Noms rigolos, idées galvaudées, entrepreneurs sans expérience, grignotage à volonté dans les bureaux – le Wall Street Journal a eu la dent creuse ce matin en mettant en évidence prémisses d’une nouvelle bulle financière dans la Silicon Valley.
Tout confirme l’anormalité de la situation, et les différentes mises en garde sur le sujet ont été nombreuses. D’ailleurs, le nombre de nouveaux services qui sont spontanément présentés à Techcrunch tous les jours est stupéfiant révélateur de cette frénésie : pas moins de 17 hier dont l’étrange Hide Pink Shirt Guy. Je ne sais pas ce dont il s’agi, mais une chose est certaine… ça n’a rien à voir avec un business.
La vraie question est de savoir s’il s’agit d’une bulle financière ou de quelque chose de tout à fait différent. Les montants en jeu n’ont en fait rien à voir avec ceux de la première crise, et si Facebook est valorisé entre $10 et $15 milliards, il fait figure d’exception et pour de bonnes raisons. Facebook peut être considéré comme une authentique nouvelle plate-forme et à cet égard, la société mérite un niveau de valorisation comparable à celui d’autres plate-forme. Et une fois qu’on a dit cela, il existe autant d’arguments contraires tout aussi convaincants !
Ce qui indiquerait de manière certaine l’imminence de l’éclatement d’une bulle dans la Silicon Valley serait la généralisation de valorisations totalement déconnectées de la réalité . A l’heure actuelle, ces niveaux sont élevés, mais ils restent valables du point de vue de la pure analyse financière.
C’est finalement Paul Graham qui doit avoir raison. Il est si facile et si peu cher de créer des start‘ups sur Internet ces temps-ci que leur nombre devrait subir une sérieuse inflation. La plupart seront mort-nées, ou de pâles copies de services existant, ou très mal organisées. Mais quelques unes survivront à cette phase d’ébullition et s’installeront dans la durée. Bulle ou pas, c’est à ces gemmes que nous nous intéressons… quitte à devoir remuer beaucoup de boue.
Note d’Ouriel: Bulle ou pas bulle? nous avons déjà répondu à cette question. La question n’est pas trop pertinente je pense. Nous savons tous que nous sommes dans une pèriode de croissance avec une overdose de croissance et de financement. Mais cela ne veut pas dire qu’il y a bulle ou que s’il y a bulle, elle explosera. Il y aura un retour de baton. C’est certain. Quand ? impossible à prévoir. En attendant je vous invite à lire ce billet hilarant et plein d’esprit de Marc Andreessen dont le titre est “Ok you’re right, we are in a Bubble”
Billet traduit par Nicolas Clair et édité par Ouriel Ohayon





Ouhlà , en effet sujet sensible. La bulle de 2000 a explosé faute de modèles économiques viables et solides, avant toute autre raison à mon avis. Et d’avoir trop misé sur le revenu publicitaire, qui n’avait pas du tout la maturité qu’il a aujourd’hui (encore que je persiste à penser que même de nos jours, tout miser sur le revenu publicitaire est risqué).
Il y a peut-être moins de risque d’explosion qu’en 2000, mais on n’est quand même pas à l’abri, ne serait-ce que si trop d’acteurs se font financer trop de projets qui se basent trop sur le “fun 2.0″ et pas assez sur les finances. Et comme les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, la vigilance s’impose.
Just IMO, of course
Je dirais que cela fait partie des charme d’Internet… Beaucoup de possibilités, le champ libre à l’entreprenariat, mais au final, seuls les meilleurs finissent par percer. Une sorte de loi de la jungle qui donne un peu de justice dans ce milieu où l’on peut facilement trouver tout et n’importe quoi.
Je pense que le commentaire de Jean Lancon résume la bulle de l’an 2000… Plusieurs compagnies “2.0″ n’ont pas besoin de financement (et plusieurs n’en veulent pas), contrairement à l’an 2000.
