[fr] La lente et certaine disparition du Geek
par Ouriel Ohayon 17 novembre 2008

L’expression qui me sort le plus par le nez après le Web2.0, c’est le qualificatif anglais de Geek. Comme le Web2.0 il s’agit d’un terme usé à outrance pour qualifier une personne ou comportement spécifique dans le domaine technologie, une sorte de monstre qui est le seul à faire des choses que personnes d’autres ne fait et ce par obsession. Le Geek est aujourd’hui perçu comme un malade dont le traitement ne peut être que la désintoxication. Il y a différente chose qui me lasse dans cette expression que j’utilise par convention à défaut d’un meilleur terme (personne n’a pensé ou réussi à traduire ce terme anglo saxon). Au delà de la connotation négative c’est le sous entendu désignant un épiphénomène comportemental. Or je pense que la Geek attitude (dont nous allons parlé un peu ci-dessous) est en train de devenir totalement caduque et que sous peu ce terme disparaîtra du language notamment à cause de la génération Y.

Le Geek, un monstre social

Posez la question autour de vous, tout le monde répondra la même chose: l’acception du terme Geek n’est pas très positive. Son origine pourtant n’est pas si négative que cela. Le Geek à l’origine est une personne passionnée par ce qu’elle fait dans de nombreux domaines, parfois de manière obsessive. Il ne s’agit pas uniquement de technologie mais de tous domaines. Je ne sais pas comment l’usage s’est restreint à une perception négative et un environnement technologique mais force est de constater que c”est ainsi (et encore plus dans la blogosphère). Pour ne rien arranger à la chose l’une des principales sociétés américaines de support informatique s’appelle Geek Squad et a certainement participé à cela.

En d’autres termes le Geek est un monstre obsédé et déconnecté de la réalité qui vit sa passion de manière intense et presque maladive. Rassurez vous non Geek, si vous en croisez un vous le reconnaitrez au premier coup d’oeil. Aucune preuve de contagion n’étant établie il vaut mieux se méfier quand même: Au cas où

Juste pour faire un tableau caricatural: le Geek passe 25/24 devant son ordinateur, il est de préférence développeur, il joue à la PS3 tout le temps, ne parle pas, ne sors pas, communique uniquement via messagerie instantanée ou IRC, mange des pizzas, bois du coca, test tout ce que bouge et est un expert du détail de ce qu’il utilise. Ah oui j’oubliais, il utilise Twitter et les réseaux sociaux.

Je crois que l’on nage dans l’imprécision et le flou artistique. En fait personne ne sait vraiment définir et décrire un Geek. Uniquement peut être par petits morceaux et exemples mineurs. Pour une raison simple: le Geek est à mon sens un mythe social confondu pour la plupart du temps avec des notions très différentes: les passionnés, les obsessifs, les curieux, les boulimiques.

Cette distinction n’est pas si évidente aujourd’hui mais elle va le devenir avec le temps. Jetons un regard en arrière pour bien comprendre l’impertinence de cette expression et la nécessité de préciser. Je vois 3 niveaux de lectures: Géographique, Générationnel, Temporel.

Lecture Géographique

Si vous avez voyagé vous avez réalisé à quel point l’usage des ordinateurs et du web est différent selon les pays. Puisqu’il faut simplifier alors simplifions: l’usage des pays occidentaux est plus intensifs que cela des pays africains où les ordinateurs et le web n’est pas encore aussi bien intégré dans le quotidien. Pour eux les français devraient être des Geeks puisqu’ils ont un usage très avancé du web. On est toujours le Geek de quelqu’un d’autre alors? Non les français ne sont pas des Geeks, mais des utilisateurs relativement avancés. En ajoutant une perspective géographique on peut lire et comprendre ce terme de manière différente.

Lecture Temporelle

Prenez votre propre usage du web ou de la technologie à ce jour et comparez le à celu que vous aviez il y a quelques années. Indéniablement vous êtes un utilisateur plus avancé et quelque part vous êtes devenu le Geek de vous même. Avec le temps on découvre de nouveaux services (hier l’email demain les réseaux sociaux) et certains deviennent clés et créent une dépendance. Je me souviens de l’époque où l’on désignait les bloggeurs comme des Geeks. Quelqu’un oserait il dire cela encore aujourd’hui? Elle est plus ou moins marquée selon les personnes mais nous avons tous un germe qui se développe et qui nous rend potentiellement “Geek”. Si ce n’est pas sur la technologie ca peut être d’ailleurs sur un autre domaine. Avez vous une passion? et êtes vous obsédée par cette passion: vous êtes un Geek!

Lecture Générationnelle

Parents restés assis: vos enfants sont tous des Geeks. Ils sont tous nés avec l’ordinateur et l’utilisent de manière virtuose. Ils adoptent les nouveaux services en un rien de temps, n’ont plus besoin des manuels d’utilisation et des guides d’usage, utilisent les jeux vidéos les plus complexes en un rien de temps et vous laisse scotchés sur votre fauteuil. Oui, la génération Y devrait être perçue dans sa quasi intégralité comme Geek. Mais c’est une erreur, il y a une évolution de comportement qui amène le nouvel utilisateur moyen à une relation bien plus symbiotique et naturelle avec la technologie que celle nous autres adultes avons connu.

Mais alors si la nouvelle vague est toute entière Geek, ce terme aura t -il encore un sens demain? Demain à vos enfants s’ils se considèrent comme Geek et regardez leur visage.

Conclusion

La notion de Geek est trop restrictive, négative et n’est que toute relative: Elle masque une réalité complexe et en pleine évolution. Elle bien souvent inutile quand elle placée dans un contexte géographique temporel ou générationnel. Nous sommes tous le Geek de quelqu’un. Et du coup il n’y a pas de définition absolue. Pire, il n’y a pas de définition et l’usage du terme devrait un jour disparaître sous l’impulsion d’une nouvelle génération.

L’usage du terme est souvent utilisé par faiblesse, fainéantise ou manque de vocabulaire et d’esprit de jugement à mon sens. Il faut distinguer le passionné qui vit pleinement la chose, le curieux qui s’intéresse et aime découvrir, les boulimiques qui ont un besoin de consommation intensive et les obsessifs qui ont créé une dépendance vis à vis de leurs outils. Le fait d’être un early adopter (qui pourrait être un passionné ou un curieux) par exemple n’a rien d’un comportement de Geek. C’est même très différent. Il faut aussi ajouter ce niveau de lecture.

