Note d’introduction: Le Web Sémantique n’est pas une expression qui peut se suffire d’une simple définition de dictionnaire. C ‘est une notion complexe et en plein développement et c’est pourquoi j’ai accepté la proposition de Nicolas Cynober concernant ce post sur le sujet. Nicolas tient un blog bien informé en la matière et nous propose un éclaircissement nécessaire. Nicolas est ingénieur pour PearlTrees
Bonne lecture
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Alors, en un mot, qu’est-ce que le Web sémantique aujourd’hui? Le Web sémantique est le prolongement naturel du développement passé du web : une étape qui s’inscrit dans la continuité des précédentes et le rendra simplement plus interconnecté et plus ouvert.
En quoi le web sémantique est-il un prolongement naturel?
Le terme « semantic web » est utilisé depuis 1994 par Tim Berners Lee, l’inventeur du web. Le quoi ? Le web… Pas 2.0, pas 1.0, le web. Un ensemble de technologies permettant de créer une page web n’importe où dans le monde et de la partager avec n’importe qui. Un ensemble de technologies créant un environnement propice au développement d’une vision : un nouveau média social. Invitation à lire ou relire « weaving the web » (en) sur la création du web. Pour réaliser sa vision Berners Lee créera le HTML, le protocole HTTP et le premier navigateur web. Un premier navigateur qui pouvait éditer chaque page web à la manière de wikipedia. Nous sommes alors en 1990.
Le web sémantique est l’aboutissement de la vision de Tim Berners Lee. La deuxième étape dans la constitution de la toile. La création d’un nouvel environnement où l’innovation et les usages auront loisir à se développer et révolutionner la manière dont nous communiquons. Cette évolution naturelle est donc celle de son créateur : Tim Berners Lee.
Oui, mais alors le web sémantique c’est quoi ?
Cette question m’a été posée un nombre de fois incalculable en 1 an. Et c’est malheureusement une question sans réponse. C’est comme si vous aviez demandé en 1990 pourquoi les gens voudraient créer des sites webs personnels? Je peux toutefois vous donner quelques éléments de réponse, quelques pistes, car le web sémantique sort progressivement de l’ombre. Il s’est même passé beaucoup de choses pendant cette année 2008.
Le premier changement est la médiatisation du web sémantique autour de quelques produits et acteurs de référence. On retrouve SearchMonkey (Yahoo), Twine, Powerset (Microsoft), OpenCalais (Reuters), DBPedia, le projet DataPortability ou encore l’API « Google Social Graph ».
Autre évolution majeure : les différentes briques technologiques du web sémantique arrivent à maturité. Equivalent des HTML et HTTP des débuts, les RDFs, SPARQL et autres OWL, trouvent des terrains d’application de plus en plus nombreux. L’URI restant la clé de voute du web
Le rôle de ces technologies est fondamentalement très simple. Elles permettent de partager et d’enrichir tous types de données de manière structurée. Les applications webs deviennent alors hautement interconnectées dans un sens que l’on ne mesure pas encore. N’importe qui peut venir s’intégrer dans cet écosystème, se connecter à une de ces bases de données, remixer l’information et la rediffuser à ses utilisateurs ou à un autre site web. Le web se transforme petit à petit en une seule base de données géante, standardisée. C’est la vision. Certains utilisent alors les termes de « web of data », « linked data », « Giant Global Graph » ou encore « web 3.0 ». C’est le web sémantique d’aujourd’hui.
Mais les plus belles promesses du web sémantique résident dans les possibilités offertes par OWL, un langage permettant des raisonnements automatisés sur l’ensemble de ces données structurées. Le web deviendrait alors une bien meilleure base de connaissances pour les moteurs de recherche et les agents intelligents. C’est le web sémantique de demain.
Un exemple d’application possible aujourd’hui?
Il s’agit pour le W3C de la deuxième étape dans la construction du web et les bénéfices anticipés sont multiples. Selon moi le premier impact et champ d’action devrait être l’identité numérique. Nos identités sont actuellement retenues par chaque site web. Nous ne maitrisons plus notre image, nos connexions sociales, nos données. Le web sémantique est l’opportunité de laisser aux utilisateurs la possibilité de migrer toutes leurs informations où ils le veulent, de libérer leurs données, de les répandre ou bien de les contrôler. Plus de profils à compléter ni d’amis à inviter, sur chaque nouveau site que vous visitez vos informations vous accompagnent.
L’ouverture des réseaux sociaux est un premier sujet, beaucoup d’autres implications sont à prévoir. Des moteurs de recherches sémantiques, au microblogging vertical, en passant par les Mashups de seconde génération. Sans parler de la publicité hautement contextuelle…
Conclusion
La route est encore longue. Les intérêts de beaucoup d’acteurs ne sont pas dans l’ouverture et le web est devenu un environnement particulièrement systémique.
La force profonde qui permettra au web sémantique de se développer reste très certainement la démocratisation du web. C’est elle qui nous pousse sociologiquement vers plus d’ouverture et plus de partage. Alors peu importe le nom qu’on lui donne, le web sémantique ou la portabilité des données devient jour après jour une réalité.






à lire également sur le sujet:
http://www.telecom.gouv.fr/rubriques-menu/organisation-du-secteur/dossiers-sectoriels/web/web-semantique/357.html
Je trouve humblement que c’est une très bonne présentation
Une image que je trouvais pas mal pour illustrer l’évolution du web et la logique / l’intérêt du web sémantique :
http://blogs.nesta.org.uk/photos/uncategorized/2007/07/26/semantic_web_2.gif
Il faut signaler aussi que beaucoup d’acteurs de la recherche française travaillent sur des projets de recherche visant à développer le “Web Semantique”. Comme le projet WebContent : http://www.webcontent.fr
Tout ça parce que j’en parlais dans le commentaire sur la conférence du LeWeb
J’ai vraiment mérité d’y aller…
Très bon article et bravo à M. Cynober pour ses propos clairs et précis.
C’est un peu dommage de marteler que la paternité du web incombe à Tim Berners Lee particulièrement si l’on considère sa dimension sémantique.
Jetez par exemple un oeil au travaux de Ted Nelson dans les années 70, il avait alors grandement contribué a étayer la théorique ainsi que l’aspect technique. De nombreuses parties de sa vision du web (plus complexe que celle de Tim) ne sont toujours pas implémenté dans le protocole HTTP:
http://en.wikipedia.org/wiki/Project_Xanadu#Original_17_rules
bonjour.
Veuillez me communiquer tout ce qui concerne le “web sémantique et les base de données”.
absdak@caramail.com
Merci.