Il est de plus en plus difficile pour l’industrie de la musique d’ignorer les bases mêmes de son économie: des droits d’auteurs quasiment inapplicables et des coûts de production proches de zéro ( le partage de fichiers est très facile). Tous les grands labels ont déjà abandonné les DRM; ils n’ont cependant pas abandonné l’idée de faire payer la musique mais il devient de plus en plus inévitable qu’aussi longtemps qu’il existe une option gratuite, le coût de la musique se dirige vers la gratuité.
On peut être en désaccord et penser que c’est un injuste mais l’on ne peut ignorer que cela finira par se produire. On aura noté aussi que le fait d’offrir le dernier album gratuit de RadioHead n’aura pas empêché les téléchargements sur BitTorrent. Récemment même, Trent Reznor de NIN fut pour le moins depité de voir qu’entre un album proposé pour seulement $5 ou en téléchargement ” illégal”, seuls 18,3% des utilisateurs seraient prêts à payer.
Personnellement, je pense que nous entrons dans une nouvelle ère pour la musique enregistrée et les performances Live. La musique enregistrée deviendra un outil marketing afin d’inciter les gens à aller aux concerts et acheter des produits dérivés. Peut-être moins de revenus dans l’ensemble mais les artistes continueront ainsi de créer et de gagner correctement leur vie.
Toutefois, l’industrie de la musique tente un dernier baroud d’honneur et persiste dans son conservatisme; en demandant la création d’une taxe sur la musique pour assurer les revenus.
Reznor l’a demandé hier en affirmant: “Je pense que s’il y avait une sorte de taxe, nous pourrions dire au consommateur: toute la musique est maintenant disponible pour téléchargement gratuit pour votre voiture ou votre iPod et cela ne coûte que $5 dollars en plus sur votre facture du cable”
Ce n’est pas la première fois que l’on en entend parler. Il y a un an Peter Jenner (le premier manager des Pink Floyd, et des Clash) appelait à la creation d’une taxe en Europe pour la diffusion sur Internet et sur téléphones mobiles; environ 4 livres sterling par mois pour permettre aux utilisateurs de télécharger toute la musique sans DRM. J’avais critiqué ce plan; il me répondit ici.
Mathew Ingram note que des efforts semblables ont été faits au Canada. L’association des compositeurs canadiens a demandé une taxe de $5 dollars par mois.
Les chances de réussite d’une telle idée dépendent des grands labels; si ceux-ci s’y investissent financièrement via de puissants lobbies, cela se produira peut-être dans les années à venir.
Une taxe sur la musique tuera l’innovation
Forcer les gens à acheter de la musique n’est pas une solution. Un tel système (revenus et profits garantis) fait courir un vrai risque à la création et à l’essor de nouveaux marchés. La mort annoncée de la musique.
L’incitation a la création disparaîtra, il restera un marché ultra-compétitif, sans tentative aucune pour créer un marché universel ou pour alimenter des niches moins populaires. Les labels ne lanceront plus de nouvelles marques et n’encourageront plus les jeunes artistes; ils se contenteront de continuer avec les grands noms et empêcheront l’éclosion de nouveaux artistes, labels et compositeurs. L’arrivée de nouveaux artistes constituant une menace pour un marché statique avec une somme de revenus fixe.
Et bientôt les labels se plaindront que les revenus ne sont pas assez hauts et demanderont une taxe plus élevée. Taxe qui augmentera mais ne diminuera jamais.
Comme je l’ai déjà écrit, demander à un gouvernement de subvenir à une industrie en danger n’est jamais une bonne idée. Dans ce cas précis, c’est particulièrement stupide et dangereux.
Note d’Ouriel: je serai plus radical que Michael; c’est la mesure la plus débile que j’ai vue dans cette industrie depuis un long moment. Mettre sous perfusion une économie dont la distribution, les couts de productions et marketing sont complètement bouleversés n’a rien de pertinent. Et je rejoins son point de vue sur les implications de cette taxe qui tuera la créativité et le financement des jeunes talents. Sans parler du fait que les internautes ne vont pas payer des taxes à tous les coins de rue. Sur leur ISP, sur les CDs et DVDs, sur les fichiers qu’ils vont acheter sur internet…. Inventez nous un nouveau modèle et une nouvelle économie de la musique internet sans DRM. Sortez de vos châteaux et observez ce que les nouvelles startups essayent d’expérimenter. Au lieu d’envoyer des lettres de mises en demeure, travaillez avec elles. Réveillez vous..