Prenons le micro blogging pour donner un peu de perspective. Comscore donne 5 millions d’utilisateurs à Twitter avec une jolie croissance mais il faut y rajouter les 100 millions d’utilisateurs de Facebook qui utilise le service de mise à jour de leur statut sans parler des autres réseaux sociaux avec des fonctionnalités équivalentes. Peut on dire que le micro blogging est un service de Geek? Barack Obama est il lui même Geek? CNN qui source ces actualités sur Twitter est elle devenue Geek? Non. Nos comportements évoluent et deviennent plus sophistiqués. Il suffit de prendre un peu de recul pour comprendre qu’à terme la base de savoir commune sera plus importante.

Il y aura toujours des personnes plus passionnées, curieuses ou obsessives que d’autres. Mais je parie que le terme de Geek ne devrait pas durer longtemps sur cette planète.

Et vous lecteurs de TechCrunch France vous considérez vous comme des Geeks?

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  • “La génération Y devrait être perçue dans sa quasi intégralité comme Geek”

    Malgré une adoption évidente du support informatique par cette génération, il suffit de se rendre dans les facultés, et établissements d’études supérieures pour se rendre compte que les étudiants de cette génération là ne sont pas si doués avec par exemple l’outil extraordinaire qu’est l’internet.

    Sinon Jacques Villeret dans Le dîner de con… oui… bon.

    • t as ete dans quelle fac Laurent?

      • J’ai été dans un IUT de gestion, une faculté des sciences économiques, j’ai vu à côté celle de droit. La seule fois où j’ai vu des gens de ma génération être dans leur ensemble portés sur l’outil internet, d’une manière intelligente, et ouverte, çà a été vis à vis d’étudiants en école d’informatique…

  • La définition du Geek est très claire :

    http://en.wikipedia.org/wiki/Geek

    “a peculiar or otherwise odd person, especially one who is perceived to be overly obsessed with one or more things including those of intellectuality, electronics, gaming, etc.”

    Le problème c’est que tout comme le Web 2.0, le terme a été utilisé à outrance par des médias qui ne comprennent rien à ce dont ils parlent. C’est peut être à ça que cet article fait référence ?

    Mais les descriptions réalisées dans les chapitres “Géo”, “Temps” et “Génération” ne correspondent pas à celle du Geek. Mais plutôt à celle de l’utilisateur expérimenté ou qui le devient, mais qui n’a rien à voir avec un Geek car il manque à cet utilisateur sa caractéristique principale : l’obsession.

    Pour connaître le sens d’un mot, je crois qu’il faut ouvrir un dictionnaire et non pas lire des articles sur divers blogs ou média…

    D’ailleurs le terme Web 2.0 est également parfaitement décrit et clair mais uniquement dans l’esprit de personnes averties.

    • Ca fait plaisir de voir des gens qui se renseignent réellement avant de parler.

      Le geek c’est en effet le passionné à l’excès dans différents domaines, mais pas dans tous non plus. Il n’y'a pas de geeks des mots croisés.

      Maintenant, comme pour tout, il est normal que ce terme évolue et il faut accepter qu’aujourd’hui il définisse les passionnés d’objets technologiques quand hier il définissait les passionnés de la technologie qu’il y’a derrière.

  • hum, le terme “geek” à en effet pris une nouvelle teinte et est employé a toutes les sauces…
    Pour moi le geek, le terme véritable est la personne qui à sût se rapproprier la technologie, et la considerer comme un outil, qui lui sera utile.

    Non le geek n’achete pas un iphone, non le geek n’utilise pas twitter, ceux là ce sont les “nouveaux geek” ceux estampillé geek par le biais des médias, pour mieux les cibler commercialement parlant, leurs donner une identité de consommateurs.
    Justement parce que ce terme désigne les personnes qui utilisent de manière intelligente, les objets, que les choix d’achat sont reflechis, alors en étendant ce terme à d’autre on leur donne l’illusions que leurs achats compulsifs ont été justifié, qu’en tant que “geek”, ils ont claqué de la thune dans un appareil qui leur était vraiment utile (alors qu’il est juste plus beau, mais à moins de fonctionnalité)

    A quoi reconnait ton un “vrai” geek d’un faux? regardez ses gadgets, si ils sont plus beau qu’ils n’ont de fonctionnalité, c’est le faux geek, celui qui consomme, et est plus esclave de ses gadgets qu’il ne les maitrise.
    Le vrai geek lui preferera par exemple acheter un telephone gros et moche, mais qui réuni en un seul objet toutes les fonctionnalitées dont il a besoin + les balbutiemment des fonctionnalités emergeantes pour eviter qu’il n’ai a dépenser encore 2 ans plus tard pour avoir ces fonctionnalitées.

  • Bah voui, je suis un Geek !

    Et d’ailleurs j’espère que cette article est complètement faux car sinon le “merveilleux” nom de mon blog sera vite has been !
    :(

    Sinon pour moi le geek c’est une personne qui utilise le téléphone pour parler de téléphone … En fait c’est c’est plutot “nerd” ça !

    • Je suis de la génération Y , et je ne me sentirai pas provoqué si l’on dit que je suis geek. Je dirais même plus, j’ai l’impression que le terme de geek autour de moi reprend progressivement son sens initial : “passionné”.
      C’est pourquoi d’ailleurs j’ai appelé mon tout récent blog “geek de lecture”, alors j’espère moi aussi que cet article ne soulève qu’une petite partie du voile :) et que le terme de geek prend au contraire petit à petit une place positive dans notre conversation.
      J’approuve les nombreux commentaires qui soulignent la différence entre nerd et geek, bien que la différence soit souvent ténue dans l’esprit de ceux qui les emploient.

  • Pourquoi s’adresser sur ce billet à des non-geeks ? Il n’y a que des geeks qui lisent TC ;-) A part, bien sur, les investisseurs mais en ce moment, ils ont d’autres soucis…
    Signé un vrai/faux geek early adopter… Ah la France, il faut toujours faire rentrer les gens dans des cases…

  • Je me positionne moi-même dans la “Génération Y” (1985), et c’est vrai que même si nous sommes plus geek que nos ainés, il est peut-être poussé de dire que notre génération “dans sa quasi intégralité” devrait être perçue comme geek.

