas Bourbon - avril 7th, 2009 at 7:06 CDT

    Vous voulez voir vos articles web publiés sur papier ? Voir vos droits rémunérés ? Votre site/blog exposé ? Nous avons le prochain business model de la presse papier en main, et internet en fait partie.

    Envoyez-moi un mail.
    thomasbourbon@gmail.com

  • Bien hâte de voir vers quoi tout ça va mener, un retour en arrière ou l’adaptation du journalisme au web?

    Visiblement le monsieur ci-haut propose l’inverse, du web au papier qui est également une belle idée, à quand des magazines papier qui reprendraient les meilleurs articles du web intégralement ?

  • Il y a déjà vendredi hebdo qui fait ça en France : un journal papier dont les articles sont tirés du net en général et des blogs en particulier ;)

  • héhé “des blogs en particulier” on se comprend bien :-)
    tiens je connaissais pas vendredi hebdo mais je viens de voir qu’ils citent pas de blogs

  • ah si, erreur de ma part

  • Tiens, tiens, ça me rappelle vaguement la complainte d’une certaine industrie du son et de la vidéo. :)

  • exactement les autres industries se plaignent et cela marche plutôt pas mal … même (trop) bien, ils auraient tort de ne pas tenter leur chance

  • Après les majors du disques/DVD, la presse et les éditeurs. Qui seront les prochain à se plaindre ?

    Au final, y’a que le consommateur qui a l’air de profiter d’internet. N’est-ce pas le but, finalement, que le consommateur soit content ?

  • Cette fronde d’arriere-garde est absolument abominable.

    Pour avoir travaillé quelques années dans la presse quotidienne régionale, je me souviens parfaitement ce que disaient ces rédacteurs en chef du paléolithique inférieur au sujet de l’internet : “ça ne marchera jamais”. Ils étaient tellement sûrs d’eux après l’éclatement de la bulle.

    Et maintenant, ils dénoncent le contenu volé, l’absence de “sources” chères aux journalistes. Ils oublient aussi que les notes de blogs sont avant tout faites pour nourrir le débat et que leurs rédacteurs ne sont pas là pour “dire la vérité” (comme si dans les médias on “disait la vérité) mais bien pour ouvrir un espace de discussions constructives et critiques.

    La presse papier fait aussi le “procès” du lien entre l’internet et la publicité. En l’occurrence, le mode de rémunération des adsense est précisément contraires au “lien” vénéneux entre contenu et pub, puisqu’ils s’adaptent aux mots clés et qu’il n’y a pas de “fidélisation”.

    Encore une fois, comme si les journaux n’étaient pas “partenaires” d’événements purement commerciaux (matchs de foot, fêtes locales, salons automobiles) et qu’en retour, ils ne leur assuraient pas une couverture médiatique généreuse…

    Et là, bonjour la qualité du contenu !

  • captain poupoule, lecteur de papier - avril 8th, 2009 at 3:18 CDT

    “Peut-être que dans ce flux incessant d’information, quelques contenus sont dérobés ici ou là[...]mais ne nous méprenons pas, les millions de blogs et Google ne volent pas.”
    Dérober c’est pas voler?

    Loin de moi l’idée de polémiquer, ce ne sont ni Google ni “les blogs” qui sont pour moi en cause mais bien les lecteurs. Je n’ai pas le même degré de confiance entre des articles de journaux, rédigés par des professionnels ayant l’obligation de vérifier leurs informations et des articles sur des blogs qui ne sont que des “propos rapportés”, même pour les blogs les plus sérieux qui soient.

    La course au scoop sera forcément gagnée par le net (Twitter en tête), mais peut être qu’on peut changer le modèle de contenu en meme temps que le modèle financier?

  • Je trouve très juste l’analogie du kiosque à journaux et de l’agrégateur d’infos.

  • Le contenu qu’il donne pour le fichier robots.txt est radical, il est extrême. Au lieu d’interdire l’indexation à Google, il exclut tous les moteurs sans distinction.

    Pour n’exclure que des robots de Google, se renseigner sur leur noms ( http://www.google.com/support/webmasters/bin/answer.py?hl=fr&answer=40360 ), et n’exclure que eux.

    Par exemple (pour 4 robots de Google) :
    User-Agent: Googlebot
    Disallow: /

    User-Agent: Googlebot-Image
    Disallow: /

    User-agent: Mediapartners-Google
    Disallow: /

    User-agent: Adsbot-Google
    Disallow: /

  • Et pouvez-vous expliquez pourquoi Google est près à être partenaire des agences de presses genre AFP ou autre , mais pas des éditeurs de journaux ?

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