[fr] L’Europe des startups restera t elle le supermarché des Etats Unis?
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par Ouriel Ohayon 13 décembre 2008

Je n’ai pas encore eu le temps de faire un petit point sur la conférence LeWeb mais je profite de cette vidéo de Philippe Leroy de Zdnet France sur les tendances du web et l’Europe, pour attirer votre attention sur un point de vue, arbitraire peut être et que beaucoup d’entre vous trouverons provocateurs: L’Europe des startups est encore une zone d’acquisition de choix pour les géants du Web américain depuis des années et je ne crois pas que cela va changer.

Il s’agit à mon sens, non pas d’un problème de financement ou de manque de talents, mais d’attitude (on lance d’abord chez soi), peut être d’ambition et de timing. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose: on peut créer une très belle boite en restant chez soi (les exemples ne manquent pas: Free, Ventes Privées,…) mais cela place l’Europe en position de cible d’acquisition plutôt que d’acquéreur dans le monde du web (alors que dans d’autres industries ce n’est pas forcément le cas…)

L’Europe est dans sa grande majorité (on peut y ajouter Israel) constituée de startups dont le modèle est une réplication d’un modèle déjà créé aux Etats Unis, souvent plusieurs mois plus tard (cela d’ailleurs avait été mon cas avec ma précédente startup), lancées localement plutôt que déployées sur l’Europe rapidement. Il est rare de trouver un service né en Europe qui se déploie très rapidement à l’international et même quand c’est le cas (Last.fm, Skype) ils sont quand même rachetés par des américains à défaut de pouvoir rester longtemps indépendants ou tout simplement être rachetés par un géant Européen.

Ouriel Ohayon,TechCrunch France : «Il y a un problème d'attitude de l'entrepreneur européen» - Actualités - ZDNet.fr

Cela va t il changer? je ne crois pas. Pas dans un avenir proche. Lancer un service à succès sur plusieurs pays Européen est un véritable défi et atteindre une taille critique en Europe est bien plus difficile à mon sens qu’aux USA. Il est normal de vouloir tester d’abord son marché local, mais il faut dès le départ intégrer un plan d’action pour se développer à l’étranger. A nouveau, on peut être heureux sans cela, et peut être avoir l’espoir d’être un jour racheté.

Mais le risque n’est pas faible dans cette jungle de plus en plus darwinienne: il ne s’agit pas d’une course à la taille mais d’une course tout court, car sur le web le plus rapide est celui qui survit. De nos jours, la déclinaison d’un service digital (sauf ecommerce peut être) en version locale peut être fait à coût réduit. A défaut vous pouvez aussi lancer directement en Anglais et Français et voir quels pays accrochent naturellement avant de déployer d’autres moyens. Si c’est ce que vous souhaitez faire, pensez y en amont, et tentez dans la mesure du possible de vous entourer dès le départ de collaborateurs qui ne sont pas uniquement des peronnes de votre pays. Les startups françaises embauchent des français, les startups espagnoles embauchent des espagnols alors qu’il existe des profils sur place (grâce aux échanges et parce que nous vivons en Europe) venant d’autres pays et qui peuvent vous apporter un éclairage crucial sur votre développement à l’étranger. A défaut il est aussi utile de trouver des collaborateurs qui ont un profil international. L’ambition commence d’abord en interne et si vous disposez d’un brun de culture “international” en interne c’est déjà un bon point de départ.

Certaines sociétés en France on bien réussi leur déploiement à l’étranger de manière assez rapide: Netvibes, Dailymotion, Deezer, Wikio (note au lecteur; dont je suis actionnaire) et quelques autres. Cela n’est donc pas impossible. Encore faut il le vouloir, l’anticiper et le préparer.

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  • l’attitude US est comme en en Europe est de commencer par le marché local, et se deployer a l’international ensuite. La difference, est que le marché local US est 10x plus gros que le marché local francais.

    Par contre la force d’une société Europeene, c’est qu’elle est en general beaucoup mieux armé pour passer a l’international qu’une société Americaine: c’est dans nos genes! Rien que le fait que la plupart des sites soient deja pensé multilingue, alors que pour un site US, c’est ne qu’est bien plus tard que se pose le problème pour eux.
    Mais la grosse difference, c’est le timing: un site US pourra atteindre sa masse critique relativement facilement sans avoir a investir sur l’international, ce qui est beaucoup plus difficile pour un site europeen. Et je ne pense pas que cela soit une question d’attitude, mais plus une question de moyen au contraire. Cela depend du site, et ce n’est pas tout d’avoir une version localisé d’un site, il faut aussi souvent avoir du contenu localisé, ce qui n’est pas la même chose. Par exemple, une des startup du Web08 qui faisait de la notation/recommendation touristique est tres forte chez elle, mais quasi inexistante ailleurs: je vois mal comment ils pourraient se deployer en france en 2009 sans gros efforts marketing/communication – donc avec un investisement non negligable.

    • oui thomas, comme je le dis plus haut, l acces au timing est un facteur mais l attitude egalement. Il faut des moyens c est certain. Mais nous ne sommes pas asez rapide a les deployer. c est pour cela que nous resterons des cibles

  • Pour relancer le débat, il est fort regrettable que les grands groupes média Français (qui on encore un peu d’argent), ne fassent pas leur shopping parmi les startups européenne, c’est leur seul moyen de s’acheter un avenir aujourd’hui…

  • Juste un mot sur les programmes de financements Européen, sensés donner une dimension européenne à nos boites et marchés..