“seuls 18,3% des utilisateurs seraient prêts à payer.”
Sans marketing, juste sur une rumeur et trois fans sur le net c’est déjà pas mal pour un premier coup… J’aime pas spécialemmnt la zik de Trent je vais pas payer pour. Par contre j’ai quand même tenté, ce que je n’aurais jamais fait sans son initiative. Il faut beaucoup plus d’artistes qui se prennent en main de cette manière.
“Les labels ne lanceront plus de nouvelles marques et n’encourageront plus les jeunes artistes; ils se contenteront de continuer avec les grands noms et empêcheront l’éclosion de nouveaux artistes, labels et compositeurs. L’arrivée de nouveaux artistes constituant une menace pour un marché statique avec une somme de revenus fixe.”
Pour une fois qu’on est en avance sur les US en France…:)
Pour moi cet article souligne la méconnaissance totale que vous pouvez avoir de la production musicale. Je cite ‘des coûts de production proches de zéro’. C’est totalement faux, au contraire, les coûts de production d’un album sont plus élevés qu’il y a quelques années (on parle là de pros). Les coûts de diffusion connaissent par contre une forte évolution (il est certain que la diffusion numérique est bien moins couteuse que la distribution d’un support physique).
L’idée de taxer les fournisseurs internet pour que leurs clients puissent disposer d’un contenu n”a rien de farfelu (et si c’est une option, cela devient pleinement un choix du client). Il est tout de même anormal que les loueurs de tuyaux (les fournisseurs d’accès) engrangent des chiffres d’affaires phénoménaux sur le dos des producteurs de contenu (la musique et le cinéma).
En France, la Spedidam (une société civile d’auteurs-compositeurs) défend cette idée de la taxe. Au contraire, la production de nouveaux artistes est le fer de lance de cette idée. En effet, la crise de diffusion actuelle limite les productions innovantes. Les maisons de disque ont tendance a se recentrer sur des ‘valeurs sûres’ (il suffit de voir la composition du rayonnage de la FNAC, trouver un indé devient mission impossible derrière les 3 rayons de Star Ac’ & Co).
Vous parlez dans le billet d’observez les nouvelles façons de travailler des start-up mais c’est voir l’industrie musicale avec des oeillères : le modèle légal français, Deezer, en est un flagrant exemple. Puisque le site est financé par la publicité, l’audience en est le but majeur ; et là encore ce sont les ‘gros’ qui sont mis en avant (il suffit de voir la liste des titres les plus écoutés…) ; ce au détriment de nouveaux artistes (qui eux ne vont pas générer des milliers de pages vues).
Il faut en effet réfléchir sur de nouveaux moyens de financer la création et la production. Je ne trouve vraiment pas inique de vouloir faire participer les fournisseurs internet et à disjoindre le marché de la musique de l’audimat0
Je ne pense pas que les coûts de production soient nuls ou presque. C’est nier le travail des artistes et des équipes techniques autour.
De plus, une création est rarement de qualité immédiatement : il faut un long travail et une assistance de professionnels : cela se finance également.
C’est la facilité de diffuser la musique qui force la gratuité, à tort. La gratuité pour toutes les oeuvres n’est pas un objectif à atteindre.
Yannis ce n est pas le cout de production qui est proche de zero mais son cout marginal. Une fois le master produit il ne s agit a ma connaissance que de couts de distribution ou d impression (si CD)
Une taxe qui est optionnelle n est pas une taxe mais un service.
Deezer n est qu une des startups et certainement pas la plus innovante dans son modele economique. Observez Sellaband, Spidart, Musana, Pandora, Amie Street et tant d autres…
Votre commentaire souligne une meconnaissance totale de l internet
question:
comment vont faire les artistes qui ne se produisent pas en concert pour gagner leur vie si c’est ça le nouveau modèle économique?
en produisant de la bonne musique par exemple?
“les coûts de production d’un album sont plus élevés”. On parle de cout globaux incluant le marketing etc… ou juste la production “technique et artistique”. Parce qu’il me semble à l’aire du numérique, des “pro-tools”, des home studios (diminuant au moins les couts de pré-prod, même pour les plus grand pros) et des project studios professionnels (versus les énormes structures de studios bien mal en point depuis des années) montés par de vrais passionnés (qui souvent sont des artistes-producteurs), les couts de production ne peuvent pas avoir augmenté. Et au moins on revient à une production artisanale de qualité ou les productions n’ont pas besoin de sortir d’Abbey Road pour être excellents.