    À mon grand regret d’ailleurs, je constate que l’engouement de notre génération pour le web s’est quelque peu tassée ces dernières années par rapport au boom d’il y a 5 ans, où “l’internet pour tous” était encore considéré comme une révolution, ce qui je pense à été le levier de sa démocratisation au grand public. Aujourd’hui, alors que la majorité des foyers sont connectés, on devient bien sûr chaque jour plus geek qu’hier, mais la propagation semble se stabiliser. Je ne base mon point de vue sur aucune étude, ni aucun sondage, mais uniquement sur ce que je vois des habitudes d’utilisation de ma génération…

    Comme le souligne Laurent, ce n’est pas le fait d’être ce cette génération qui fait de facto de nous un Geek, et beaucoup de personnes de cette tranche sont clairement au contraire des noobs : certaines personnes de mon entourage “Y” ont encore du mal à se servir d’une simple boîte mail.

    Autre phénomène intéressant : les jeunes sont aussi moins naïfs sur le côté Big Brother des réseaux sociaux comme facebook, et ont donc tendance à davantage contrôler leur image sur la toile.

    Cela dit, je ne réagit que sur un point d’un billet qui reste comme d’habitude d’une grande qualité. Très instructif. ;)

  • J’ajouterais à la liste des définitions celle du ‘web entrepreneur’…mais celui-là s’éveillera lorsque le ‘geek’ s’éteindra.

  • Moi je suis fier d’être un geek, je n’est pas à en avoir honte, oui je passe plus de temps devant mon ordinateur qu’avec ma femme (comme 99% des employés de bureaux d’ailleurs), et je ne perçois pas le mot Geek comme péjoratif au contraire… pour moi c’est un emblème que je porte fièrement.
    Ensuite 75% des gens qui se disent Geek ne le sont pas, c’est pas parceque tu passes ta vie sur facebook que tu es un geek (plutôt un nolife je dirais), car par définition est un geek est un passionné mais aussi un créateur…
    cf http://www.lagrottedubarbu.com un vrai podcast vidéo par les geek pour les geek
    Longue vie aux Geeks…

  • “programmateur”? Non je suis geek et développeur, à la limite programmeur, mais en aucun cas un outils pour mon four…. Venant d’un site sur la technologie, ça fait mal aux yeux.

  • Il y a beaucoup de confusion entre Geek et Nerd

    Le Geek dans sa version autiste tel qu’il est caricaturé aujourd’hui n’est pas un Geek mais un Nerd. Les 2 termes existent et décrivent 2 états bien différents, même s’ils sont trop souvent amalgamés :)
    Le Geek reste un gentil féru de techno un peu snob dans sa quête du gadget et de la dernière tendance et en cela gentiment risible, alors que le Nerd prête moins à rigoler, il est juste dans un autre monde sans beaucoup de passerelles avec la réalité alors que les geekitudes finissent souvent par déborder sur le grand public.
    Nerd est beaucoup plus péjoratif socialement que Geek, même si le Nerd est plus “intelligent” et moins fashion victim que le Geek.

    wikipedia pour Nerd : personne solitaire et intelligente, à la fois socialement handicapée et passionnée par des sujets liés à la science et aux techniques.

    • Guillaume excellente distinction. Erreur commune en effet

    • Je confirme, il y a souvent confusion. Ma copine et moi, on se présente comme un couple de geeks, et c’est plutôt perçu comme quelque chose de valorisant à priori. En tout cas, on hésite pas à en jouer énormément.

      L’expression “Nerd” n’est par contre quasiment pas utilisée. C’est certainement du à sa difficile prononciation par les français, relativement proche d’un autre mot plutôt familier.

  • Idem que Plop, il faut remplacer “programmateur” par programmeur, c’est une coquille qui peut porter préjudice :)

  • Le terme m’énerve aussi mais pas de cette façon, il est aujourd’hui utilisé à tort pour toute personne qui aime la technologie, alors que son vrai sens tourne autour d’un vrai passionné qui y consacre en effet le plus clair de son temps.

    Et j’aurais tendance à rejoindre d’autres commentaires sur la génération Y : ce terme ne veut rien dire, ce n’est qu’un joli terme marketing créé pour essayer de regrouper sous un même comportement une génération complètement hétérogène en termes d’usages. La génération Y n’existe et je sens que d’ici quelques années, on aura le droit à un article nous expliquant à quel point ce terme t’énerve…

    Et ça vient d’un jeune de 22ans en plein dans cette GenY, qui a fréquenté l’une des principales écoles IT françaises située dans une ville étudiante très dynamique, et qui a constaté que seule une minorité correspond à la description faite de cette nouvelle génération…

  • le geek avec la technologie c’est un peu comme le membre de l’autoclub avec la voiture

    l’automobile a beau exister depuis plus d’un siecle, il y a toujours des fans passionnés

    Aucun risque que la population geek disparaisse à mon avis. surtout avec toutes les innovations qui nous attendent !

  • Salut Ouriel,
    Geek, c’est une expression que j’aime beaucoup moi, justement parce que chacun a sa définition -ou plutot parce qu’il n’y a pas de véritable définition-

    Du coup, pour simplifier la chose, je dirai que “geek” est un synonyme de “accro à Internet et aux nouvelles technos”.

    Adoptons la geek attitude :-) Les geeks ne disparaitront pas car ce qui les intéressent n’est pas forcement intéressant pour Mr ou Mme tout le monde qui n’en a rien a faire pouvoir allumer la lumière de son appart via un message sur Twitter… Alors que le geek lui adore le concept…

    Finalement, le geek, c’est un peu la version “consommateur” du hacker (au sens premier du terme - bidouilleur)

    Longue vie aux geeks :-)

  • Les geek existaient bien avant les nouvelle technologies. Pensez au rolistes par exemple, aux accros des comics ou du ciné. Je me considère comme geek au sens premier du terme avant tout car je suis un gros fan de l’univers Star Wars par exemple (au point de m’acheter des réplique en taille réelle de costume ou d’arme de la saga par exemple), fan de SF et de Fantasy, je passe pas mal de temps sur des jeux vidéo sur console et je suis pourtant rebuté par toute forme de programmation (bien que webdesigner et inforgraphiste)… Pensez au film “Waynes World” ou à Retour vers le futur (et j’en passe…) , hymnes du geek porté au nues bien avant l’ère internet.

    Je pense que l’image que vous donnez du geek est justement celle colportée à tort et travers par les medias actuels qui confondent, le geek, le nolife, le nerd, le freak et la fashion victime… Bon je vous rejoint sur le point que finalement seules les personnes avertis feront la différence mais au fond est-ce si important?

