
CNN a mis du temps à réagir et à diffuser les informations concernant ce terrible attentat à Bombay en Inde qui a fait plus de 80 morts. Cette nuit, les premiers témoignages sont apparus sur Twitter en temps réel et au cœur du drame, puis des images ont été publiées sur Flickr.
Twitter ne fournit certes pas de l’information en profondeur ou toujours vérifiée mais c’est là qu’apparaissent en premier les nouvelles, dès qu’un événement majeur se produit. Dans la foulée, Wikipedia a suivi aussi rapidement.
Note d’Alain: Twitter est souvent critiqué pour son aspect trop “geek” ou pour son modèle économique inexistant mais nul ne peut aujourd’hui nier que Twitter est devenu le média communautaire le plus réactif. L’info commence d’abord sur Twitter, on l’a vu souvent, grâce aux témoignages des utilisateurs-journalistes-citoyens du monde entier.






It’s amazing to see how people are implicated through their media support!
and it seems suddenly clear to our minds thats everyone has to have his own twitter.
Long life to twitter
Voila une utilisation inattendue de Twitter, j’avoue avoir toujours été septique au sujet de la réelle valeur ajoutée de ce service mais là ça prend du sens.
Une petite question : Savez-vous si Twitter est accessible en Chine ?
Cela s’est déjà démontré avec le tremblement de terrer en indonésie la semaine passée. Il était signalé sur Twitter quasi 1h avant les autres médias (même internet)
CNN utilise Twitter pour sourcer ses informations. Il y a meme une emission TV qui est numero 1 en rating a 3pm qui est fondee sur l usage de Twitter. D ici peu tous les services de presse utiliserons Twitter comme une source d information.
Pour être prévenu qu’un tremblement de terre est imminent, ok Twitter me semble être intéressant voire indispensable.
Mais pour être le premier à savoir que 80 personnes viennent d’être tuées, je ne vois pas l’intérêt.
Quel que soit l’événement, être le premier permet d’en profiter…
@Alain: Le lien vers Flickr n’est pas pertinent du tout.
Voici le stream de référence >
http://www.flickr.com/photos/vinu
Si, le lien est correct et pertinent regarde bien toutes les photos;
moins spectaculaire peut être que le tien.
On va dire moins ciblé alors. Ce feed de Vinu (découverte sur twitter d’ailleurs) a été pas mal cité depuis la nuit dernière.
Ah ben tiens, très sceptique moi aussi sur Twitter, je parle justement de hier soir ici:
http://blog.lefigaro.fr/hightech/2008/11/mumbai-bombay-twitter.html
En bref, je crois que les médias s’y mettront, mais pas de façon systématique. L’usage de Twitter (et le fait d’y renvoyer les lecteurs) se justifie surtout dans le cas d’évènements dramatiques et en direct. Certains évènements génèrent plus des méga-forums d’opinion que des réels canaux d’information.
A quoi cela sert-il d’être informé une heure plus tôt, si ce n’est pas vérifié ?
Ce n’est pas propre à Twitter, mais quid du travail des journalistes ? Doivent-ils maintenant se limiter à commenter, et laisser tel ou tel media UGC prendre leur place de canal d’information ?
twitlife va-t-il remplacer AFP/Reuters/etc ?
personne ne remplace personne. la tele n a pas remplacer la radio et le web n a pas remplace la tele. le monde bouge et celui de l info aussi. Twitter devient une nouvelle source.
Pour préciser: dans ce genre d’évènements lointains et à développement rapide, les grandes agences fournissent souvent des infos explicitement sourcées depuis un média local quelconque. L’origine est identifiée, et l’agence fait confiance au média en relayant l’info à ses abonnés. Dans ce genre de cas, un signalement de la même info du même média par un utilisateur revient quasiment au même sauf qu’il est en général moins bien synthétisé, mais plus rapide et complété d’un lien direct vers la source lorsque c’est possible, ce qui permet de vérifier de visu.
Les témoignages brut sur Twitter était hier moins essentiels parceque souvent vague (une explosion à l’ouest) mais néanmoins intéressants.
Il me semblait avoir entouré ma dernière phrase par un tag “mode science-fiction” qui n’a pas du passer, et qui relativisait la conviction du propos
Je suis utilisateur de twitter, et j’ai l’impression comme beaucoup d’assister à la mutation d’un “machin” qui jusqu’à présent se contentait de relayer de l’information peu visible (bouche-à-oreille, micro-info…) vers un media qui, puisque aggrégé, peut se poser comme une source d’information à part entière (twitlife / “l’AFP du futur”, avec beaucoup de guillemets)
Ceci étant dit, est-ce que twitter est réellement une source, ce qui en fait un outil du journalisme, ou est-ce un media, ce qui en fait un support de communication ?