Prétendre ça c’est oublier le formidable essor du hip-hop et de la scène électronique qui ont influencé toute la production dans les autres genres (à part peut être le classique).
L’innovation musicale n’a jamais eu besoin de couts de production énormes et ceux depuis au moins Sam Philips et Sun Rds.
Jusqu’aux années 80, le moindre artiste se voyait obligé d’avoir une armée d’arrangeurs, de musiciens … Aujourd’hui il n’y a plus que la variété très grand public qui utilise encore ce modèle …et pour sortir des trucs qui ne font de l’audience que le vendredi soir sur TF1.
A cette époque (et c’est encore le cas pour quelques dinosaures du rock prog ou du métal, cf. l’histoire du groupe Korn avec son album le plus cher de l’histoire qui s’est avéré être le pire du groupe), un groupe passait 6 mois en studio pour de la pré-prod. Ca coutait très cher.
Aujourd’hui un Timbaland dans son propre studio ave trois synthés, un sampler et une boite à rythme, un Jack White dans sa cuisine, un Justice sur son laptop, une Keren Ann dans son salon, un quartet de jazz dans son studio de répé… n’ont plus besoin de ça pour nous faire rêver.
Les “vrais studios” ne peuvent plus s’engraisser même s’ils restent indispensables pour finaliser une prod de qualité.
Les couts de production existent, c’est vrai…Mais, discernons les couts d’une galette (enregistrement et production CD +pochettes), des couts Marketing…
Le premier étant souvent ridicule (il se résume au master) par rapport au second!
Le danger de cette proposition,(j’allais dire abbération), c’est de voir des artistes stéréotypés…Certains artistes ont été purement et simplement lourder par leur label parce que leur musique ne correspondait plus à l’image du Label..
Et l’image de l’artiste?
Enfin, je trouve ça stupide et même pas éthique!
Faut arrêter de penser que toute musique se fait dans un garage avec un pauvre synthé et un PC.
Vous savez, il reste encore des gens qui ne font pas de la musique 100% électro, qui ont des musiciens professionnels, des ingénieurs du son, de la post-production, qui louent un studio professionnel qui n’est pas forcément à 2 mètres de leur cuisine.
Y a pas que le studio : y a des gens aussi.
Et ce n’est pas en citant 4 ou 5 exemples contraires que ça change quoi que ce soit.
Il y a des gens qui sont d’excellents compositeurs et de piètres arrangeurs et de mauvais producteurs. Ceux-là doivent donc mourrir ?
Donc quoi ? Eh bien ce sont les touche-à-tout qui survivront. Donc pas les meilleurs : les moins mauvais en tout…
Mozart aurait-il laissé la trace qu’il a laissée s’il n’avait pas été payé pour son travail ?
Keren Ann laissera-t-elle sur Terre le même souvenir que Mozart ou bien l’aura-t-on oubliée dans 10 ans ?
La diversité (y compris dans sa médiocrité) peut-elle survivre dans un modèle gratuit ? Et si la musique fini par se résumer à 2 ou 3 styles adaptés au modèle économique, que feront ceux qui ne les aiment pas ?
++
La gratuité est compréhensible jusqu’à un certain niveau de qualité (ou de reconnaissance).
Je suis d’accord pour dire qu’il faut imaginer d’autres solutions : le streaming avec droits payés via la publicité ou via les abonnements, le co-financement, les produits dérivés …
Je crois que les flux musicaux en streaming devraient pouvoir être protégés de toute copie (de qualité).
Je suis d accord avec Jena-Guillaume, mais vous supposez deja que les musiciens ont le matos (parfois cher) et savent se servir des Soft parfois complexes. Je connais encore de tres bons musiciens qui comptent surtout sur le bouches a oreilles, qui tournent en studios pour faire les sons ou arrangement de personnes qui n ont pas toujours de groupes et jouent souvent dans plus de 5 groupes pour vivre (de tout type, jazz, salsa, reggae, funk, fusion…).
Les majors sont plus des boites de marketing (ils ne depistent pas grand chose) qu autre chose.