    Les geek se reconnaissent entre eux et quelque soit l’image qu’il véhiculent ils s’en fiche puisqu’a la base le phénomène se veut comme une forme de contre-culture. Ou plutôt une sous-culture de l’effet consommation de masse. Ou comment donné plus de valeur à certains objet réel ou non qu’il n’en n’ont en les chérissant, les collectionnant jusqu’à les sacralisés (figurines, collectibles, ou plus simplement replique de film…)

    Finalement si l’on respecte ce sens premier du geek, on peut l’appliquer au nouvelle technologies: pour reprendre votre exemple de l’Iphone… un vrai geek n’ a pas un Iphone pour avoir un Iphone et parecque ça fait bien, mais plutôt parceque c’est un afficionado d’Apple depuis 20 ans. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde et c’est la que le terme est galvaudé.

    Pour conclure, certes le terme devient completment désuets à force d’être seriné à toutes les sauces mais, le geek ne disparaitra pas à moins d’un désinteressement total des personne pour la culture. Car finalement c’est ça un geek, c’est quelqu’un qui porte un intérêt certain pour un ou plusieurs produits culturel particulier mais qui surtout reste ouvert à tous les autres d’où l’esprit communautaire du geek. Esprit que la technologie actuelle favorise grandement du coup.

  • Please, il serait de bon aloi de remplacer “programmateur” par “développeur”, dans le pire des cas “programmeur”. Mais là, j’ai soudain l’impression que “l’élite du web” (hum…) assimile mon travail avec le machin qui sert à programmer le radiateur de ma salle de bain.

    Venant d’un blog tech réputé comme TCfr, ça me semble pour le moins ubuesque…

    Il y a eu effectivement de nombreux amalgames de tous bords concernant le Geek. Personnellement, je suis développeur et cette appellation de “Geek” ne me dérange pas, bien au contraire. Je déteste, par contre, être appelé “informaticien”.

    Oui je suis un geek, et comme Babozor, je suis fier d’en être un !

  • Geek est comme tous les mots “fourre-tout” à la mode (ou tendance comme on dit aujourd’hui).
    Il en va de même pour Bobo, politicien, DD (développement durable - et pas du lapin), vert (même pour une machine moins polluante qu’une autre).
    Bref, un mot qui ne veut plus rien dire.

  • Je rejoins des commentaires précédents, comme celui de Guillaume : belle confusion entre Geek et Nerd (et Nolife, qui est la version non-technophile du Nerd, peut-être) d’une part, et entre Geek et “Ultra-Consommateur” (fashion-victim ?) d’autre part. C’est quand même dommage, pour un article qui se veut explicatif… Alors en effet, les gens confondent souvent le tout, donnant à la fashion-victime technophile le nom de Geek tout en lui attribuant la connotation négative du Nerd.. et c’est bien le coeur du sujet qu’était censé traiter l’article… mais c’est raté car tout est justement mélangé.

    Quant à dire qu’ils vont disparaître, et aux remarques sempiternelles sur la génération Y, je rejoins également d’autres commentateurs sur le fait que les jeunes sont loin d’être aussi pros du web qu’on veut nous le faire croire (je suis une genX, mais j’ai 3 ados genY à la maison, et tout ce qui les intéresse sur le web, ce sont les videos et les jeux, et non les réseaux sociaux, désolée).

  • Le vrai geek utilise elinks sous linux pour lire techcrunch alors la photo de villeret il ne la voit même pas.
    Et désolé mais twitter c’est pas pour les geeks, c’est pour ceux qui ont des macs, ça n’a rien à voir…

    Ne pas confondre geek et fashion victim.
    Le geek s’habille chez thinkgeek lui, a la limite chez lafraise.

  • Le Geek d’aujourd’hui n’est-il tout simplement pas un peu le Villeret du Tunning voiture ? le beauf dans toute sa splendeur quoi…

    Amis geek… allez chercher des allumettes…

  • Moi je dirai quand meme que le Geek à l’origine est un monstre de foire (cf. L’étymologie du même article wikipedia )

    il ne faut donc pas s’étonner de sa connotation négative.

    Évidement, culture post-moderne oblige, l’aspect négatif de cette insulte a su trouve son versant positif. Pas mal de geek se veulent geek et affirment leur différence.

    D’autant que, Magie des reseaux et du “flat world” le geek n’est que tres rarement l’isolé, l’exclus social, qu’il était encore il y a peu. Et la “communaute Geek” de se revendiquer une identité propre, une culture,…

    (Et même plus puisque le geek a récemment joui d’un véritable gain de popularité. j’ai même déjà entendu parler de Geek-chic.)

    Enfin, entre popularité alternative (las marginaux , geek, goth, grunge, punk,… ont toujours la cote a un moment ou l’autre), marketing foireux et journaleux soucieux d’utiliser un nouveau mot, le Geek se confond aussi avec le gamer, la fashion-victim apple, le blogueur lambda et le facebookeux hyperactif.

    Pour moi, en France et en francais, le Geek n’a jamais rien été qu’un amalgame indéfinis, un emprunt irréfléchis et incompris a la culture anglo-saxone (et fortement US).

    Et oui, je suis coupable, comme bcp d’autre, d’avoir use et abuse de cet ectoplasme linguistique…

  • Geek, nerd… Pourquoi ne pas parler de technophile versus technovore (voire technovorace…) ? On devine bien l’image du conso-accro face à celle du passionné esthète. Non?

  • Moi je pense qu’il faut être sérieusement geek pour se lancer dans une conversation si passionnée à ce sujet, et pour défendre la notion à ce point :-)
    Ouriel, je sais que ton ordi est ton outil de travail et que le web est ton gagne-pain, mais il faut admettre le fait que l’énorme utilisation que certaines personnes (toi ? moi ?) font d’Internet peuvent expliquer l’emploi du mot geek.
    Selon moi, 80% des gens qui ont Twitter sont plus dans le comportement geek que dans l’utilisation pertinente de ce service, qui est une porte ouverte sur “l’égo geek”.

