L’industrie de la musique a gagné son premier procès contre les partages de fichiers, quand un juré a déclaré une femme du Minnesota coupable de 24 enfreintes à des droits d’auteurs. Le verdict est tombé, $222,000 d’amende; ce qui équivaut à $9250 par morceau. Peut-être est ce ainsi que l’industrie compte endiguer la chute du prix de la musique.
L’industrie de la musique pense que ce verdict disproportionné fera réfléchir à deux fois les utilisateurs avant de télécharger un morceau. Surtout, cela indiquera à ceux qui partagent de la musique ce qu’il ne faut pas faire pour se faire attraper; comme ne pas utiliser le même nom d’utilisateur (”tereastarr”) sur les réseaux de partage, sur email, IM et d’autres comptes en ligne.
Au cours des quatre dernières années, la RIAA a poursuivi 26 000 des ses clients, mais sans la même réussite, puisque la plupart des cas étant conclus à l’amiable aux alentours de $4000. Ce fut le premier cas allant jusqu’au tribunal. Ce verdict (s’il n’est pas réduit en appel) crée un véritable précédent. Tout ce que l’industrie a à faire dorénavant est d’en gagner encore 52 000 comme celui-ci (avec le même montant) pour égaler ses $11.5 milliards de revenus de l’année dernière.
Quelqu’un devrait créer un logiciel, pour la RIAA, qui enverrait des convocations de façon automatique, car ils ont beaucoup d’efforts à faire pour sauver l’industrie. A moins que l’industrie prenne le temps et l’argent d’essayer de trouver de nouveaux modèles qui encourageraient et bénéficieraient de la façon dont les gens écoutent la musique, de nos jours; sur leurs iPods, en streaming sur le web et en partageant avec leurs amis et peers. Plus la musique devient numérique plus elle est échangeable. Les gens feront avec ce qu’il veulent car ils le peuvent. La loi est peut-être du coté de la RIAA mais le marché est contre.




Le marché modifie(ra) les lois comme les citoyens modifient le monde dans lequel ils vivent.
En fait c’est les même gens. Peut-être.
Tant qu’il sera plus facile de télécharger de la musique que d’en acheter … Ca restera un problème.
A l’opposé, télécharger une musique pour sonnerie de téléphone est plus simple en payant qu’en téléchargeant & coupant la chanson. Du coup, les gens achètent sans problème, et l’industrie de la musique sur mobile, elle, progresse.
Le leitmotiv: no pain!
Pourquoi en magasin je n’aurai pas les mêmes possibilités d’achat que sur le net?
Exemple:
- n’acheter qu’un titre d’un album particulier, plutôt que devoir acheter le CD complet avec des chansons qui ne m’intéressent pas?
- écouter facilement chacun des titres d’un album, sans faire la queue 1/2h à la FN.C
- Voir en magasin les produits les plus achetés, commentés, etc… plutôt que de ne voir en tête de gondole que les sélections des magasins?
- Acheter en un click depuis son mobile et retrouver ses achats accessibles dans n’importe quel réseau social
C’est ce genre de services et surtout la philosophie de consommation qui va avec que met en place l’équipe de storexperience.com
Peut-être que l’industrie musicale attend le déploiement de l’Internet mobile pour diffuser de manière optimale ses contenus : Sonnerie polyphonique ou MP3 retravaillée pour 15 sec, musique à l’album ou au titre, clips vidéo…
Tout cela avec un abonné identifié, un consentement à payer (téléphonie mobile) à l’opposée du tout gratuit de l’Internet sur PC, la possibilité d’interagir avec l’environnement (tags) et d’effectuer des micro-paiement.
Et surtout, en s’alliant avec une industrie de la téléphonie mobile qui est, elle, passée experte en marketing au point de vendre 2 heures d’appels plus cher qu’un accès haut débit illimité à Internet ?
Alors pourquoi, en attendant, arrêter les poursuites ?
Je vous invite a participer au boycott :
http://www.odebi.org/boycothon/
“La loi est peut-être du coté de la RIAA mais le marché est contre.”
Encore un tissus d’imbécilités : la loi EST (et pas “peut-être”) du coté de la RIAA, on n’appelle pas la contrefaçon un “marché”, et ensuite c’est certainement pas le petit techcrunch qui va dicter sa loi aux majors : il va falloir redescendre sur terre les gars.
