Si vous lisez TechCrunch version américaine vous aurez aperçu un billet qui annonce que désormais à de très rares exceptions près annoncées, TechCrunch ne respectera plus aucun embargo concernant les communiqués en provenance d’agence/département de relation publique. Juste pour ceux qui ne connaissent pas le vocabulaire technique: un embargo est une manière d’avertir un titre sur la date et l’heure de publication de l’information. Un éditeur ne peut pas publier avant les détails précisés dans l’embargo. C’est une pratique commune. Malheureusement de plus en plus d’agence de relation publique, devant justifier leur honnoraires diffusent l’information et l’embargo en masse et de nombreux sites ne les respectent pas ce qui créent un tord immédiat pour les autres éditeurs. Le problème est que ces éditeurs ne sont pas pénalisés pour cela et les agences continuent de travailler avec eux. Hier TechCrunch a annoncé que cela arrivait à terme que désormais aucun embargo ne serait respecté.
Le problème a évidemment une autre ampleur aux Etats Unis. Sur TechCrunch France je n’en suis pas arrivé à ce point bien que j’ai eu plusieurs fois quelques mauvaises surprises. Le problème n’est à mon avis pas spécifique aux agences de presse (qui dans la grande majorité ont un plus grand problème à savoir qu’elles ne savent pas bâtir une relation avec les bloggeurs autres que par le spam de communiqués) mais d’une manière générale aux startups et aux départements de relation publique d’entreprise qui souvent ignorent ce que sont les embargos. Souvent les startups ont leur focus sur leur société et à l’heure de contacter les médias sont peu expérimentées ou mal conseillées sur la manière de contacter les médias et susciter leur intérêt. Elle s’y prennent souvent à la dernière minute et gèrent dans l’urgence un aspect qui demande un peu de préparation.
Personnellement je préfère (comme d’autres bloggeurs qui n’hésitent pas à ajouter la mention “Exclu”) quand une actu nous est donnée en exclusivité. Les blogs cherchent à obtenir de l’attention c’est une des manière d’y arriver. Mais si votre actualité est intéressante (pour nous et les lecteurs pas uniquement pour vous, startup) nous la traiterons de toute manière avec ou sans embargo. Beaucoup des billets de TechCrunch France comme celui n’ont été le fruit d’aucune agence ni même de l’initiative de la société. Par ailleurs contrairement aux sites d’information je considère que l’intérêt d’un blog n’est pas dans les faits mais le point de vue (que nous assumons biaisé et subjectif) et la discussion qui prend place dans les commentaires. Evidemment par manque de temps, je préfère me concentrer sur des choses qui n’ont pas encore été trop publiées pour éviter les redites et surtout apporter quelque chose de frais aux lecteurs. Beaucoup sont souvent frustrés de cette attitude mais je crois que le rôle d’un blog est de faire gagner du temps au lecteur et lui éviter les redites. Les blogs copier coller n’intéressent pas et se fatiguent eux mêmes à terme. D’ailleurs nous nous en rendons compte sur les billets traduits comparés aux billets originaux: ils ne suscitent pas le même intérêt.
Pour revenir aux startups: j’ai constaté que souvent il y a confusion ou ignorance entre 3 notions. L’avant première, l’exclusivité et l’embargo. Ce sont 3 choses différentes et il est important de bien les manipuler dans vos relations avec les blogs. L’avant première consiste à donner accès à l’information avant sa diffusion: l’accès peut être limité à un média ou plusieurs. Il est important de le préciser. L’exclusivité consiste donner accès à l’information uniquement à un média, si plus merci de préciser (cela s’appelle de la co exclusivité). L’embargo consiste à ne donner qu’une indication sur la date de publication à respecter.
Sur TechCrunch France nous avons toujours respecté les embargos et ne publions jamais une information avant sa date. Nous avons bâti notre réputation en partie grâce à cela ce qui nous permet de construire des relation de confiance avec nos sources. J’aurais tendance à préférer à travailler avec ceux où la relation est de qualité. Pour ceux qui ne le savaient pas, un email de masse avec un communiqué de presse attaché (spécialité des agences de presse de seconde catégorie) passe directement à la poubelle. Pour ceux qui n’ont pas su respecté leur promesse d’exclusivité ou d’embargo généralement nous ne couvrons pas l’actualité et demandons à la source d’être vigilent. Si cela se reproduit trop souvent nous finissons par ignorer cette source. Ou comme l’annonce TechCrunch nous ne respecterons pas l’embargo et publierons quand bon nous semble.
D’une manière générale nous n’aurons jamais aucun problème à travailler avec des agences ou des startups qui savent être claires dans leur approche et avec qui nous batissons une relation de confiance. Nous respecterons les embargos et indications données. Pour les autres, je ne peux vous donner qu’un seul conseil: le monde des médias et des blogs est petit. Si vous souhaitez à tout prix jouer avec ces notions pour obtenir une couverture sachez que les éditeurs se parlent et ont aussi leur règle. Les bloggeurs (en tout cas les plus visibles) sont sursollicités.
Ils doivent faire des choix. Si vous êtes une startup renseignez vous bien avant sur l’agence avec qui vous envisagez de travailler.





Intéressant ton billet. J’admet que j’étais peu au fait des termes embargo et al, j’ai d’autres préoccupations il est vrai.