  • Avant, un geek était un nerd. Aujourd’hui, c’est un mec qui a de la thune et qui la dépense dans plein de gadgets technologiques, donc, forcément, c’est devenu quelqu’un de beaucoup plus cool !! (pour la pub et pour le marché, j’entend) ;-)

  • Je ne crois pas que le geek va disparaître, au contraire, le terme est en train de rentrer dans le langage courant et auprès du grand public, en même temps que les mots “Facebook”, “réseaux sociaux”, etc
    On sort du réseau des initiés pour devenir mainstream et du coup je pense qu’on en a pour un moment, la preuve, il y a même un show de Tvréalité aux USA intitulé The Beauty and the geek, et TF1avait envisagé son adaptation en France…

    • Eric si tu avais vu cette emission tu aurais vite compris qu il ne s agit pas d un Geek mais d un Nerd. Elle d ailleurs affligeante

      Le Geek va disparaitre dans sa forme actuelle qu’ on le veut veuiile ou pas. Pour deux raisons: il évolue, il n’est plus un OVNI isolé mais un etre social commun.

  • Bonjour, je suis moi même un geek et je confirme les propos d’Eric. Le geek s’infiltre petit à petit dans la vie de tous les jours.
    Et je remarque même que certaines personnes s’engeek sans s’en rendre compte. Par exemple les filles qui passent 5h par jour sur facebook….
    Aller au plaisir!
    Un geek heureux dans un monde de Nerdz

  • PI : programmateur est l’objet qui permet d’executer des programmes et non la personne qui ecris le programme.

  • moi ce qui me gave encore plus l’évolution d’internet ces dernières années, c’est que n’importe qui peut se prendre pour un sociologue ou un politologue. cet article est le plus bidon que j’ai lu depuis un bon moment. déjà tu omets de parler de la caractéristique principale du geek : la dépendance. c’est ce qui fait la principale différence entre le super-user et le geek. y a un tas de gens autour de moi qui utilisent facebook ou myspace, qui ont un iPod ou un iPhone et qui maîtrisent l’email et le surf, mais qui n’en ont rien à battre de twitter ou de ces trucs de geek. bien sûr les gens de notre génération (enfin, je suis plutôt génération X que Y perso…) sont très à l’aise avec l’outil internet et la technologie en générale (téléphones, balladeurs, mp3s, APNs, etc.), pourtant tout le monde n’en est pas dépendant. je bosse dans les NTIC mais si je pars à la campagne pendant 3 jours et que je peux pas checker mes emails, ça va pas me rendre malade…je maitrise l’outil mais je n’en suis pas dépendant. tu saisis la différence?

    en outre ta comparaison avec l’afrique m’a fait doucement rigoler, parce qu’encore une fois, tu confonds super-users et geeks, mais surtout tu omets de signaler que si les africains n’utilisent pas autant le net, c’est aussi parce qu’ils ne peuvent pas. certains africains n’ont pas de toilettes - sont-ils sales pour autant? pensent-ils que nous européens sont plus propres?

    ta comparaison temporelle est bidon aussi. la vraie question c’est pas la nature de ce qu’on utilisait il y a 5 ans, mais la dépendance qu’on avait aux technologies il y a 5 ans. j’ai pas l’impression d’être plus dépendant aujourd’hui qu’il y a 5 ans, et c’est ça le sujet. pas ce que je faisais sur internet.

    pareil, ta comparaison générationelle tombe tout de suite à l’eau dès qu’on étudie la question sous l’angle de la dépendance. y a des gamins de 17 ans qui vont passer leur vie sur le net, et d’autres qui vont y être beaucoup moins dépendants, même s’ils savent utiliser un email et regarder une video sur youtube.

    je pense aussi aux filles de mon âge, qui sont très à l’aise avec leur ordinateur, leur facebook et leur email, mais qui jamais ne verront l’intérêt d’un service de geek comme twitter.

    enfin voilà, tout ça pour dire que ton analyse est une blague. ça m’agace pas mal de voir ces blogs où n’importe quel pèlerin se prend pour bourdieu ou chomsky, mais n’est pas capable d’aligner 3 phrases sans faire de faute d’orthographe ou de conjugaison.

  • Je suis d’accord avec Eric aussi ; c’est tellement tendance d’être geek de nos jours qu’on en met à toutes les sauces. Le geek dans sa définition initiale disparaitra, mais bcp vont se découvrir (voire se découvrent) geek, tout comme M. JOURDAIN faisait de la prose sans le savoir, d’après la nouvelle acceptation véhiculée par les medias.

    Et pour les nostalgiques des geeks et autres nerds d’antan, il reste toujours l’innénarable Revenge of the nerds, avec Anthony EDWARDS.

  • Je cite l’excellente émission de Canal+, Suck my geek, sur, justement, la culture geek : “Il y a autant de définitions du geek qu’il y a de geeks dans le monde”.

    Et je trouve ça particulièrement juste et pertinent. Car la culture est faite d’un canevas de tout un tas d’éléments, que tout un chacun peut adapter à sa sauce (en vrac gadgets, Internet, SF, ciné, musique, fantasy, jeux de rôles, jeux vidéos, etc), comme le soulignait sushitronic.

    Le terme geek n’est pas traduit, certes. Mais peut-être est-ce parce qu’il est intraduisible. Il colle à l’esprit, alors il marche. Gardons-le.

    Ensuite, pour faire partie de cette fameuse “Génération Y” (89), je sais parfaitement, car je suis encore à la fac, que nous sommes loin d’être tous experts en NTIC. Oui, de manière générale, nous savons tous plus ou moins nous servir d’un ordinateur, oui, beaucoup d’entre nous sont sur Facebook, certes c’est évidemment incomparable avec la génération précédente au même âge, mais il faut surtout pas généraliser, loin de là.

    Voilà. Vu le nombre de commentaires et leur teneur, le débat fait rage, c’est très intéressant :)

  • Les vraies questions sont: ” combien de temps reste-t-on un geek aux yeux des autres ? ” & ” who’s the geek ? ”
    “Qui est le con des autres” en quelque sorte…
    Un peu comme cette photo de Jacques Villeret que tu as choisie pour illustrer ce billlet , mon cher Ouziel, mais qui témoigne avant tout de ton adhésion à l’inconscient collectif qui aura finalement rendu à cet acteur une dimension de comique…lui qui savait encore bien mieux adapter au cinéma des rôles marquant des reflets de la tristesse humaine. Il en ai peut être mort d’avoir été pris …pour un geek ???

    Dans mes souvenirs de high-school et d’universités américains on disait aussi facilement dans les couloirs: “what a geek”
    …pour celui que la collectivité voulait bien désigner comme un c.. !!!!

    Demande à Thierry Lhermitte qui est le plus con des deux !!!

  • Allez! Une considération de geek! Dans les détails! Un programmateur est une machine qui sert à inscrire un programme dans une mémoire. Un programmeur est le geek qui écrit le programme. Pourquoi le geek? Parce qu’il est passé de l’autre côté, du côté obscur dans lequel les gens cherchent à comprendre et à faire par eux-mêmes.