Finalement ce qui va se passer, c est que les albums studio vont devenir gratuits, puis devenir de mauvaise qualite, genre CD demo fait a la maison, car ce ne sera plus la peine de faire 36 pistes en studio pour etre ecouter vite fait 5 fois sur itunes en format zippe… Puis on va regretter les bons vieux LP/CD et on va de nouveau accepter de vraiment (meme si c est peu) pour avoir de nouveau des vrais CD.
A suivre donc…
Hmm toujours amusant de voir s’affronter les défenseurs de la musique et ceux de l’innovation Internet
On peut concilier les 2 je vous assure :p. Mais c’est vrai que la vision de Michael (plus qu’Ouriel) est vraiment très éloignée de celles des musiciens. Et quand même Ouriel, le coût marginal est effectivement proche du nul (enfin dans un système où on ne paie pas sa bande passante, ce qui régulièrement revient comme non vrai) … mais on parle effectivement de coût MARGINAL. Et le coût marginal/variable n’a d’intérêt que quand les frais fixes sont amortis. Et malheureusement il ne suffit pas de faire de la bonne musique (encore que ce soit très subjectif) pour vendre. Tout le monde s’accorde à peu près à dire que les meilleurs vendeurs sont même rarement les meilleurs musiciens.
Aujourd’hui, les artistes français (même indé) gagnent 1000 fois plus des reversements de la taxe pour copie privée (dont je ne suis pourtant pas un fervent défenseur à titre personnel) qu’avec l’ensemble des services de diffusion gratuite (entendre financés par la publicité) sur Internet. C’est malheureux mais c’est comme ça. Ceux qui croient qu’on aura un meilleur choix, une musique de meilleure qualité en la finançant par la publicité sont extrêmement naïfs (et n’ont visiblement rien vu de la concentration du marché et des faibles risques artistiques pris ces 10 dernières années)
[...] l’on ne veut pas être myope, on peut écouter de la musique, avec ou sans taxes. 2008/01/11 @ 12:19, 0 minutes ago | blog personnel web Email This [...]
Oui, l’économie de la musique change, elle a même déjà changée puisque les consommateurs le demandent et il est plus que temps que les acteurs économiques et notamment les artistes le prenne en compte. Maintenant, on ne peut pas switcher en claquant dans les doigts et il faut sans doute un peu d’accompagnement.
Ce qui me frappe, c’est qu’on ne cesse de tourner autour de la licence globale et du concept de gestion collective des droits que la France et Jack Lang avait inventé avec la loi de 1985 (cf Yannis qui parle de la Spedidam et la fameuse taxe sur les supports vierge qui grève les disques durs, ndr). On oublie que cette perception ne sert pas qu’à collecter des droits, mais aussi à financer des fonds d’aide à la création, à la formation ou à l’innovation dans le secteur.
Le comble, c’est que cette idée aie été jettée aux orties fin 2005 en France et qu’on ne cesse de la réinventer, ne serait-ce qu’avec les idées à la noix du raport Olivennes.
Arrêtons donc de parler de taxe et parlons plutôt de contribution à des instruments qui aideront les artistes à faire bouger leur business et surtout à financer la production musicale (et pas l’édition musicale, ce dont du parle Ouriel), notamment pour les artistes émergents.
@ ouriel
Tu as déjà écouté de la musique? croire que c’est le pognon qui fait une bonne compo, c’est craignos…
“Une taxe sur la musique tuera l’innovation”… c’est naîf,
La musique que nous propose les majors ne posséde aucune innovation depuis longtemps.. les artistes ne sont pas des start up… les maisons de disque ne sont pas la pour faire de l’art..
Tu sais Mozart, n’a jamais vendu un seul CD de son vivant!!! si si je t’assure
Pour les coûts de production, ils ont progressé principalement à cause de la hausse de la masse salariale. L’évolution technique a aussi vu de nouveaux profils professionnels apparaître et la technicité de ceux-ci à un coût. Un album ne se fait pas uniquement avec des musiciens (il y a des ingés son, des régisseurs, un réalisateur, un directeur artistique, un directeur de production…).
Les Home studios permettent à des amateurs ou a de jeunes pros d’avoir des maquettes de meilleures qualités mais n’influent pas véritablement sur le monde professionnel (il y a des problèmes d’acoustique qui n’ont de solutions que dans l’utilisation de locaux pros).
@ Ourriel : je ne prétends pas avoir une connaissance universelle du net ; j’alimente la reflexion sur un article qui me semble avoir une vision très parcellaire du problème.