Par exemple symbole par excellence du web2.O …les blogs . Techcrunch est classé numero 1 par wikio, c’est l ‘occasion de poser la question qui fache a Mr Ouriel
est ce que ce blog degage de gros revenus publicitaires et annexes (CrunchBoard, Shop, TSirt…) ?
Et plus sérieusement je pense qu’il y aura tres peu d’élus sur le modele audience/revenu publicitaire je pense notamment à myspace, youtube, dailymotion, hi5 et d’autres tireront leur epingle du jeu avec des modèle des “services premium” tres bon marché ou basé sur l’affiliation et pourcentage sur vente je pense notamment a kaboodle, secondlife .
Facebook sera un mélange de revenus pub et services premium
Et aussi le web devient mobile… nouveau terrain de jeux, d’expérience, etc… Là il y a de quoi inventer de nouveaux services..
iPhone, Firefox pour mobile, widsets, goojet, storexperience et même samedi prochain le barcamp web mobile de Paris au cirque bouglionne, etc… Tout ca contribue à mettre en place les fondations du web mobile.
@ Denis > Oui je parle de la bulle de 2000, mais en quoi une possible bulle cuvée 2007 ou 2008 serait-elle différente ? L”explosion de la bulle en 2000, je l’ai traversée sans l’ombre d’une difficulté avec ma société. Seulement voilà , 1/ j’étais d’emblée parti sur un modèle économique certes classique mais viable (e-commerce), et 2/ je n’avais embringué aucun investisseur. Pour tout vous dire, je me suis lancé avec 3.000 francs. Et j’ai TRES bien gagné ma vie.
Vous nous dites que certaines compagnies ne veulent pas d’investisseurs. Soit. Mais combien de mise de départ ? Et pour faire quoi ? On ne peut rien généraliser, et tout doit s’étudier au cas par cas.
Pour moi la bulle - et surtout son éventuelle explosion - c’est un phénomène avant tout financier. Parce que les idées, qu’elles soient bonnes ou non, depuis l’existence d’Internet, pas un jour ne s’est passé sans qu’il n’en jaillisse des dizaines. Et peu importe, dans le contexte de cette explication, que ces idées aient été exploitées à des fins lucratives ou non.
Seulement quand on parle d’une explosion de bulle au sens où je l’entends (financier), force est de constater que des sommes astronomiques ont été investies dans le passé pour des projets fumeux. Et aussi parfois pour des “entreprenautes” sans scrupules, qui n’ont pas fait grand chose d’autre que de “faire la bringue” sur le dos des investisseurs.
Tout ceci a eu de graves répercussions sur l’économie, que ce soit au CAC40 ou au Dow Jones, quand les investissements sont perdus le cours de l’action s’en ressent.
Je le dis et je le redis : si explosion de bulle il doit y avoir, elle sera sur bien des points analogue à celle de 2000. Parce qu’investir sur des projets qui ne sont pas viables, d’une façon ou d’une autre le retour de manivelle arrive tôt ou tard.
J’espère qu’il n’y aura pas d’explosion de bulle. Mais c’est certain, il va à nouveau y avoir de la casse. Espérons simplement que, bon an mal an, les bénéfices (les plus proches possibles) des plus belles réussites à venir (le plus tôt possible) suffisent au moins à “éponger” les grands plongeons auxquels, mille fois hélas, nous allons, impuissants, assister.
Il est clair que l’usage d’internet augmente “en général”, et donc que les sociétés peuvent afficher un trafic croissant.
Mais “en particulier”, qu’en est-il ?
Essayez, pour vous-même, d’estimer votre “consommation” de web 2.0 il y a 6 mois, maintenant et dans 6 mois :
- nombre de billets écrits, connexions à Facebook ou équivalent, …
- nombre de blogs lus régulièrement
- accès à SecondLife (vous vous rappelez ce que c’est ?)