    Lorsque j’ai “fouillé” dans ces fonds de soutien, je me suis rendu compte qu’ils m’étaient inaccessibles. Je vous passe l’habituel montagne de dossier à remplir, qui est l’une des caractéristiques de ces financements public…
    Non, en fait, lorsque vous voulez faire du ICT, Eten, Econtent… vous devez obligatoirement monter un consortium avec d’autres sociétés européennes…
    C’est là qu’est le problème et l’erreur à mon avis.
    En effet, partager une stratégie marché avec d’autres sociétés c’est quand même contre nature, surtout quand on ne les connait pas…
    En fait, la vraie bonne mesure serait de développer des méthodes et financements pour atteindre une taille/masse critique, permettant d’adresser son offre au marché européen.
    En d’autres termes, vous êtes 3 fondateurs franco-français, votre projet est pertinent, mais vous savez que les vrais leviers de retour sur investissement avec une croissance de dév soutenue, serait d’atteindre une taille clientèle au niveau Europe… Mais les 3 copains, n’ont pas l’expertise des pays “majeurs” de l’euroland. Mise à part l’un deux qui a fait 6 mois de stage à Dublin…

    C’est là que je verrai bien des financements, soutiens et méthode européens pour être “euroland optimized”…
    Du style, pour l’amont, vous faite une étude de marché pour la France et vous avez des financements pour la compléter au niveau européen; vous souhaiter adapter votre billing pour l’allemagne, spain… hop une aide financière pour couvrir 50% des heures du consultant qui va vous valider et vous aider sur ces points…
    Donc, de cette manière, faire en sorte que les fondateurs de projets biz, pensent et “design” leur couple produit/marché, soit au niveau national, soit au niveau euroland…
    Pardon, c’était un peu long mon commentaire

  • @Lancer un service à succès sur plusieurs pays Européen est un véritable défi et atteindre une taille critique en Europe est bien plus difficile à mon sens qu’aux USA.

    C’est exactement ce que je pense, au point tel que je me demande si je ne devrais pas développé mes logiciels freeware dans la langue de shakespear afin d’atteindre une portée plus importante. Et surtout m’adressé a des gens qui contribue et ne reste pas de simple utilisateur comme le sont la grande majorité des français. C’est aussi une des cause qui tue notre activité le fait que le français ne s’investie que très peu. rendez vous compte que j’ai un jour reçu un mail d’un canadien qui a eu la gentillesse de corriger les fautes d’ortographe d’un de mes soft qui a étais téléchargé par plus de 220 000 french sans jamais qu’aucuns d’entre eux ne me signale une erreur.

  • Je suis bien d’accord avec le fait que l’on peut lancer en FR et GB mais qu’il faut alors avoir préparé la boîte en terme d’organisation et de culture.

    Je ne pense vraiment pas que ce soit insurmontable (en tous cas, c’est ce qu’on va faire) et c’est avant tout l’état d’esprit (voir grand, penser global…) et la stratégie de l’entrepreneur qui façonnent les choses.

  • Cette question me passionne. Cette semaine justement j’ai rencontre une delegation de francais venus dans la Silicon Valley rencontrer les acteurs du logiciel libre.

    La discussion a bien sur porte sur la maladie de la startup franco-francaise, par opposition a la Californie. L’esprit d’entreprendre, la masse d’excellents candidats experimentes, la taille du marche, la dominance de la language anglaise…

    Ceci dit, les francais de la vallee aimeraient que le modele s’exporte en France (et ailleurs), mais pour l’instant ce ne sont que des demi-reussites.

    De mon point de vue, rien n’empeche une startup francaise de viser des le debut les US: la concurrence est plus brutale bien sur (il vaut mieux avoir quelque chose de vraiment nouveau), mais l’impact est exponentiellement plus grand.

    Et en parallele, il y a pleins de bons outils web 2.0 qui n’ont de sens que lorsqu’ils sont “localises”. Donc meme si un concept est deja sorti aux US, on peut faire une adaptation francaise qui soit une killer-app, sans avoir rien a se reprocher.

  • Ouziel, les français peuvent aussi t’aider. Il n’y pas que les canadiens du Québec qui parlent encore bien le français. Ils n’en sont seulement que les meilleurs défenseurs. Mais avec un peu moins de fainéantise de notre part on devrait mieux s’en sortir qu’eux…normalement !!!???
    Attention donc à ton franglais.
    J’ai aussi souvent ce problème, je te rassure.
    We lived long enough outside France to be eligible for such mistakes. We should both be forgiven.

    Alors dans ton texte nous rayerons “replication” cause it’s in english …
    …et nous utiliserons le mot “réplique” en français.

  • Je ne suis pas certain que le vieux cliché sur les US qui ont 10 ans d’avance soit si pertinent.
    Pour avoir un peu “investigué” le marché j’ai été très surpris de voir qu’en Europe le marché était complètement inondé de progiciels verticaux en mode Saas depuis plusieurs années alors qu’aux US on à l’impression que ça commence à démarrer.
    La différence se fait sur les grands pôles d’attractivité , les possibilités d’investissement et l

  • Je ne suis pas certain que le vieux cliché sur les US qui ont 10 ans d’avance soit si pertinent.
    Pour avoir un peu “investigué” le marché j’ai été très surpris de voir qu’en Europe le marché était complètement inondé de progiciels verticaux en mode Saas depuis plusieurs années alors qu’aux US on à l’impression que ça commence à démarrer.
    La différence se fait sur les grands pôles d’attractivité , les possibilités d’investissement et la capacité à produire du business.

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