Je suis un professionnel de la production du spectacle vivant (dont la musique) et j’en connais très bien les problématiques (et je ne travaille pas pour des gros labels mais pour des artistes indépendants). Je crois sincèrement que le net est une véritable opportunité de révolutionner le monde de la musique ; particulièrement gâce à la simplicité de la diffusion (comme je l’écrit dans mon précédent commentaire, il est aujourd’hui pratiquement impossible d’être correctement distribué dans les grands réseaux de type fnac pour les ‘petits’, les indépendants.
Par contre, il y a un vrai problème de financement. C’est illusoire de croire qu’on peut produire un album uniquement parce qu’on fait des concerts (on atteint aujourd’hui une limite sur le coût des places de concerts alors que les coûts de production de tournée sont en forte augmentation depuis quelques années, particulièrement en France avec l’évolution des règles de l’intermittence ; la loi économique énoncée par Baumol s’applique actuellement totalement). De fait il est très difficile de dégager des marges suffisantes pour produire un album (la production d’un album s’élévant à plusieurs dizaines de milliers d’€uros a minima, même pour des indépendants).
5€ par mois pour avoir accès à la musique de son choix me semble tout de même largement accessible. Si je prends une offre concurrentielle du marché culturel, le moindre jeu vidéo coûte 70 € (un abonnement à WoW 15 € par mois…).
Les sites qui prennent comme modèle économique de considérer la musique comme un marché financier (Sellaband et autres) ne me semblent pas non plus être une solution.
Peut être la taxe n’est pas la solution optimale mais cette reflexion souligne un nouveau point de vue des majors. Cette fois, plutôt que d’essayer de criminaliser l’écoute de musique, on cherche des solutions qui permettraient à l’internaute de choisir leur écoute légalement et aux artistes de vivre (restera certes à résoudre le problème de la répartition de la taxe).
C’est la théorie des barbares qui deviennent des empereurs.
L’empire de la musique a résisté à plusieurs hordes d’invasions barbares, d’abord les cassettes, puis les CD-R.
A présent Internet et le haut-débit ébranlent le fondement même de cette industrie. Désormais, les médias sont non seulement copiables, mais en plus se propagent via la toile à une vitesse qui frôle l’ubiquité.
De plus, l’arrivée des plateformes de partage de vidéo, les podcasts, les logiciels open-source permettant de compiler ses création dans son garage favorisent l’émergance de nouveaux artistes longtemps cachés dans les sous-bois de la longue traîne.
Jadis, l’industrie du disque a pris un produit immatériel (la musique) et la rendu matériel (disque, CD, etc). Son empire est fondé sur le contrôle du circuit de production et de diffusion. Aujourd’hui, la musique est en train de redevenir le bien « immatériel » qu’il constituait au départ, rendant caduque l’intervention des intermédiaires.
Finalement, rien ne sert de chercher des coupables. c’est l’évolution naturelle des choses.
Les majors auront beau résister, les fondements de leurs forteresses s’effritent. Et les barbares sont plus nombreux chaque jour. Ils devront s’adapter ou mourir. C’est darwinesque…
Je m’y recolle pour le redire : en France en tous les cas, il n’y a RIEN à réinventer. Tout est déjà en place avec la loi de 1985, ne reste qu’à alimenter le fonds avec de nouvelles sources de financement. Encore une fois, c’était l’idée de licence globale, écartée en 2005 etqui revient par la fenêtre aujourd’hui.
Quand je parle d inventer un nouveau modele je ne parle pas de gratuit ni de publicite. Non que ce soit un modele inadequat mais Il existe bien d autres modeles tres pertinent et remunerateur pour tous
Il y a un peu trop d idealistes dans ce debat me semble t il.
@shyboy je suis musicien pour information ton propos est totalement inapropros je n ai jamais dit que l argent fait l artiste. Par ailleurs il y a au mieux un mozart par siecle.
L’année, j’avoue que mon budget achat CD a chuté, laissant place à de nouveaux achats, comme deux concerts par mois, minimum un ciné par semaine, des produits dérivés (vinyls, instruments de musiques et autres).
En tout cas, difficile de trouver une solution à cette affaire.
@shyboy > L’argent ne fait pas la composition, mais c’est ce qui fait la différence entre une mélodie sympa et une oeuvre magistrale.
Mozart composait ses opéras sur son clavecin, mais la musique ne rendait que dans une salle avec une troupe de musiciens… qui ne jouaient pas à l’oeil.
