Prenez des entreprenautes réputés, un financier, un expert juridique, un accompagneur de start-up, mélangez le tout et invitez-les chez Google dans le cadre des Assises du numériques lancées par le ministre Eric Besson. Puis, suprême ironie, demandez-leur de répondre à la question suivante : le prochain Google peut-il être Français ?
- Catherine Barba, Présidente et fondatrice de Cash Store
- François Bourdoncle, Co-fondateur d’Exalead
- Pierre Kosciusko-Morizet, Co-créateur de Price Minister
- Michel Dahan, Président du directoire de Banexi Ventures Partners
- Cédric Manara, Avocat, Professeur à l’EDHEC, expert sur les problématiques juridiques du Web
- Laurent Kott, Directeur général d’INRIA-Transfert
- Le modérateur Emmanuel Libaudière, Directeur associé de Mar-Tech & Finance
- Pour Google France Olivier Esper, Responsable des relations institutionnelles et Philippe Etienne, Consultant Communication
Voici la vidéo du débat
Vous avez certainement lu des articles sur cette rencontre mais vous allez pouvoir voir la vidéo.
Si l’on regarde sur les 10 dernières années la France n’a pas été capable de créer un Google. Elle a été capable de créer de belles startups qui dans la grande majorité des cas sont des cibles d’acquisitions. Il existe des exceptions: certaines restent indépendantes comme Meetic mais on est loin de Google. Il nous manque encore beaucoup pour y arriver.
Je suis sceptique sur la capacité de la France à produire le prochain Google. Il faudrait que nos universités comme cela a été le cas avec Stanford pour Google, soient plus actives dans le domaine de l’incubation et de l’investissements, que nos startups pensent international dès le premier jour, que la perception du succès en France soit plus positive, que l’Etat facilite la créations des startups et injecte son argent dans des projets dynamiques plutôt que dans des mécaniques lourdes qui veulent copier Google (vous savez à qui je pense), que nos écoles de commerce et d’ingénieur ne proposent pas une spécialisation entrepreneur, mais diffuse la culture de l’entrepreunariat dès la première année, que nos médias aient plus de respects pour les entrepreneurs qui réussissent mais aussi ceux qui échouent, car l’échec est une étape importante dans la route vers le succès. Bref je crois que nous sommes loin de disposer en France d’un écosystème favorable à la naissance d’un Google Français. Voilà ce que j’aurais dis si j’avais été présent lors de ce débat.
En revanche je pense que nous continuerons à voir de belles entreprises naître ici.
Merci à WebCastory pour cette vidéo que l’on peut aussi retrouver sur TechtocTV, une nouvelle webtv sur l’économie numérique



les liens directs ne marchent pas chez moi, dommage je voulais voir ce qui était dit sur Kelkoo
j’écoute donc la vidéo complète en écrivant ce commentaire, le débat est plutôt interessant
Cela dit, sur la question posée, “le prochain Google peut-il être français” ? c’est une question assez rigolote , il faut sans doute être français pour oser la poser, sérieusement, est-ce que les Italiens ou les Belges se posent une telle question?
Evidemment le prochain Google ne sera pas français. D’abord ce n’est pas demain la veille qu’une société même américaine, va menacer Google, dont le monopole est installé pour longtemps.
Ensuite cet hypothètique concurrent de Google ne risque pas d’être français. La France a loupé les vagues de création technologiques depuis au moins 2 générations, pour des raisons de fond, qui tiennent à l’écosystème comme tu dis, ou plus simplement au système, plus tourné vers la défense des “acquis”, et l’arrosage des “copains”, que vers le soutien à la création de nouvelles entreprises.
Et il faut aussi tout simplement se souvenir que quand un site Internet se lance aux US, en anglais, son marché potentiel est immédiatement 10 fois plus grand que celui d’un site français. Hélas, la France n’est plus le centre du monde …
Alors de temps en temps on fait un colloque, et on se pose des questions rigolotes pour amuser la galerie.
Je n’ai pas encore tout regarder, mais je compte bien visionner cette vidéo en entier dans la soirée.
En tout cas personnellement mon avis se rapproche du tient. A l’heure actuelle (et dans les années à venir) je ne pense pas qu’un Google français (comprendre: une très grande réussite du web) pourrait être créé. Comme tu le dis il y a bien trop de points qui vont à l’encontre d’une telle réussite… et c’est bien dommage.