    Dans un sens, toute personne qui fait un effort pour comprendre est un geek. Je le vois comme une sorte d’élite d’un domaine. De l’informatique en général ou de la macro dans Excel, de la comptabilité ou du marketing.

    Tout à fait d’accord pour oublier ce mot qui n’a pas de valeur ajoutée et de le remplacer par le mot adapté en fonction du cas de figure.

    Je commence : Je suis passionné et curieux, ce qui me rend parfois obsessif.

  • +1 Eric
    Bon je ne vais pas faire mon aoler et développer un peu, ou plus exactement tenter d’apporter quelque chose de nouveau.

    Si vous ne voulez pas lire tout le pavé, en voici l’argument : Internet a été fait par et pour des geeks.

    Ce qui me frappe, lorsque je lis les descriptions que font les geeks d’eux même, que ce soit sur le net ou dans Suck My Geek, c’est qu’il s’agit de personnes ayant développé une hyperspécialisation dans un domaine - le jeu de rôle, Linux, un CMS… A cette hyperspécialisation s’opposer des difficultés plus ou moins grande a entrer banalement en contact avec d’autres personnes.

    Le mot “geek” (ou “nerd”) a été très utile a des personnes qui se sentaient, pour des raisons réelles ou imaginaires, a l’écart des autres. Elles ont pu ainsi avoir une un mot qui désignait et surtout mettaient en commun des sentiments et des évènements qui étaient difficiles à vivre. C”est faire fierté de ce qui autrefois faisait souffrir selon le mécanisme d’identification à l’agresseur. Etre rivé à un ordinateur et se passionner pour des lignes de code était source de moquerie ? J’en fais le blason de mon identité ? Etre incollable sur le Seigneur des Anneaux ou les mérites comparés de Spiderman et des X-Men nourrissait des rêveries solitaires et stériles ? Voilà maintenant la preuve de la richesse de mon monde interne

    Et puis Internet était arrivé. Le geek a pu rencontrer le geek. N’oublions pas que une des toutes premieres mailing list était SF-lovers et il est a peu près évident que le premier net a été construit par et pour des geeks. D’ou des problèmes de cohabitation lorsque les aolers sont arrivés.

    Là, à l’abris offet par la “digital divide”, les geeks ont pu se retrouver et découvrir d’abord pour eux que ce qui était une marque d’ostracisme pouvait être aussi souce de créativité.

    Et puis, le neoliberalisme a fait de cela ce qu’il fait de tout : du commerce. Tout devient geek. Sous entendu : tout est de l’or. Alors que ce qui était précieux dans la “geekitude” était justement que les choses n’avaient pas de prix - est ce que cela a un prix de collectionner les numéros de Strange -, on assiste a un retournement. Toute passion devrait être rénumératrice. C’est bien entendu un faux argument, permettant le “crowdsourcing” - entendez l’esclavage volontaire auquel nous nous soumettons dans nos réseaux sociaux pour enrichir quelques compagnies. Ce n’est pas pour rien que le mot “marque” revient si souvent ces temps ci…

  • Appellerons-nos aussi les premiers petits africains adeptes de l’ordinateur à 100 $$$ des geeks ?
    Les geeks (les C —): c’est INTEL qui ne les aura jamais livrés !!!

  • Au boulot, on me surnomme le Geek, et je suis même présenté à d’autres comme tel!
    Pourquoi? car je bouffe du net 24/24, ce qui permet d’être au courant avec les autres ( mes collègues ) de pleins de choses, qui vont du futils au plus pertinent!

    Quand un collègue me demande ” tiens, tu connais pas un service qui permet de…” dans les 5 minutes; il a un mail avec plein de référence, et c’est là que j’entend ” tu me fais peur geek…”.

    Loin d’y voir une insulte, j’y vois un qualificatif propre à mes compétences, qui rajoute une plus value à mon boulot!

    Bref, je suis un “geek”, un internophage, un veilleur attentif, un mordu de techno, des bidouilles qui servent à rien, etc… et j’en suis fier!

    On a tous besoin d’un geek…

  • Je rejoins l’avis de steakknife : cet article est assez raté et survole le sujet sans le connaître.

    Sushitronic (et TiBo) décrit beaucoup mieux le phénomène. Les “geeks” tels qu’ils se sont fait connaître sont des gens qui partagent une partie de la même culture : BDs, Comics, SF, Jeux de rôles… et plus tard jeux vidéos et Informatiques. Ils ont leurs références, leurs icônes. Souvent caricaturés premiers de la classe introvertis et frustrés, l’image du geek n’a rien à voir avec les ados saturant leurs MSN de “kikou lol sa va?” ou les jeunes trentenaires “has tagged you on a photo” de Facebook.

    Je répète ce qui a été dit mais il y a toute une culture derrière le “geek” qui ne se résume pas aux comportements consuméristes de certains d’entre eux.

  • le nerd/geek est à la mode aujourd’hui, vive Judd Apatow !

  • En tant que journaliste qui tient un blog consacré à ce sujet sur lefigaro.fr, je me permet d’apporter quelques précisions/avis:

    * Sur l’étymologie du mot, elle remonte un peu plus loin que ce qu’en dit Wikipedia, et on trouve des occurrences chez Shakespeare. Et il semble bien qu’à la toute première origine, le mot ait la connotation d’idiot ou d’imbécile. J’avais commis un billet plus complet sur le sujet qui se trouve ici: http://blog.lefigaro.fr/hightech/2008/01/-geek-tentative-detymologie.html. Donc, au sens étymologique, le Villeret du Diner de con est plutôt pertinent.

    * La définition du geek à la française (passons sur les “book geek”, “trains geek” “military geeks”) est extrêmement flou. Dans ce billet, c’est essentiellement le volet “technologique” du geek qui est abordé. A l’inverse, dans “Suck my geek”, cet aspect est presque totalement absent, et le doc se concentre sur l’aspect culturel StarWars/Trek/Jdr/Jeu vidéo. Avec mon collègue, on a considéré que l’un n’allait pas sans l’autre, et on aborde donc la culture ET la technologie, parcequ’on pense (sans en avoir vraiment la preuve d’ailleurs), qu’il y a une certain corrélation entre les deux, même si l’on peut effectivement être passionné de nouvelles technos sans connaître Star Wars par coeur, et inversement. Et effectivement, un early adopter qui se jette sur le dernier Twitter-like ne suffit pas à mon sens à définir un geek.