Et puis, le retour “aux valeurs d’antan”, c’est bien joli, mais à cette époque, la culture était un privilège réservé à une élite.
Autant je suis d’accord pour dire que l’attitude des majors avec les artistes est indécente, autant je pense que l’attitude des internautes avec les artistes l’est aussi.
Un jour, on proposera aussi aux gens qui travaillent sur les chaînes qui fabriquent des voitures de n’être payé qu’au pourcentage des ventes sans fixe. On verra s’ils trouveront ça normal.
++
Je parlais des home studio (mais volontairement aussi des “project studio” aussi bien équipé en matos/compétences humaines que les gros studios mais plus artisanaux)pas pour ouvrir la porte à l’éternel “le home studio c’est un truc d’amateur” mais pour signaler que beaucoup de pros utilise cette facilité pour leur pré-production, autrefois faite dans des studios pro.
Il est évident que le home-studio (+ studio de mastering pro) est plus adaptée pour “finaliser” des musiques “sans trop de musiciens” comme le hip-hop et l’électronique. Et n’est donc pas adapté à tout (après il faut raisonner en % de la production globale de nouveaux artistes … il y a combien de nouveaux Mozart potentiels dans le monde ?)
Cependant une génération d’artistes pros de tout style ont accès à un home/project-studio pour préparer leur prod et ainsi diminiuer le cout de production en studio. Certains comme Matthieu Chedid (et son project studio) vont assez loin dans la démarche en n’utilisant que les gros studios à la “Plus XXX” pour le mixage et en faisant appel à des super-pos pour le mastering. Ca leur donne à la fois plus de liberté en pré-prod et un cout plus bas au final. C’est pas un débat de geeks mais une réalité pour des nouveaux artistes, puisque c’est d’eux qu’il s’agit quand on parle de “problèmes liés à la gratuité”.
Maintenant réduction des couts n’est pas “cout nul”. Je réagissais juste au commentaire disant que les couts avaient augmenté (n’utilisez pas l’argument des couts de salaires qui sont plus haut qu’ily a 20 ans, on parle en relatif pas en valeur absolue).
Combien de temps va-t-on entendre les arguments des majors comme :
- produire de la musique c’est cher et nous sommes là pour assurer le financement.
- Radiohead ne serait rien sans nous et notre marketing (ce n’est surement pas entièrement faux mais est-ce encore le cas du futur Radiohead à l’heure d’internet ?)
- Les pirates tuent l’innovation (étant donné que l’innovation est depuis au moins 30 ans le fait de labels indés qui sont loin d’être les plus grandes victimes des grands méchants pirates, cet argument est le pire de tous venant de gens qui ne prennent plus de risques artistiques depuis longtemps).
etc … etc …
La jeune génération (dont je ne fais pas partie) n’en a STRICTEMENT RIEN A FAIRE de vos arguements old-school. Pour eux la musique doit être “accessible gratuitement” et ce sont eux les futurs clients. Les majors doivent comprendre qu’elles n’ont tout simplement pas le choix, il faut des nouveaux modèles économiques prenant cela comme postulat. J’ai du mal à comprendre pourquoi on en est encore à discuter de ça dans l’industrie du disque. Je viens d’une famille ruinée parce qu’ils avaient investi beaucoup dans les salles de ciné et n’ont pas cru à l’explosion du cinéma parlant à l’époque … on est un peu dans ce cas de figure là. C’est ridicule d’autant qu’on en est plus à parler de comportement émergent mais de comportement déjà établi dans tout une génération.
“Je suis d accord avec Jena-Guillaume, mais vous supposez deja que les musiciens ont le matos (parfois cher) et savent se servir des Soft parfois complexes.”
A eux de s’adapter, je vais pas les plaindre… Je n’aime pas cette idée de taxe pour la simple raison que c’est injuste envers les ISPs, qu’on paye déjà beaucoup (copie privée) et qu’en France, la création musicale est pas plus élevée voir beaucoup moins qu’ailleurs !! Donc c’est bidon ce fond à la créa…
Maintenant il faut voir les choses en face, même si ça fait mal: la musique n’a jamais eu aussi peu de valeur, disponible sur les quais, au supermarché, radio, net, tv partout…
Aux acteurs de son industrie de la rendre à nouveau hype et sexy (marché du 5.1 et de la HD audio, créativité autour du surround, live over the net) au lieu de couiner.