La question qui se pose, et encore une fois elle n’est pas propre à twitter, c’est celle de la confiance dans le media, et donc de la place du journaliste.
Twitter, réactif, certes. ne lui enlevons pas ce bienfait. mais tout juste.
c’est vrai que cela peut faire penser à des dépêches AFP ou Reuters. mais participatif. donc pas toujours vérifié (toutes les problématiques du participatif qui resurgissent tout d’un coup…)
Juste pour des messages isoles mais quand tu as des milliers de twits en quelques secondes qui parlent du meme phenomene tu commences a prendre la news serieusement. bien sur a verifier. C etait la meme chose avec le debut des blogs.
Utilisateurs-journalistes-citoyens. Ca laisse rêveur.
Confondre témoignage et information, c’est aussi pertinent que les radios trottoir qui vont interviewer les voisins du tueur pour savoir qu’il avait l’air normal avant le meurtre. Drôle d’époque de mélange des genres.
Bref.
J’aurais au moins aidé à corriger deux fautes d’orthographe dans les 5 lignes d’article.
Ciao
Bonsoir,
Comme d’autres parmi les commentateurs ici, je ne partage pas l’enthousiasme relatif à twitter comme outil d’information.
Sans nier l’intérêt que peut représenter le fait de disposer de centaines de “correspondants” sur les lieux d’un événement, ni la réactivité supérieure de ceux-ci aux grands médias internationaux, cet enthousiasme me semble prendre le pas sur certaines questions essentielles relatives à l’information, et entretenir de nombreuses -et dangereuses- confusions :
- confondre témoignage et information (comme le souligne Stéphane).
- confondre vitesse et précipitation : quel intérêt d’être informé instatanément d’un événement en 140 signes, sans aucun élément de contexte. Ce n’est pas de l’information, mais du voyeurisme (en forçant le trait…)
- confondre un support d’information et une source d’information. La question de la “source” appelle inévitablement la question “qui parle ?”. Or Twitter ne permet pas de répondre à cette question. Arguer que le fait que x centaines d’inconnus relaient un fait vaguement identique pour estimer que cela en fait une vérité me semble un peu court pour faire de twitter un nouveau media d’information… En forçant là encore le trait, cela peut aussi ressembler à une machine à rumeur.
Bref, sans nier à Twitter des vertus intéressantes, j’ai parfois l’impression qu’on prend des vessies pour des lanternes. Informer, c’est donner du sens.(http://www.innovationsinnewspapers.com/index.php/2008/11/26/rupert-murdoch-on-the-future-of-newspapers/). Pas cracher 140 signes à 10 000 en quelques secondes, 2 minutes après un événement. Pour ça, je peux attendre France Info, et sa nouvelle incomplète toutes les trente secondes.
lis cet article de CNN et reflechis a nouveau ce que tu viens de publier
http://www.cnn.com/2008/WORLD/asiapcf/11/27/mumbai.twitter/
Merci pour ce lien. J’ai lu l’article avec intérêt, ainsi que le post sur ce sujet de Laurent Suply.
J’entends donc tout à fait les arguments soulignant la pertinence de twitter comme outil de témoignage, et les services qu’il peut rendre, ainsi que d’une certaine façon, l’avancée que cela peut représenter en termes d’accès aux faits.
Mais l’article en question souligne aussi certaines limites :
“However, as is the case with such widespread dissemination of information, a vast number of the posts on Twitter amounted to unsubstantiated rumors and wild inaccuracies.”
Je crois que les nouvelles technologies, dont je suis un ardent défenseur peuvent apporter beaucoup dans l’accès à la connaissance des faits. Mais cet accès, instantané grâce à twitter en l’occurrence, ne fait pas la compréhension. C’est pourquoi je trouvais que la conclusion “l’information commence d’abord sur Twitter” me semble un peu abusive.
C’est donc peut-être sur la notion d’ “information” que nous sommes en désaccord. Mais pour twitter, il faut reconnaître que cet un outil innattendu en terme de “news”, par rapport à sa vocation initiale. C’est formidable, mais il faut aussi avoir un peu de recul, l’apprivoiser.
Bonne journée, et merci pour votre travail de décryptage quotidien, de qualité.
La propagande pour twitter devient écoeurante à force de répétition, et ça ne prend toujours pas en France en dehors de quelques milliers de geeks (parce que nous avons découvert les SMS quelques années avant les américains?)
CNN: However, as is the case with such widespread dissemination of information, a vast number of the posts on Twitter amounted to unsubstantiated rumors and wild inaccuracies.