Je m’en souviendrai pour des communiqués éventuels.
Très intéressant en effet. Je supporte très bien d’avoir une information un peu plus tard sur un blog si elle est mieux communiqué, plus approfondie. Même si c’est un critère important, en considérant que le blogging n’est pas une activité professionnelle, si l’auteur habitue ses lecteurs à toujours être le premier : il est condamné à ne jamais rater un scoop. C’est dangereux pour la santé mentale une telle pratique
Oui, et non. Personnellement, par simple courtoisie et respect de la parole donnée, je respecte les embargos. Sans compter la dimension contractuelle. Mais je limite l’exercice aux embargos “volontaires” : j’ai un vrai souci avec le fait que l’on m’envoie un CP en me disant “c’est sous embargo, attention, faut pas en parler”, alors que l’on ne m’a pas demandé mon avis. Je me suis déjà épenché sur le sujet ici : http://blogs.lemagit.fr/2008/01/07/journaliste-sous-embargo-2/
Dans ce cas-là, à moins que l’info ne soit d’importance capitale, je préfère carrément la zapper…
En revanche, clairement, un embargo, ça se contourne, comme je l’évoque dans le même billet. Et puis pour peu qu’un autre lâche le morceau un peu trop vite, l’embargo me semble tomber, par construction. A charge pour chacun d’essayer de prendre le temps de préparer ses papiers à l’avance - oh, une bonne résolution pour 2009
- afin de pouvoir dégainer à temps.
Je suis de ton avis. Nos pratiques doivent évoluer avec les médias du web 2.0… On ne peut pas appliquer nos stratégies RP traditionnelles à la relation avec les bloggeurs d’influence. Et c’est là que se situe le débat à mon sens. Tou n’est que remise en cause, créativité et compréhension de ce nouveau monde de la prise de parole/position on line. Comme les e-mailings totalement impersonnels, il n’y a pas d’intérêt à proposer des embargos à des medias qui joeunt sur l’instanné. Non, il faut vraiment reconsidérer la question. Je te souhaite plein de beaux scoops pour 2009, avec un peu d’avance.
http://www.blog-relationspresse.com/
les billets que l’on a pu avoir sur des blogs n’étaient que de notre initiative car le blogueur / blogueuse nous connaissait à travers nos commentaires.
Pour l’accès au journaliste là c’est plus le travail de l’agence de presse.
Bonsoir,
simplement pour préciser qu’il y a une confusion entre agence de presse (des journalistes, qui ne produisent pas des communiqués mais des dépêches d’information) et agence de communication…
Question : Ou est la limite en journaliste et blogueur?
C’est vrai que entre un zdnet, un silicon, ou lejounaldunet , on a des fois plus d’infos sur techcrunch
Et quand je pense qu’il y a en qui disent que Techcrunch est un blog et pas un magazine…
et moi qui disait cette semaine en formation que pour les relations presses avec les bloggers, il fallait seulement confier les embargos sur l’info aux rares bloggueurs “influents” et pas à tous :-((
Bonjour Valéry,
je pense que le mot clé dans ton article c’est la confiance.
Et je te remercie d’avoir séparé les agences de communication, des services de relation presse et des start-up.
Agence de communication et journalistes ont besoin l’un de l’autre. Ils ont appris au fil des ans à travailler ensemble. Chaque journaliste a pu identifier des attachés de presse / agences avec lesquels il a établi une relation de confiance mutuelle. Et inversement.
Ces agences / attachés de presse savent aujourd’hui expliquer à leurs clients que l’embargo risque de ne pas être respecté, en particulier s’il est d’une trop longue durée, car l’information sera certainement disponible sur le net d’ici là.
Nous avons tous entendu - et plutôt deux fois qu’une - un journaliste nous dire “envoi moi l’info en avance histoire que je puisse publier le jour J de l’annonce”. Si les agences ont recours à l’embargo, c’est qu’il est utile pour transmettre les informations en avance au journaliste et lui laisser le temps de creuser et rédiger. Ce n’est pas uniquement pour justifier des honoraires ;o).
Mais la confiance que tu vas avoir établie avec certains attaché de presse me laisser penser qu’il ne te viendrait pas à l’idée de “casser” l’embargo sans prévenir celui-ci, histoire qu’il puisse informer son client.
Dans le même état d’esprit, il ne me viendrait pas à l’esprit de diffuser une info promise en exclusivité, tant que tu n’auras pas publié (sauf si tu mets 6 mois à publier…. lol)
Maintenant la relation avec les blogueurs est relativement différente. Les règles sont en train de se mettre en place et nous devons apprendre à travailler ensemble : comprendre tes attentes de blogueur, ton fonctionnement (heure d’écriture, choix de l’information, etc.), s’adapter à ta liberté de ton, etc.
Avec un blogueur, il n’y a pas de conférence de rédaction, pas de rédacteur en chef…
Nos méthodes de travail vont évoluer en conséquence. Nous devons être toujours plus réactif, avoir des approches plus personnalisées, être plus que jamais force de proposition… La relation que nous entretenons évoluent déja : beaucoup plus d’informations passent par mail, ou par les réseaux sociaux (linkedin, facebook), au détriment du contact visuel et du téléphone
Tout s’accélère. Et dans ces conditions, nous aurons certainement moins recours à l’embargo…