Merci Ouriel pour ton article. Je suis tout à fait d’accord avec toi.
Je tiens à signaler au passage et à ceux qui ne connaissent pas que le site Pandora (dont le fonctionnement est expliqué ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pandora_%28webradio%29) possède une réelle valeur ajoutée : musique gratuite, mais pubs OU musique payante (pas grand chose) mais pas pub.
Encore une fois, Techcrunch, continuez comme ça.
Je ne vois toujours pas pourquoi on continuerait de payer un service (la musique) dont la valorisation a toujours été liée avec la performance par rapport à une matérialisation (le disque) qui commence sérieusement à disparaître.
Par rapport au financement je pense que tout ce qui est du domaine artistique ne peut se concevoir que par rapport au mécénat. D’ailleurs il fonctionne à plein régime et plus que jamais dans l’histoire, y compris en musique ; bien entendu je parle d’art et non d’industrie. L’industrie de la musique s’est créée autour de la matérialisation: pourquoi la soutenir si elle ne trouve elle-même plus de raison d’exister ?
On pourrait demander aux maisons de production de musique de payer une taxe pour aider au développement d’internet. Si on ne le fait pas c’est qu’on reconnait qu’on veut faire fonctionner un système qui perd de l’argent (ou plutôt qui n’en gagne pas autant qu’avant) avec un système qui n’a rien à voir mais simplement qui en gagne, sans aucun arbitrage politique (j’entends politique par exercice d’un arbitrage social sur la structure de la société) au passage.
si on ne paie pas pour des fichiers audio, pourquoi payer pour des concerts ? il faut forcer les entrées des spectacles à 50 personnes quand le concert a déjà commencé…
hello
Aujourd’hui chez les majors, un artiste (de notoriété moyenne) touche environs 0,3 centimes d’euros par téléchargement,
je ne pense pas que ce soit la solution pour l’artiste (car c’est bien de lui que l’on parle) l’industrie est tout autre chose, il y a le copinage, les faux interprètes,les faux albums , le fond de catalogue, les coups de bol avec au bout un peu de développement d’artistes )
avant internet, vous en connaissiez beaucoup d’artistes qui gagnaient leur vie en faisant juste la musique qu’ils aimaient faire ?? perso ayant travailler dans le business je n’en connais pas beaucoup.
il faut peut être travailler sur les niches au lieu de trouver la plate forme qui va tuer, et surtout tuer le petit artiste qui ne sera jamais sur la home page.
a ce sujet si quelqu’un dans le tchat est intéresser je serais prêt à discuter de la faisabilité d’un tel projet.
pour l’heure je trouve que beatport ne s’en sort pas mal.
j’ai des poto qui font autant de tune avec beatport que lorqu’ils vendaient leur galettes en vinyle.
le mp3 devrait être gratuit.
et comme il est dit plus haut ce serait con d’aller mixer son disque à abey road pour voir son titre compresser en mp3.
quelle gachis
le 5.1 le suround on en reparle plus c’est dommage.
pour finir “biosphere” ce produit a la géode le 25 janvier
a ne pas louper pour les amateurs d’ambient et d’expérience.
+x
c’est marrant, y’a déjà des choses comme dogmazic qui proposent de la musique gratuite. si les musiciens trouvaient que c’était leur intérêt, ils iraient tous dessus. et pourtant, la plupart cherchent à signer avec une maison de disques.
bon sang mais pourquoi donc ? ils sont masos, aiment bien se faire exploiter ?
bah non, y’a un truc qu’ouriel ne comprend pas, c’est que faire un disque pro, ça demande du temps et du pognon. et que les plates-formes de piratage n’en donnent pas aux artistes. ils n’offrent pas de séances studio, de locaux de répétition, de matos… c’est un système complètement pourri “2.0″, la crème de l’exploitation du taf des autres.
shais pas, ptetre qu’ave une image de footeux ça sera plus facile à comprendre ?
dans un bled de 2000 habitants, y’a que des amateurs. et pour voir leurs matchs, c’est gratos.
mais bizarrement, les gens préfèrent regarder des matchs de pros qui s’entrainent à longueur d’année, qui squattent un terrain, et où les organisateurs font racker les chaines (et très cher).
Bah là c’est pareil : défendre you.dj qui lance un site de piratage “pour voir, si ça marche je me mettrais en conformité”, c’est ridicule.