- consultations de YouTube en direct ? (c’est à dire en allant sur la page d’accueil pour y passer du temps, et non pas en regardant une vidéo spécifique sur un blog)
Personnellement :
- j’ai du tester Facebook et SecondLife, y aller 3 fois puis arrêter parce que c’était vraiment sans intérêt
- j’ai dû avoir au maximum 20 blogs dans mon Netvibes, dont j’ai supprimé récemment la moitié parce que les émois des adolescents, ça lasse vite
- je ne vais plus jamais sur YouTube en direct. Et, au fond, je regarde de moins en moins de vidéos ; même Tetes à Claques commence à me lasser.
Ajoutons que les pubs dans Netvibes me feraient changer pour iGoogle ou un autre ; les pubs dans YouTube me feraient réduire ma consommation de vidéos de façon forte…
La publicité n’est en fait acceptable que si celui qui propose le contenu a un “monopole” au travers du journal que l’on a dans les mains, du film qu’il diffuse… Internet offre le choix des sources, donc l’internaute prendra la source la plus “efficace”, donc avec le moins de pub.
Bref, le nombre d’internautes augmente, mais il est très probable que l’usage personnel se rationalise, et diminue ; et que la consommation de pub soit en fait attachée aux contenus de qualité. Donc on arrivera à un pic, puis à une baisse ; et alors, la bulle explosera ; et la valorisation totale des sociétés Internet basées sur la pub sera ni plus ni moins la valorisation des sociétés de Pub sur TV, journaux, … On aura juste un transfert de support.
L’explosion de la bulle de 2000 avait trois causes.
1. Pas de modèle économique vibles pour 90% des start-up.
2. Des investissement financier démesurés.
3. Des investisseurs non-spécialisés qui mettait de l’argent “à l’aveugle”.
Je pense que le point 3 n’est plus de rigeur avec la maturité des investisseurs concernant le web. Mais le 1 et le 2 sont toujours valables…
Attention donc.
@ Charlie Echo > juste une question, sans aucune arrière-pensée : si vous êtes (semble-t-il) réfractaire à la pub, et si les blogs perso (supposés non lucratifs) ne vous intéressent pas, êtes-vous prêt à payer à chaque coin de rue, au détour de chaque site qui vous intéresse ?
C’est la toute la question qui a fait de l’explosion de 2000 ce qu’elle a été. Je n’imagine pas un seul instant comment l’on peut faire vivre une société si elle ne doit pas diffuser de pubs (et donc, in extenso, pas de liens affiliés non plus), et ne rien faire payer non plus à l’utilisateur final (en tout cas pour ce qui concerne les sites s’adressant à des particuliers, notamment les réseaux sociaux).
Ce qui s’est passé jusqu’en 2000, c’est qu’un nombre assez important de jeunes “entreprenautes” ont réussi, aidés en cela par les medias, à convaincre des investisseurs que ce qu’ils allaient proposer gratuitement dans un premier temps pourrait soit devenir payant plus tard, soit être largement financé par la pub. Résultat, certains de ces jeunes “entreprenautes”, disons-le franchement, se sont contentés d’empocher les fonds, et ont mené la grande vie sans jamais chercher à élaborer une stratégie économique viable.
D’autres ont fait l’inverse : ils ont démarré en vidant leurs fonds de tiroir sans rien demander à personne, et ont vendu leurs sites quand les offres sont arrivées, et avant l’explosion de la bulle bien sûr. Souvent, ces fonds de commerce rachetés n’ont pas servi à grand chose, mais c’est là bel et bien le problème de l’acheteur, qui s’est trompé de stratégie.
Pour en revenir à la pub, je persiste à penser que c’est un moyen de générer des revenus, mais aussi qu’il ne faut pas tout baser dessus. Ceci étant, puisqu’on parle en filigrane de réseaux sociaux, les pubs sur MySpace me dérangent moins que sa lenteur congénitale ; à l’inverse, je pense que Facebook a des moyens énormes (via les API) de générer de forts revenus, pas forcément publicitaires d’ailleurs.
Une fois de plus vous enfoncez des portes ouvertes… c’est en définitif très mercantile de balancer des sujets mal traités qui suscitent des commentaires et du trafic… Cela fait un peu start up qui surfe sur la vague le temps qu’elle se forme….