Je crois qu’Ouriel donne la réponse dans sa question : “Un Google à la Française”.. ce qui implicitiement signifie qu’on s’interroge sur notre capacité même à imiter (un clone de google oui mais français!) plutot que réellement inventer.
Dans l’ordre, il y a ceux qui inventent, puis ceux qui innovent et puis ceux qui copient.
Faire un Google à la française, c’est copier.
Faire en sorte qu’Exalead propose des killer-fonctionnalités et vienne faire de l’ombre à Google, c’est innover.
Inventer c’est autre chose et Ouriel a raison quand il parle de la culture de l’entrepreneuriat, c’est la clé.
Toutefois là où je suis moins d’accord c’est que certaines écoles française la diffuse, je pense en particulier à l’Essec (autopromo) qui doit avoir le plus gros incubateur de France avec des moncv.com, deezer, immobilio.com (re-autopromo), synthésio, .. qui sont toutes des start-up étudiantes.
Bref il ne faut pas voir ce que l’on a pas, mais plutôt ce concentrer sur ce qu’on va faire. Et ici la question de l’écosystème est primordiale, avant même d’avoir des géants français de l’internet, il faudra des mentalités différentes, une meilleure culture de la créativité (et du risque), des fonds de VC qui acceptent de prendre plus de risque (pê grâce à une fiscalité moins lourde), etc..
Oui Jean Baptiste mais avec tout le respect que j ai pour l ESSEC ce n est pas encore cela. Il faudrait un programme plus ambitieux et surtout un programme multiplie sur plusieurs ecoles et universites.
Autre idée pour favoriser la création de startups : permettre à des étudiants qui ont des idees web innovantes de valider des crédits ECTS, qui compteraient ainsi comme des points supplementaires dans leur cursus (on favorise bien l’engagement étudiant associatif ou sportif de cette manière).
Il y a pas mal d’étudiants qui ont des idées de services web, mais très peu réussissent à les mettre en place durant leurs études pour des raisons évidentes.
Je parle en connaissance de cause puisqu’il y a un an 1/2 j’ai créé une sorte de Microsoft(r) Money(r) en ligne (http://www.gobseck.com), au départ pour ma propre utilisation mais plusieurs utilisateurs se sont mis à l’utiliser (400 inscrits aujourd’hui, dont bcp d’étrangers -suisses, canadiens, américains…)
Bien sûr la charge de travail inhérente à mes études m’empêche de le développer autant que je le souhaiterai, et le doyen de ma Fac se contrefiche des compétences de ses étudiants en dehors de ses cours… Alors que la réforme du LMD permet justement de valoriser ce genre de choses en accordant des crédits spécifiques aux gens qui ont des projets en dehors du banc de l’amphi !
“Il faudrait que nos universités comme cela a été le cas avec Stanford pour Google, soient plus actives dans le domaine de l’incubation et de l’investissements” :
MERCI DE L’AVOIR ECRIT, OURIEL !
C’est un secret de polichinelle, mais on ne le répète pas assez souvent.
Je suis un bon observateur de cette tendance de l’université et surtout des grandes écoles françaises à se dissimuler derrière leurs propres institutions pour ralentir, de crainte qu’elle ne les débordent (et pour des raisons culturelles), les innovations souvent poussées avec une saine insolence de la part des étudiants.
Stanford avait en 1989, dans les temps préhistoriques du web, poussé un des sites les plus récompensés de l’époque : JOBTRAK, un des ancêtres du Jobsite racheté par Monster en 2000. De mon côté, j’ai tenté d’obtenir le support d’HEC dont le slogan était à l’époque “APPRENDRE A OSER”, un système similaire, mettant en relation écoles entreprises et étudiants ou anciens, sans cacher notre admiration pour le modèle US. La seule chose que nous ayons récoltée ce furent des brimades, du snobisme, des attitudes conservatrices. J’en profite pour souligner que le système était néanmoins recevable puisqu’heureusement l’ESSEC et l’ESCP l’ont soutenu, promu, puis en fin de compte des dizaines d’écoles ainsi que des écoles d’ingénieurs. Etrangement, HEC, Centrale, l’X, étaient compulsivement fermées à tout support, qlors que ce projet les impliquait directement ! Je trouve ça révélateur d’un système sclérosé, paralysé par ses propres excès d’élitisme, et qui serre les fesses et étouffe ses étudiants et leurs projets dans l’oeuf faute de pouvoir les suivre en les comprenant.