Ouriel j’ai un plan pour toi, tu vas gagner des millions : organise un site de rediffusion des évènements sportifs en live. Gratos. Franchement, vu ce que coûte un ballon et des chaussures de foot, c’est bien normal de ne rien payer.
taxe sur la musique, sur les cd, sur les graveurs, sur les disques durs, pour l’environnement, bref en clair la musique produit culturel par excellence va ressembler de plus en plus à l’essence.
80% de taxe 20% de produit.
Si au moins on avait la certitude que cela aide les artistes qui en ont besoin…
[...] Vers une taxe sur la musique ? Et quoi encore! (Techcrunch FR) [...]
[...] et les labels tentent de trouver de nouveaux modèles économiques (et essaie de nous imposer une nouvelle taxe sans intérêt), une petite startup française a trouvé une réponse intéressante. La [...]
@ Mike, bravo pour la comparaison avec le foot.
Avec le seul modèle du star system et du tube, on ne va pas aller loin ni sur Internet ni dans la musique.
Il est peut être là le problème et la source de tant de discorde. De quoi parle t on ?
De musique (celle que je chante sous la douche) ou de musique produite (celle que j’achète ou que je télécharge (gratuit payant…)?
De musique produite biensûr.
Comment et par qui ? Major, indé ou autoprod?
On parle beaucoup de Mozart, le génie qui est mort endetté , celui qui était payé à la commande et qui, sur ses propres compo, gagnait des sous en vendant le droit de copies des partitions aux éditeurs…
Quand il faisait un concert, il touchait moins que la soprano ? Intolérable, vous croyait ?
Si les choses étaient aussi simple que de méchantes majors qui sauvent leur peau et des gentils indé qui marchent du tonnerre grace au web qui est l’avenir de la musique grace à la gratuité (et au cout marginal de diffusion), il n’y aurait plus de crise. Les majors ne sont pas aussi stupide qu’on le croit et les indé ne sont pas aussi heureux qu’on l’entend. La musique va mal et Inetrnet n’est que la partie apparante de l’iceberg.
La marchandisation a bloc du CD, les folies des compils, la non baisse duprix du CD, la magie de la pub Tv et 1001 évolutions qui ont révolutionné la distrib et la prod de la musique,et ce, bien avant les premier P2P.
Faut savoir ce qu’on veut.
L’artiste veut quoi, ? etre mondialement connu ? Faire sa musique pour le plaisir ? vivre de sa passion ?
Coté prod aussi faut choisir. faire du fric ? Produire sans s’endetter ? défendre un album ? produire pour exister dans le monde ?
Tous le monde pense que la première solution va disparaitre avec le web pourtant Madonna a quitté une majors pour signé avec une boite qui “fait du fric pour faire du fric”.
Pour chacune des ces solutions, il faut un investissement en temps et en argent.
musique grauite ou payante, on s’en fout, la question est qui paye et combien (suivant ce qu’on recherche) ?
@ Elarips je suis partant pour en discuter, rendez-vous sur mon blog ?
[...] TechCrunch, on aime la musique et on en parle. Un gros coup de sang à propos d’une nouvelle taxe musicale, Amazon complète son catalogue sans DRM, et enfin, un nouveau service, Awdio, une société [...]
L’industrie musicale et bientôt cinématographique sous perfusion… Je suis assez d’accord avec l’article. L’environnement a changé, si cette industrie ne s’adapte pas sans faire appel à l’interventionnisme des Etats (cette taxe + mission olivennes par exemple) elle périra et les emplois avec.
La musique, les films la création “artistique” doivent changer de mode de rémunération et proposer un contenu gratuit, plus vite et de meilleure qualité que ne le fait le partage de fichier. En revanche, dans cette nouvelle configuration, il n’y a pas 36 possibilité. Le PageRank de google ne doit son succès qu’à l’insert de pub. Donc les revenus publicitaires sont la seule issue pour rémunérer ces industries et reconnaître le travail des artistes. Par ailleurs, le web n’a-t-il pas permis à certains artistes d’être connu.. Leur contenu était gratuit à l’époque….
Merci pour cet article et votre éclairage.
A+
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[...] innovants dans le domaine audiovisuel et celui de la musique, rendant au passage bien ridicule l’idée d’une taxe musicale ) ; nous avons également découvert 6nema et Owona dans le monde audiovisuel [...]
[...] nous l’avions écrit auparavant, une taxe sur la musique est la dernière tentative de l’industrie de la musique afin de [...]