    * Je crois vraiment que ce mot n’est plus si péjoratif, y compris dans les citations dans les médias mainstream (qui effectivement se multiplient). Le fait que des gens se revendiquent de cette étiquette en est la preuve. On a “le journal du geek” mais définitivement pas “le journal du taré, de l’asocial ou de l’obsédé”. Disons qu’aujourd’hui dire qu’on aimait Star Wars ou les jeux vidéos en milieu pro, voire familial, c’était un tout petit peu comme avouer qu’on avait chopé une maladie vénérienne. C’est l’est moins voire plus du tout selon les milieux.

    * Sur la génération Y, je ne crois pas un mot de cette histoire. Si les plus jeunes ont effectivement un rapport plus naturel à la machine, reste qu’il n’y a toujours par tranche d’âge, qu’une minorité qui se passionne vraiment pour le sujet et fait de la high-tech un centre d’intérêt et non un simple outil. C’est pour moi toute la différence entre ce qu’on entend par “geek” et “non-geek”.

    • heureusement qu’il y a encore des gens qui maîtrisent leur sujet, et qui maîtrisent la langue française aussi d’ailleurs…merci pour cet éclaircissement.

    • Mais justement Laurent ce mot a force de deformation dans le paysage mediatique a perdu tout son sens. Il est toujours dans sa grande majorite percu comme negatif.

      Sur la génération Y je crois que tu es en decallage; Toutes les etudes et le simple sens de l observation montre a quelle point les jeunes generations sont technophiles et adoptent les nouvelles technologies a vitesse grand V.

      • Des études montrent de façon récurrente que les jeunes ne sont pas technophiles : la transmission culture n’est pas assurée automatiquement sous prétexte que l’on est “jeune” ! Combien de “jeunes” confondent la barre d’adresse de leur navigateur avec le champ de recherche de google ? Combien de “jeunes” savent paramétrer leur programme de mail ?

        Oui, des jeunes adoptent les technologies a la vitesse grand V. Et oui, souvent, ils gobent l’idéologie qui va avec. Et oui, il est des jeunes qui ne sont pas technophiles par goût ou par manque de moyens.
        Pour ce qui est de “geek” il est normal qu’un mot, parce qu’il devient courant, change de sens.

      • C’est la vie des mots que de changer de sens selon les personnes et les époques. Geek est loin d’être le seul mot à avoir un voyage sémantique un peu biscornu…

        Quant au “paysage médiatique”, j’aimerais bien savoir ce que ce terme recoupe. Les dernières citations du mot geek dans la presse francophone dont je me souvienne n’avaient pas toutes le même sens. En revanche, à ma connaissance, le “geek” n’a eu qu’une seul couv’, celle du gratuit “A Nous Paris” avec effectivement une association geek/chic, si je me souviens bien. Pour la “grande majorité”, même interrogation que pour le “paysage médiatique”. Par qui et où ?

        Les “déformations”, comme tu dis, ne sont pas à trouver dans les médias, mais bien chez les usagers eux-mêmes, cf les premières références sur Usenet, vérifiables dans les archives Google. Ce ne sont pas les médias qui en premier ont décrété “être geek, c’est cool”. Ce sont des gens qui, entre eux ou sur le web, ont dit “Oui, je suis un geek et je trouve ça cool d’en être un”. S’il n’y avait pas eu de tels exemples, on aurait jamais appelé notre blog “Suivez le geek”.

        Sur la génération Y, je ne conteste pas qu’elle soit plus perméable au changement technologique rapide. Ce que je conteste, c’est son homogénéité. Il y a (et je crois, il y aura toujours) une caste qui est en avance, qui s’intéresse aux entrailles de la bécane, qui va la moder, la dépiauter, la trafiquer. Ce sont ces gens (associé au facteur culturel, je le souligne) qui constitueront les geeks de demain. J’ajoute que notre génération était plus rapide que la précédente à “muter”, qui était elle même plus rapide que la précédente, qui était elle même plus rapide que la précédente, etc, etc… Le changement technologique s’accélère, les humains s’adaptent.

      • @Yann j attends de voir avec impatience “tes etudes” car tout sur le web indique le contraire depuis l explosion des reseaux sociaux aux jeux en ligne genre club penguin et bien d autres sans parler de l usage a outrance des telephones portables

      • @Laurent il y aura toujours des usagers plus avances. Dans tous les domaines. Cela ne remet pas en cause mon observation. ceux que l on considere etre des geeks aujourd hui ne le seront pas demain

    • Up pour rebondir sur le côté très Français de ce post.

      il me semble qu’un tel amoncellement d’idées reçues et de fausse interprétations, voire de contre sens se retrouve beaucoup moins chez nos amis anglo-saxons.

      Que ce soit sur la toile ou dans des séries comme “The IT crowd”, “The Beauty and the Geek”, “Eureka” ou autre “The Big Bang Theory”, il s’agit globalement de la même définition:
      - A la différence du Nerd, le geek est fier d’être un geek
      - Le geek est effectivement considéré négativement par les non-geeks. L’excellente apparté etymologique de Laurent le confirme. De plus, la définition du croqueur de poulet vivant est très largement diffusée (sauf en France).
      - Le geek n’est pas accro à un domaine, il est accro à l’expertise du domaine. Dans tous les cas, la stimulation du geek est d’ordre intellectuelle et pas consumériste.

      En clair, collectionner les téléphones portables high-tech ou les ipod ne fait pas un geek.
      Hacker le firmware de son téléphone, ou l’utiliser comme client ssh l’est.

      Je n’ai personnellement jamais vu aucun geek utiliser Twitter et la plupart de ceux que je connais (et j’en connais), y compris moi-même, évitent les sites trop mainstream comme FaceBook.

      Alors pourquoi le français ne parvient-il pas à trouver une traduction correcte à des termes comme nerd ou geek ?
      Mon hypothèse (qui n’engage que moi), est culturelle. L’histoire littéraire française à toujours valorisé, Cartésianisme oblige, la capacité intellectuelle. La toute puissance des filières scientifique et notre système de grandes écoles l’illustre bien.

      Il ne me semble pas connaître de terme français qui soit à la fois dénigrant et impliquant une intelligence certaine.

      Cette hiérarchie de valeur n’existe pas chez nos ami anglo-saxons, qui considèrent aussi importantes des qualités comme le charisme, la créativité ou la sociabilité.