Nous avons vendu notre société en 1999 à Monster pourtant, et malgré l’adjonction de moyens conséquents, la jalousie et la bêtise ont continué à prendre le dessus.
Sur cela, nous devrions en effet modifier nos mentalités et porendre exemple sur l’excellente culture de l’encouragement, si propice à l’innovation que l’on trouve dans les universités US.
Pourquoi se pose la question ? Ce que j’aime dans notre beau pays, c’est, à l’instar du fait que nous sommes la patrie des droits de l’homme (cf hier), nous sommes également la patrie du débat.
Pendant que nous nous posons toutes ces questions et que nous débattons, les autres agissent.
Si nous mettions autant d’énergie à agir qu’à réfléchir, on serait probablement champion du monde.
Par contre, pour moi le débat d’un écosystème favorable n’est pas le bon. En effet, le débat se situe ailleurs. Je pense que c’est un problème culturel. Quand on crée une entreprise en France, on manque d’ambition. Je suis dans une start up dans un domaine très brick nd mortar comme on dit, le conseil. Quand je dis que nous avons la volonté de devenir un acteur national du secteur, les gens sont surpris. Pourquoi ?
De plus, il ne faut pas confondre la Silicon Valley avec le reste des US. C’est une exception dans un océan de normalité qui ressemble plus à chez nous …
On en revient toujours à la racine du problème : les français parlent français.
[...] lisais mes flux RSS, je suis tombé successivement sur 2 posts très différents : le premier sur TechCrunch et le second sur Presse-Citron. Par association j’ai lié les [...]
@Ouriel
Pour immobilio, j’ai bénéficié d’un fort soutien de l’Essec et je trouve le système (incubateur, fond d’amorçage, coté académique) vraiment performant. Là où je trouve qu’il y a un manque c’est plutôt dans le secondaire (voir même au primaire).
La sensibilisation à l’entrepreneuriat devrait avoir lieu pratiquement dès le primaire, un peu comme avec l’anglais où si tu n’as commencé quand tu étais petit tu garderas toujours ton accent frenchy.
La force des américains c’est qu’ils ont un système éducatif qui incite à être créatif et à “produire”. Tandis qu’en France, nos programmes sont trop scolaires. On assomme les gosses avec des contenus pas toujours utiles vis à vis des besoins, des contraintes, mais aussi des opportunités, du monde réel.
Le système français jusqu’au bac (et aussi en prépa) sert plus à trier et à formater qu’à réellement former et développer les individus. Et c’est pas d’une raffinerie dont on a besoin, mais plutôt d’une pépinière à talents et pour cela il n’y a pas d’âge minimum..
Alors à quand des voyages scolaires (obligatoires!) à Montain view ou Sunnyvale?..
Mais pourquoi personne ne parle du Small Business Act ???
Aux US, les administrations ont l’obligation de faire bosser les petites boites. Cela donne une vrai bouffée d’oxygène pour les jeunes entreprises.
Je pense que c’est beaucoup plus efficace que les aides européennes par exemple, qui ont bien du mal à atteindre les startups…
François
[...] comme beaucoup d’entre vous, j’ai suivi ce sujet (ici en [...]
L’analyse d’Ouriel est en grande partie bonne, sauf à mon avis du coté des formations. Nous disposons d’excellentes écoles d’ingénieurs qui soutiennent la comparaison avec celles des USA, même si les plus réputées en France ne sont pas forcément les meilleures du fait en particulier d’une certaine prétention qui nuit à l’ efficacité de ceux qui en sont issus. Par contre il y a effectivement une quasi absence de culture entrepreuneuriale, et il est vrai que d’une part les entrepreneurs sont très mal vus (au delà du discours on manque d’entrepreneurs, il faut tout faire pour les favoriser, … une fois l’étape de création passée, on tire ensuite à boulets rouges sur ceux qui se lancent, et pire encore sur ceux qui réussissent et qui échouent. Quant on manque d’investisseurs, ce n’est que le pendant de cette absence de culture du gout du risque
je ne fais pas reference à la formation mais à l’implication des ecoles et universites dans la création, incubation et investissement
[...] Peut-on créer un Google à la française? - Techcrunch Fr [...]
[...] lien de la vidéo sur techcrunch. [...]
C’est une vaste blague cette question. En France on peut se targuer d’avoir des réussites dans des niches comme Meetic ou Netvibes et ? mais de là à oser espérer produire une entreprise de la dimension de Google
En France on a des cerveaux, qui se barrent aux US. Le problème vient des institues financières complètement larguées en HighTech, elles ne comprennent rien, parlez leur de Linux pour voir, et elles portent en Dogme que les USA sont les seuls à pouvoir innover.
