Si vous êtes un éditeur de grande, moyenne ou petite taille (bloggeur compris) vous connaissez bien le problème: votre contenu est souvent repris de manière illicite par d’autres sites, parfois de manière automatique, soit via RSS ou “page scrapping” (lecture de la page) et est reproduit de manière intégrale. Cela peut poser plusieurs niveaux de problèmes: le premier étant que votre contenu sera indexé dans Google par un autre site qui ne fait pas référence à vous parfois mieux que votre propre site. Résultats: les lecteurs ne savent que vous avez écrit cette note et pire, le site en question peut faire des revenus sur votre dos en plaçant des publicités sur sa page et sans même vous renvoyer du traffic ou pire sans même donner un crédit nécessaire à votre travail.
Attributor, une startup américaine lancée il y a quelques mois aux USA (voir notre billet d’origine) ouvre aujourd’hui son service en France (site pas encore traduit) et quelques autres pays européens, veut aider les éditeurs à résoudre ce problème. Attributor permet d’abord d’identifier les sites qui reprennent vos contenus en analysant votre site et en temps quasi réel et le mettent en regard avec leur index de pages pour trouver des similarités. Attributor vous fournit un tableau de bord avec les sites contrevenants avec un certain nombres d’informations utiles: ces sites placent ils un lien vers votre contenu, monetisent ils la page en question et si oui avec quel réseau publicitaire
Une fois le problème identifié Attributor vous donne les moyens d’agir: solliciter le retrait de votre article (du site lui même ou directement -et mieux encore - depuis le moteur de recherche), solliciter un lien auprès du site copieur (qui dans beaucoup de cas suffira à résoudre le problème car tout le monde ou presque aime les liens) en retour pour optimiser votre référencement, vendre une license de votre contenu (à mon avis pas très utile), solliciter le retrait du site auprès du réseau publicitaire servant à monétiser le site (par exemple Google Adsense)
Leur technologie fonctionne pour le moment avec le texte et est en version d’essai avec des fichiers images, sons et vidéos. Il s’agit d’un service payant qui peut couter relativement cher (quelques dizaines à centaines de milliers d’euros) et est dirigé de facto à des éditeurs de taille importante qui observent un grand manque à gagner via la copie de leur contenu. Mais l’équipe d’Attributor prépare une version pour bloggeurs qui sera lancée sous peu
Attributor et le marché Français
En France, pour le moment, Attributor couvre 200 sites d’actualités et plus de 50 000 blogs. Cela leur permet d’ajouter environ d’ajouter 90 000 nouvelles pages en français sur leur service. Attributor nous a proposé de faire un test avec quelques billets originaux de TechCrunch France pour savoir qui sont les enfoirés sites qui copient notre contenu. Ci dessous quelques captures d’écran de billets reproduits. Queques conclusions intéressantes produites par Attributor sur fr.techcrunch.com
- 73% des copies ne mettent pas de lien en retour (35% sur TC.com pour information)
- 59% de ces sites ont des publicités (62 sur TC.com)
- En moyenne 50% du contenu est copié (soit 107 mots) - 56 sur Tc.com
- Chaque billet est copié environ 8 fois en moyenne - 94 sur TC.com
Concernant les sites copieurs je les avais d’ailleurs déjà dans le collimateur car ils se permettent en plus de faire des trackbacks sur TechCrunch France (ils sont depuis un moment mis en blacklist sur Wordpress et leur trackback n’apparaissent plus). A ma modeste échelle j’ai observé que cela n’avait que peu d’impact à ce jour sur la bonne continuité du blog et je ne crois que je serais près à payer un service comme Attributor même si je le trouve très utile et très bien. Une offre freemium pourrait peut être me convertir. Généralement quand je repère un problème (ou que quelqu’un me l’indique) je met un commentaire sur le blog en question ou je le mets en demeurre de retirer mon contenu et la plupart du temps cela suffit. Si le site mentionne la source et le lien d’origine cela me va aussi. Le reste est si peu significatif que l’effort n’en vaut pas la peine. Je pars du principe qu’un blog ne peut réussir qu’avec une audience fidèle (généralement abonné au RSS ou mise en bookmark). Ces copieurs généralement ne sont pas capables de reproduire l’ame d’un blog et leur succès d’audience et économique est condamné d’avance par le lecteur lui même.
Mais Attributor sera très utile pour des sites de grandes tailles où les enjeux économiques sont capitaux et où ce travail de modération a posteriori est fastidieux et couteux si fait manuellement (disons plutôt impossible à gérer manuellement). D’ailleurs c’est pour cette raison qu’ils ont réussi à convaincre des clients comme les agences de presse Reteurs, l’Associated Press et DPA en Allemagne.
Attributor a levé 20 millions de dollars avec Sigma Partners, JAFCO Ventures, Turner Broadcasting, First Round Capital et Draper Richards.
Pour ceux que cela intéresse CopyScape permet aussi de repérer les copieurs, mais il est moins étoffé qu’Attributor
ps: désolé à tous les twitter friends de TCFR qui ont essayé hier de trouvé le nom du service qui ouvrirait sur le marché français aujourd’hui. C’était pas évident.










La copie est un véritable fléau pour les éditeurs. Je ne compte plus le nombre de site qui se créent à partir de contenu volé sur des éditeurs sérieux et qui arrosent leur site d’espaces adsense, pour se faire de l’argent facile. Ce sont des méthodes de voyous. Les pires sont ceux qui en plus vous insultent ou vous menacent quand vous leur demandez de retirer le contenu. Un petit courrier recommandé suffit en général à calmer leurs ardeurs.
Pour ce qui est des photographes, je vous renvoie aux débats sur ce forum de Flickr (affligeant !)
http://tinyurl.com/3k5tpj
Ah on etait tous tres loin de tomber sur celui la
T’as economise 20Euros!
J’avoue que je joue avec le feu sur Y! MobActus, et je plaide coupable :o|
Pour ma défense, c’est un projet passe-temps et c’est trés passionnant la réflexion derrière le système du Buzz-des-actualités ^^
En 2001, Laurion avait lancé un service du même type (IPium) et rencontré le même type d’acteurs, voire les mêmes dans certains cas. Si la couverture médiatique avait été impressionnante, on ne peut pas dire que le business fut à la hauteur du buzz que cela avait généré. Je souhaite bonne chance aux nouveaux challengers!
Voir http://www.google.com/search?q=laurion%20ipium