[fr] La bulle internet est là pour Maurice Levy. Non, je ne crois pas.
  • 21 Commentaires
par Ouriel Ohayon 14 novembre 2007

Encore une énième déclaration sur la fameuse bulle internet qui tarde décidément à exploser depuis le temps qu’on en parle. Mais cette fois elle vient du champion français de la publicité, Maurice Levy, le patron de Publicis.

“tout le monde pensait que parce qu’il avait un site Internet, il serait fortement valorisé. Aujourd’hui, tout le monde construit son réseau Web 2.0 et pense que la publicité va affluer”…”il y beaucoup trop de gens qui font de projets basés sur la publicité en ligne, et ils pourraient être déçus, car il n’y a pas assez d’argent pour tout le monde”

Je ne voudrais faire aucun affront à l’une des personnalités que je respecte et admire le plus dans le paysage industriel français mais j’aimerais rappeler quelques faits et souligner quelques distinctions d’importance.

:: Le marché de la publicité en ligne est en pleine croissance. On parle de 42 milliards d’USD en 2011 juste aux Etats Unis
:: L’internet va devenir de plus en plus mobile (iPhone, Android..) et des relais de croissance inespérés pour le marché publicitaire sont en route; les réseaux sociaux seront mobiles. Inévitablement. En Chine QQ est déjà une véritable banque
:: Les internautes passent de moins en moins de temps sur leur email et de plus en plus de temps sur les réseaux sociaux. De facto, il s’agit de médias qui ne pourront pas être évités par les annonceurs (c’est déjà le cas)
:: MySpace génère déjà plusieurs dizaines de millions de dollars issus de la publicité (grâce notamment au milliard qui vient du Père Noel Google)
:: Tous les réseaux sociaux ont un modèle économique composite: la publicité n’est qu’un des éléments clés (y compris sur Facebook). Le réseau social Stardoll au succès insolent réalise la grande majorité de son chiffre d’affaires sur les micro-transactions de Goodies (lire cet article en détail)
:: On ne peut pas comparer une époque ou il n’y avait pas de marché et une époque où les budgets publicitaires sur internet figurent sur tous les plans d’actions des directeurs marketing de marques internet ou non.
:: L’économie internet est composée de bien plus que de réseaux sociaux et l’écosystème est là.

Il est vrai qu’il y a une overdose de réseaux sociaux, les valorisations vont croissantes et une grande majorité disparaîtront. Certes. Cela ne veut pas dire qu’il s’agit d’une bulle mais simplement d’une course à la croissance où tous ne vont pas gagner. Du Darwinisme comme nous disions. La valorisation de Facebook, un délire? Je n’en sais rien. Le cas de Facebook est isolé dans le panorama internet et si on avait parié sur la valeur de Google il y a 5 ans tout le monde se saurait trompé (sans parler du fait que Facebook va réaliser prêt de 100 millions de dollars de revenus et que la société a toujours été rentable depuis son lancement). Combien de sociétés internet de moins de 5 ans sont elles cotées en bourse? on peut les compter sur les doigts d’une main ou deux.

Bref, la notion de bulle est caduque à mon sens. Il temps de parler d’autres choses.

ps: Maurice Levy, si vous lisez ce billet (vous ou l’un de vos collègues), je serais ravi d’en discuter ouvertement.

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  • PS : Ouriel Ohayon, si vous lisez ce billet, merci de le faire relire (…trop d’énormes fôtes)

  • J’ose me montrer un peu insolent. Mais quelle est la légitimité de Maurice Lévy… Plus j’écoute ses interventions, plus je me dis qu’il n’y comprend rien. De la part d’un monsieur de son envergure, on attend du recul. Or j’ai l’impression de ne voir que de la lenteur… Dans une interview récente, il découvrait que pour faire du web, il fallait savoir analyser des chiffres : c’est beau de se dire qu’il est là depuis si longtemps, et qu’il découvre la webanalyse après tout le monde. A croire que si on lui confiait une boîte, la comptabilité ne serait jamais mise en place.

    Donc, je crois qu’il est du devoir des gens qui comprennnent d’arrêter de citer les gens qui ne comprennent rien sous seul prétexte qu’ils sont grands et forts.

  • Si on compare les sommes gagnées en pub et les sommes investits. Je crois quand même qu’il y a un gros déséquilibre. Et c’est là qu’on peut parlé de bulle.

