[fr] Le web 2.0 adopte la green attitude
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par Ouriel Ohayon 5 juin 2008

Note d’Ouriel: Le billet ci dessous est rédigé par Fred Bordage est journaliste, consultant indépendant et créateur du projet GreenIT.fr qu’il évoque ci dessous et dont nous avons parlé.

Fred Bordage nous propose une analyse très intéressante sur le virage pris par le web face aux nouveaux défis ecologiques. J’a envie de dire qu’il s’agit même plus d’un virage car toute une industrie est en train de se batir pour proposer une économie plus intélligente et respectueuse de nos ressources. Les grands fonds d’investissements injectent des centaines de millions de dollars dans les nouvelles énergies et technologies de recyclage. Le prestigieux fonds Kleiner Perkins, à l’origine de certains des plus grands succès du web vient de créer une activité spécifique au greentech piloté par Al Gore. J’espère que les idées et projets décrits ci dessous aideront la green attitude à sortir de son ghetto et s’installer dans toutes les pratiques de consommation un jour.

Pendant que l’été tarde à s’imposer… le web francophone verdit. De greenzer.fr qui ouvrira ses portes la semaine prochaine à ecolutis.com qui crée des sites collaboratifs de co-voiturage, en passant par des blogs comme QuotidienDurable.com ou greenIT.fr, une nouvelle toile « verte » se tisse peu à peu. Faut-il y voir un nouveau buzz marketing ou de réelles opportunités de business ?

Pour ma part, je pense que cette nouvelle toile verte est un des prolongements naturels du web 2.0. La « génération internet » qui a fait le succès de YouTube et Facebook aspire aussi à un avenir ! De nombreux services en ligne se créent donc pour répondre à leurs attentes. Et ils partagent le même ADN que le web 2.0.

paysant.net

Paysans.net est un bon exemple. Alors que les médias nous rabattent les oreilles avec la baisse du pouvoir d’achat, paysans.net s’inspire du modèle des AMAP pour mettre en relation les producteurs locaux (fruits, légumes, fromages, etc.) avec leurs clients potentiels. Basé sur le modèle participatif cher au web 2.0, les internautes peuvent recommander un producteur. Cette désintermédiation redonne du pouvoir d’achat aux consommateurs tout en augmentant le revenu des producteurs et en défendant une autre vision, plus écologique, de l’agriculture et de sa chaîne de valeur.

Gmail - etikeco.com.png

Certains sites se positionnent en intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs de produits « verts » et équitables. C’est le cas par exemple du Marché Citoyen et de etikeco.com qui proposent des guides d’achat participatifs de produits écologiques et équitables. Etikeco se distingue d’un comparateur de prix traditionnel par sa dimension verte et son modèle participatif. Le Marché Citoyen se distingue par son côté local. Greenzer.fr se différencie avec le greenzerscore, un indicateur bâti en agrégeant les propriétés des produits certifiées par des éco-labels. A terme, le modèle économique de ces sites consistera soit à vendre de la pub en ligne (quelle que soit sa forme), à faire payer le référencement des producteurs et commerçants, ou à devenir des boutiques en ligne.

Loin du modèle de consommation habituel, Freecycle et Good Use encouragent de leur côté l’échange gratuit de matériel de seconde main entre leurs membres. L’idée est de prolonger la durée de vie votre vieille télévision en la donnant ou en la troquant avec d’autres membres. Un service qui pourrait bien intéresser, à terme, un spécialiste de la vente aux enchères comme eBay.

Gmail - ecolutis.png

Ecolutis propose de son côté un service gratuit de co-voiturage pour le grand public (easycovoiturage.com) et des solutions clés en main pour les grandes entreprises et les collectivités locales. Le web devient alors le support indispensable pour partager l’information essentielle entre les utilisateurs de ce nouveau mode de déplacement. Cette approche a déjà séduit de grandes banques comme HSBC ou Calyon et des collectivités locales comme le conseil général des Landes.

Le web devient également un moyen d’étendre le potentiel de certains logiciels ou matériels « verts » installés dans les foyers. L’utilitaire LocalCooling propose par exemple des réglages énergétiques pré-définis pour réduire la consommation des PC. Il encourage les utilisateurs à partager leurs résultats sur Localcooling.com pour donner plus de sens aux actions individuelles. Au total, les 265.000 utilisateurs de LocalCooling auraient déjà économisé 2,8 millions de kWh en installant le logiciel. Le compteur de watts Onzo suit la même logique.

Bien entendu, au delà de ces business modèles centrés sur un changement volontaire de comportement, le web dans son ensemble adopte la « green attitude ». C’est le cas par exemple du site d’emploi Moovement, des hébergeurs comme Amen, et des médias. AlternativeChannel.tv propose par exemple une chaîne dédiée au développement durable tandis que GreenTube.com concentre l’ensemble des vidéos portant sur le développement durable et l’écologie. Les supports sont si nombreux qu’Heaven a même lancé une offre spécifique de régie [note au lecteur: Heaven est la regie de TechCrunch France]

alternativechannel

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