      • Un de mes lecteurs a attiré mon attention sur le mot cher à Pagnol et aux Marseillais “fada”. Comme “geek”, il est applicable pour l’idiot, le fou (”ce type est complètement fada”) mais aussi pour le passionné de (il est fada de qqchose). Je crois que c’est le seul terme français pouvant s’en approcher.

    • 24 heures sont passées sans que je vienne rejeter un oeil sur le “fameux geek”.
      Le moins que l’on puisse dire c’est que ça ne sait pas arrangé cette discussion. Et Ouriel qui en remet une couche … (Snif Snif!!!)

      En tous cas merci Laurent de m’avoir confirmé dans la compréhension que j’avais du mot geek. Ton étude, ton exposé , ton renvoi vers le blog du Figaro auquel tu contribues si j’ai bien su te lire et une certaine intelligence dans ton écriture ont heureusement su triompher de la navrante bêtise d’une trés grande majorité des commentaires numériques laissés sur ce blog/tchat ces derniers 48H.

      Tu m’a bien confirmé dans l’idée que je me faisais du geek et du sens linguistique que j’avais bien su capter chez mes petits américains à l’occasion de mon passage de 10 années sur ce continent.
      Un peu d’intelligence dans cet entretien sémantique m’a fait beaucoup de bien au cerveau. Le mal de tête me gagnait !!!

      A propos “fada” c’est aussi “simplet” dans les rues de Marseille.
      Vé y’en a des fadas. “Les fadas de l’année prochaine sont déjà arrivés” aurait dit Coluche.

      Quant à Ouriel, je ne saurais trop lui conseiller d’abandonner le genre dans le seul but de meubler les pages de son blog au quotidien.
      Qu’il se concentre sur ce qu’il sait faire de mieux c.a.d. la veille de la soft-tech pour des passionnés…comme moi. Il risquerait finalement de perdre une certaine popularité qu’il semblait avoir développée chez certains internautes. J’accorde moi-même et depuis fort longtemps une bonne petite heure quotidienne à l’excellent travail qu’il a su développer autour du Web 2.0 et des autres thèmes qui s’y réfèrent.

      En ce qui me concerne, je me régale depuis longtemps d’étre un nouveau petit geek-mulot (vs. rat/souris) des bibliothèques numériques dans lesquelles je trouve souvent les meilleurs ouvrages explicatifs aux questions que l’Homme se pose et sur les thèmes les plus variés.
      je suis finalement de plus en plus souvent de cette race des “nouveaux geeks” qui se font un malin plaisir de fermer la gueule à la génération-XYZ…en mal de zapping et si peu finalement de culture(s).
      Peu importe même la langue ou le pays du zappeur fou.

      Villeret n’aurait pas voulu que ces films fussent regardés puis “zappés” comme le dernier porno de Angela-Gorge-Profonde .
      Ce constat il avait déjà dû le faire.
      Il nous a donc quitté précipitamment. Adieu l’ami !!!!

      • Merci Brice pour tes conseils mais si tu crois que la popularite est ce qui motive mes billets je crois que ca fait un moment que j aurai ferme boutique. En revanche j ai une mauvaise nouvelle pour toi. il va y avoir beaucoup d autres billet dans le genre.

        Et au passage ce que je sais faire le mieux, c est les omelettes aux champignons

  • Je répond souvent à l’accusation “geek” que je suis un “power user”. nuance. Un utilisateur avancé n’est pas forcément obsédé, mais bon certains ressentent le besoin de dénigrer ce type de compétences pour se rassurer.

  • Je suis d’accord avec toi sur les différents niveaux de lectures du mot geek, en particulier au niveau générationel.

    Les jeunes d’aujourd’hui sont tous des geeks pour leurs parents sauf qu’ils ne connaissent pas ce mot.

    Par ailleurs, un geek peut être aussi bien une fashion victime des nouvelles technologies qu’un programmeur qui ne sort jamais de chez lui.

    Et c’est ce que j’aime dans ce terme, tout le monde s’y retrouve.

    Ils peut être positif chez les uns et négatif chez les autres et vice versa.

    Le terme évoluera surement encore et je serais curieux de voir comment les linguistes en parleront dans 20 ou 30 ans.

  • Je suis content de voir a quel point ce billet est loin de provoquer l unanimité et a démarré une conversation intéressante qui pointe vers des distinctions importantes

  • @Ouriel
    Pew Internet is your friend
    http://www.pewinternet.org/ppf/r/166/report_display.asp

    “Fully half of all teens and 57% of teens who use the internet could be considered Content Creators. They have created a blog or webpage, posted original artwork, photography, stories or videos online or remixed online content into their own new creations.”

    Il faut aussi prendre en compte l’envers des chiffres. Cela nous laisse un gros 43% de “non content creator” et parmi eux il en est qui seront illétrés pour ce qui concernet Internet. Illétrés, cela veut dire ne rien connaitre de l’histoire du réseau, de ses dispositifs, de ses langages, de ses cultures. Et au train ou vont les choses, la vie de ceux là va devenir compliquée.

    Bref, une option geek au bac sera bientôt la bienvenue
    Ca nous laisse quand même un gros 43%

  • Les geeks sont mort, vive les geeks.

  • Je rejoins l’avis de ceux qui pensent qu’être geek ce n’est pas seulement être sur Facebook ou twitter.

    La plupart des gens utilisent des applications ou des sites mais ne vont pas plus loin.

  • ce qui est bien avec toi ouriel, c’est que tu te remets toujours en question, que tu acceptes la critique, et que jamais tu ne prends un ton préemptoire ou irrespectueux. c’est beau.

  • Moi je suis Geek et je l’assume !
    Twitter OUI ! je suis accro.
    Pizza Coca… oui encore !
    IRC, oui, oui, oui, surtout pour être en relation avec la team de Songbird.
    La PS3, non beurk !
    Je suis aussi fan de SF (Star Wars, Terminator), fan de gadgets.
    Je ne suis pas Apple-addict.

    Par contre, il ne faut pas assimiler les geeks à des “gamers” ni à des “no-lifes” !

  • Juste pour dire : “On est toujours le Geek de quelqu’un d’autre alors?”
    C’est la même chose pour le troll, pour le coup encore plus péjoratif que le geek. Mais est-ce que le troll, lui, disparaîtra alors ? Hmmmm… réponse dans un prochain billet, peut-être. ;)

  • Voilà voilà voilàààà :)

    Contre-article !!

    http://snurl.com/5pv9w

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