    Rien qu’avec Google, si tu regardes les bénéfices qu’ils font. Ok c’est pas mal pour une boite sur internet mais comparé à d’autres marchés, pour une boite internationale, ça n’a rien d’extraordinaire. Et pourtant son action s’envolle.
    Si jamais un jour, la montant total de la pub investit en ligne diminue ou n’augmente pas. Ca risque de faire très mal à beaucoup de gens.

  • Je pense que M. Levy parle des très nombreuses petites et moyennes initiatives qui ne vont vraisemblablement mener à rien car elles arrivent tard et sans innovations. La sélection naturelle effectivement.

    Je ne sais pas d’où vient cette citation mais elle est sans doute destinée à ceux qui se lancent dans la bataille après avoir vu les valorisations crever le plafond cette année. A ceux-là, on peut peut-être brandir le spectre de la bulle pour essayer de les calmer.

  • Je crois que tu interpretes mal le fond de la déclaration de Maurice Levy. Passons sur l’idée de bulle qu’on peut discuter éternellement. Il ne dit pas qu’il n’y aura plus de croissance de la pub mais qu’elle ne pourra pas tout payer (d’ailleurs la croissance de la pub en ligne est en train de freiner aux US).
    Il y a un probleme de déséquilibre entre l’offre d’espace pub et l’investissement des campagnes.

    En clair pas assez de pages sur des contenus à forte valeur ajoutée et une explosion d’inventaire à faible valeur ajoutée par exemple sur les réseaux sociaux et autres espaces communautaires. Bref un probleme de dilution. Conséquence : les CPM écrasés qui tirent le marché vers le bas.
    Ce n’est pas quelque chose qu’on peut évacuer aussi simplement

  • C est justement sur ce point que je ne suis pas d accord. Tout le monde sait que la publicite traditionnelle ne peut pas fonctionner et que de nouveaux modeles sont en route. Il y a de plus en plus d annonceurs sur internet et les budgets et methodes sont plus sophistiques chaque jour. Facebook et linkedin sont rentables. Je suis confiant sur l essort perenne de ce secteur avec une evolution des formats et methode d achat d espace

  • L’investissement pub sur le web croit plus vite que le trafic donc je rejoins ouriel sur le fait que la bulle au sens de celle de 2000 n’existe plus. En revanche il y a sans doute une survalorisation des inventaires massifs sans réel contenu ou pertinence. On fait face a un effet nouveauté de ces supports qui leur permet un développement trés rapide mais le temps agira. Le marché s’équilibrera naturellement avec des inventaires tres quali et cher et des inventaires moins quali moins chers. Les modes de diffusion évolueront avec les modèles.

  • Et quid des données macro économique ? Vous pensez sérieusement que c’est prévisions publicitaires ne sont pas que du marketing ou que ces valorisation ne sont pas délirentes ? ouvrez les yeux messieurs.

    Les US sont déjà au bord de la récession, l’europe suit à grands pas.
    En 2011, certainement un baril à 200$, croyez vous que facebook ou myspace soit les premières préoccupations des internautes et des annonceurs, s’il en reste ?

  • Ouriel ,
    la manne Google va bien finir à se tasser un jour ou l’autre et ne pourra arroser un nombre de sites infinis.

  • Si c est vrai tu as peut etre raison. Mais sur quelle hypothese tangible peux tu justifier cela? J’ai bien l’impression que la manne publicitaire de Google ne va que s’amplifier au contraire. Surtout une fois étendu sur le mobile…

  • Je ne crois pas non plus à l’éclatement d’une “bulle”. La publicité en ligne est en très forte croissance et cela n’est pas prêt de s’arrêter, je pense qu’elle va à moyen terme cannibaliser les revenues publicitaires traditionnels, surtout avec la pub sur mobile qui risque là encore de tout bouleverser et que Google est en train de mettre en place

  • Les reseaux sociaux dont Facebook vont tous tomber un a un à cause de societe comme Rapleaf, ZoomInfo (et j’en passe) mais aussi parce que tous ces sites ont trop de API qui nourrissent les 3rd party applications.

    Le “so called” Web2.0 va mourrir parce qu’il protege MAL ou PAS DU TOUT la vie privée des gens. Parce que ceux qui ont bcp d’investissements de la part de VC sont “au resultat du “membre” par reseaux, hors peu importe si ce membre est actif ou si c’est un compte bidon.
    Pour l’utilisateur il devient tres facile de s’incrire quelque part, mais de pouvoir retirer ses informations c’est la croix la banniere !