Comme des poules affolées dans un poulailler ?
malgré les tests ADN
Famille . Le Maroc condamne un Français à payer une pension alimentaire pour une fille qui n’est pas la sienne.
CHARLOTTE ROTMAN
C’est un père malgré lui. L’ADN le prouve : Mohammed Bellakhdim n’est pas le géniteur de la fille dont a accouché son ex-femme, en 1996, sept mois et demi après le prononcé de leur divorce (dix mois après leur séparation). La justice française l’a déclaré officiellement. Mais au Maroc, pays d’origine du couple, les juges refusent cet état de fait et ont imposé à l’ex-époux le versement d’une pension alimentaire. Ils le condamnent à être père.
Mohammed Bellakhdim est français. Toute sa famille vit au Maroc, son père et ses huit frères et sœurs. Lui est venu en 1989 à Montbéliard (Doubs), pour un BTS. Il y a travaillé dans un bureau d’études de dessin industriel, et est aujourd’hui en mission pour Alstom au Creusot (Saône-et-Loire). Sa vie est ici. Il voudrait que les juges français soient les siens. Eux seuls.
Noce. En 1995, il rencontre une femme de son âge, elle aussi d’origine marocaine. Elle est salariée à Mulhouse (Haut-Rhin). Six mois plus tard, ils se marient. Ils célèbrent la noce avec leurs familles au Maroc. De retour en France, leur union faite «de navettes entre Mulhouse et Montbéliard» ne dure pas. Trois mois après, Mohammed Bellakhdim quitte le domicile conjugal. Si vite ? «Elle commettait l’adultère, je ne suis pas d’une nature à accepter cela», argue-t-il. Il démissionne, repart au Maroc. «Là, elle m’a rejoint, on a essayé de recoller les morceaux.» Sans amertume ni tendresse, il conclut : «C’était impossible. On n’était pas faits l’un pour l’autre.» Ils se quittent définitivement. Lui engage une procédure de divorce, qui aboutit le 2 février 1996. «Un soulagement» pour lui. «Je ne l’ai plus jamais vue. Je ne suis même pas sûr de la reconnaître dans la rue, si je la croisais.»
Retour en France, Mohammed reprend son travail et sa vie. En 1997, il reçoit une convocation au tribunal pour fixer le montant d’une pension alimentaire. Il apprend ainsi qu’il serait le père d’une fille née en septembre 1996 et qui porte son nom. Sûr de lui, il conteste cette paternité. Le tribunal de grande instance de Mulhouse estime qu’«aucun élément n’est produit de nature à démontrer que l’enfant est reconnu comme l’enfant de Mohammed Bellakhdim dans la société, par sa famille ou par l’autorité publique» et ordonne une vérification ADN. Les tests révèlent «deux systèmes génétiques différents». Le 10 juillet 2000, les juges mulhousiens déclarent que «Mohammed Bellakhdim n’est pas le père de l’enfant». Qui doit prendre le nom de sa mère, cela sera consigné en marge de son acte de naissance. L’ex-mari n’est tenu à aucune obligation juridique à son égard. Chaque année près de 2 000 procédures de ce genre sont engagées.
Allaitement. La justice marocaine, saisie par l’ancienne épouse, lui donne raison. En mars 2002, le tribunal de première instance d’El Jadida estime que le jugement français «s’est basé sur les analyses du sang pour nier que la fille soit l’enfant du défendeur mais que ceci est contraire à la loi marocaine et à la tradition musulmane». Il stipule que «le droit de descendance est un droit divin à ne pas dispenser ou nier», et prend en compte que «la fille est née dans le délai légal de grossesse qui est une année après le divorce […] d’où il convient de considérer que la fille est la sienne». Reconnu père, Mohammed Bellakhdim doit payer la pension alimentaire (400 dirhams par mois, 35,5 euros), les frais de garde (100 dirhams, 8,8 euros), et d’allaitement (50 dirhams, 4,4 euros), les frais des fêtes religieuses (1 000 dirhams, 88 euros), et ce à partir de septembre 1996. Il devra aussi payer 1 000 dirhams comme «frais de procréation». Enfin, «le père est tenu d’inscrire sa fille aux registres de l’état civil».
Malgré de nombreux recours, les juges marocains (jusqu’à la Cour suprême, en octobre) ont confirmé ce jugement, estimant la décision française «contraire à l’ordre public marocain». Mohammed Bellakhdim, qui n’a jamais payé, se retrouve en infraction au Maroc. La situation semble bloquée, malgré de nombreux courriers de députés, de gauche et de droite, et des réponses polies des cabinets de Rachida Dati et Bernard Kouchner.