Il n’y a qu’à revoir comment Larry et Sergey ont obtenus leur premier fond auprès d’un fondateur de chez SUN tout en étant encore étudiant ; cela relève du fantasme en France.
La France est moisie depuis longtemps il n’y a rien d’autre à espérer et à ajouter.
Pour rappel : http://actu.abondance.com/2003-37/anniversaire-google.html
En France c’est un conte de fée aux USA c’est une réalité…
Non Fredix cette question n est pas reellement une blague. En France on sait, dans d autres industries creer des geants mondiaux, dans l alimentaire (Danone), le Luxe (LVMH), L automobile ou les cosmetiques mais curieusement pas dans le web. les raisons sont assez evidentes et beaucoup sont mentionnees dessus. Je ne crois pas que les choses vont changer de si tot car il y a trop de resistance aux changements importants en France a tous les niveaux. Mais peut etre sur la prochaine generation…
Dans certains secteurs historiques on sait faire, je dis pas le contraire. Pour l’informatique grand public on peut en effet espérer attendre 2 générations, surtout celles qui sont dans les banques et les DSI.
Autre exemple, Amazon a été créé en 1995 et il lui aura fallu presque 10 ans pour être bénéficiaire. En France avec les charges qu’il y a, même sur une entreprise ne générant pas ou peu de chiffres d’affaires, et avec la pression des banques il est impossible d’attendre aussi longtemps. Dans ce contexte un Twitter Français est impossible.
Et ce n’est pas ce gouvernement qui marche à reculons questions TIC qui prouvera le contraire.
D’ailleurs puisque tu cites LVMH, Bernard Arnault qui est milliardaire en euros où investit-il en HighTech ? nul part…
En face on a un millionnaire en dollard, Mark_Shuttleworth (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mark_Shuttleworth) qui a créé une distribution Linux qui est devenue la plus populaire, Ubuntu. Certes il était déjà dans la HighTech mais entre BH et lui c’est surtout une différence de culture, anglo-saxonne qui n’hésite pas à croire et investir contre Française très conservatrice qui se contente de ses acquis.
Detrompe toi Fredix, Bernard Arnault a beaucoup investi dans le WEB mais a pris une grosse douche froide avec Europ@Web et des investissements comme Boo
Je ne suis pas sur qu il s en soit totalement remis
#5 > “Il y a pas mal d’étudiants qui ont des idées de services web, mais très peu réussissent à les mettre en place durant leurs études pour des raisons évidentes.”
Ca aussi c’est quelque chose de très ancré chez les français : ici on tient tellement aux diplômes que rares sont ceux qui comme Bill Gates, Steve Jobs, Mark Zuckerberg pour n’en citer que trois très connus, ont arrêté leurs études pour se lancer en tant qu’entrepreneurs.
moui, quand je lis l’historique http://www.lexpansion.com/economie/actualite-high-tech/boo-com-ou-l-art-du-cash-burning_98909.html c’est typique des startups grosse tête de l’époque. Tout pour se planter donc, Le web ca se gère pas comme des sacs Vuitton…
Je remarque que les grosses boites qui marchent ont commencé discrètement avec de bonnes compétences techniques internes (ebay, amazon, google, …). Dès que tu as des marketeux, commerciaux à la tête c’est en général mort né.
Tout ceci mériterait un dossier introspectif sur la highTech en France, il y a de quoi dire pour faire bouger les choses je pense.
Ouriel, le problème de la langue se pose beaucoup moins dans des biens de consommation que dans les services.
et pourquoi Eric Besson n’assiste pas à TOUTE la rencontre alors qu’elle concerne exactement ce qu’il est censé améliorer ?
[...] petite découverte en surfant sur TechCrunch (fr), une toute nouvelle webTV sur l’économie des logiciels en France et dans le monde : [...]
Hormis les obstacles que pose le système éducatif français un peu trop hermétique aux innovations et à l’investissement, le problème n’est-il pas aussi, en l’occurrence, la difficulté de créer une imitation de Google qui marchera malgré le quasi-monopole de ce dernier ?… Quels avantages, concrètement, pourrait présenter un “Google à la française” par rapport à ce qui existe déjà ?
[...] Pas encore écouté le débat mais je sais déjà que la réponse est non [...]