    Quand a Google il n’est rien sans ce qui nourrit son search engine et adwords : GEOLOCALISATION TECHNLOGIES (et ca c’est pas eux qui le produise…) pour le web c’est QUOVA/INFOSPLIT et pour leur nouveau mobile se sera un des deux players (wifi/cell positioning) du marche.

    Un jour qq demandait pourquoi JAIKU et pas twitter rachete par GOOGLE, parce que JAIKU gere les contacts mieux que personnes sur mobile et puis parcequ’ils avaient pas trop de funding et SURTOUT pasrce qu’ils etaient moins connus. Quand GOOGLE ACHETE IL REBRAND…(voila pourquoi tres souvent vous ne connaissez meme pas le nom de la boite qu’il rachete)les seules fois ou ils ont achetes au prix fort IL N’AVAIT PAS LE CHOIX.

    a bon entendeur.

  • Ca c est de l analyse de pro. J adore les MAJUSCULES…

  • Un très intéressant article ce matin dans Les Echos, titré “Les internautes deviennent publiphobes” :
    http://www.lesechos.fr/journal20071115/lec1_competences/4648543.htm

    Je ne mets que le chapô et le premier paragraphe, cela vaut le coup de le lire en entier (article payant…):

    ===
    Les internautes les plus assidus détestent la pub purement et simplement. D’après une étude d’Ipsos et Australie, seules les grandes marques sont appréciées.

    Nouvel eldorado pour les géants de l’Internet, les majors des médias et les investisseurs qui ont déjà oublié l’explosion de la dernière « bulle », la publicité en ligne tiendra-t-elle toutes ses promesses ? Pas si sûr si l’on en croit la dernière édition de l’enquête annuelle « Publicité et société » publiée par Australie et Ipsos. Laquelle aurait pu aussi bien être sous-titrée « Les tout-Internet sont des publiphobes du Net ». Car, contrairement aux accros de la télé, les internautes les plus assidus – ceux qui se connectent plusieurs fois par semaine et achètent en ligne au moins une fois par trimestre – n’aiment pas, mais alors pas du tout, la pub et son caractère particulièrement intrusif sur le Web.
    ===

    A mettre en rapport avec les déclarations de Maurice Lévy…

  • Oui c’est ce que j’avais envie de dire. Qui regarde encore la pub sur son navigateur ???
    Faudrait être maso quand même non ?

  • Le ressenti des français face à la pub est fort. L’étude IPSOS Australie dit en effet (je dévoile une des phrases de l’article) :

    “A l’arrivée, les justifications du fossé croissant entre Français et publicité s’entrechoquent, sans qu’il soit possible de déterminer ce qui prévaut. Demeurent le constat… et surtout la question : montée en puissance de la publiphobie, perception négative des messages, à qui la faute ? « A la pratique d’Internet et notamment au caractère intrusif et à la mauvaise qualité des créations publicitaires qui y sont diffusées », répond sans ambiguïté l’enquête « Publicité et société ».”

    Dans le même ordre d’idées, on voit aussi le mouvement qui monte,aux Usa et en Europe, contre la pub sur Facebook, et ses conditions d’utilisations plusqu’étonnantes, puisque Facebook ose exiger des internautes français que :
    “En transférant votre Contenu utilisateur où que ce soit sur le site, automatiquement vous accordez, déclarez et garantissez que vous avez le droit d’accorder à la Société une licence – irrévocable, perpétuelle, non exclusive, transférable, libre de droits, mondiale (assortie du droit de sous-licencier) – d’utiliser, de copier, d’exécuter et d’afficher publiquement, de reformater, de traduire, d’extraire (en tout ou en partie) et de distribuer ce Contenu utilisateur à quelque fin que ce soit, en relation avec le site ou avec sa promotion, ainsi que de mettre au point des produits dérivés et d’incorporer tel Contenu dans d’autres produits, de même que vous accordez et autorisez l’exploitation de sous-licences sur lesdits produits.”
    ce qui est contraire à la réglementation en vigueur en France !

    Si les acteurs du web 2.à et particulièrement les réseaux sociaux vont trop loin, cela va se retourner contre eux…

    A suivre ! :-)

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