Mais bon, vous êtes un peu naïfs, un peu comme les mômes de 15 ans qui en fumant un pétard sont persuadés que forcément, ça VA être légalisé puisque tous leurs potes fument aussi.
Mais non. Ca ne fonctionne pas comme ça.
D’autre part, si vous réfléchissiez un peu à ce qu’est la loi, vous comprendriez que le vol ne peut pas être légalilsé pour faire plaisir à ceux qui le pratiquent, quel que soit leur nombre.
Si demain je décide de lancer un mouvement de chourre à l’étalage, je ne vais pas expliquer en plus à Danone que ça va c’est bon, trouve un modèle, met de la pub sur tes pots de yahourts et fais pas chier, le “marché” est contre le fait de payer pour manger.
D’autre part, les pubs sur Techcrunch c’est chiant, utilisez tous Firefox et installez AdBlock Plus pour ne plus les voir.
@mike
“Mais bon, vous êtes un peu naïfs, un peu comme les mômes de 15 ans qui en fumant un pétard sont persuadés que forcément, ça VA être légalisé puisque tous leurs potes fument aussi.
Mais non. Ca ne fonctionne pas comme ça.”
Et si. C’est historique. Je ne veux pas dire par là qu’il y aurait à trouver ici et là des exemples où ça c’est passé comme ça. En fait c’est pire: tout se passe comme ça dans l’histoire. C’est à dire que c’est dans son principe même. D’ailleurs par rapport à votre exemple je vous laisse réfléchir tout seul attendu que vous avez déjà trouvé vous-même pourquoi il n’est pas pertinent.
“vous comprendriez que le vol ne peut pas être légalilsé pour faire plaisir à ceux qui le pratiquent, quel que soit leur nombre” C’est tout à fait faux. Vous ne voyez simplement pas que c’est la notion de propriété qui est remise en question. Si demain vous voulez faire payer pour regarder le ciel je vous jure que tout le monde volera cette “propriété” inventée de toutes pièces et qui sera annulée rapidement (le fait que le ciel n’appartienne à personne c’est pas pour être “gentil”, c’est parce que personne ne peut faire appliquer ni la souveraineté ni l’usage ni rien).
“Si demain je décide de lancer un mouvement de chourre à l’étalage, je ne vais pas expliquer en plus à Danone que ça va c’est bon, trouve un modèle, met de la pub sur tes pots de yahourts et fais pas chier, le “marché” est contre le fait de payer pour manger.” Quand le marché est contre le fait de payer de manger en fait il s’avère que les révoltes s’organisent et qu’une réorganisation de la société se fait. En 1905 le tsar a fait tirer sur la population… la discipline n’a pas duré. Après il est vrai que le marché n’est pas la seule énergie qui existe dans le monde. Bref… cela relève de l’histoire quoi.
[...] “Une victoire au tribunal ne sauvera pas les grands labels de musique” Rédigé par Michael Arrington (adaptation: Ouriel Ohayon) sur Techrunch Enfin bref quand les producteurs penserons moins à leur portefeuille qu’a trouver une vraie solution de téléchargement en ligne peut honereuse pour les jeunes et les moins jeunes on auras fais un pas dans le bon sens. [...]
@ropib> pour le volet “histoire”, j’aimerais bien connaitre un seul exemple comparable, selon toi.
@ropib> “. Si demain vous voulez faire payer pour regarder le ciel je vous jure que tout le monde volera cette “propriété” inventée de toutes pièces”
Sauf que le ciel est là de toute façon, alors que la création musicale est faite par des personnes qui donc en sont propriétaires.
“En 1905 le tsar a fait tirer sur la population…”
Ok, encore une comparaison complètement à la ramasse pour faire passer les maisons de disques et artistes pour des oppresseurs du peuple.
Mais en évitant toute nuance et en prenant un parti pris sans aucune distance, je peux tout aussi bien assimiler les internautes qui piratent à ceux qui dénonçaient les juifs aux nazis pour s’approprier leurs biens, et qui se foutaient bien de savoir ce qu’il allait leur arriver.
Comme tu peux le constater, ce genre de comparaison est bien gerbant, donc évitons de faire des rapprochements entre des évènements dramatiques de l’Histoire et de la copie de MP3 simplement pour donner du poids à ce qu’on écrit, ça vaut mieux.
@mike
“encore une comparaison complètement à la ramasse pour faire passer les maisons de disques et artistes pour des oppresseurs du peuple” Pas du tout ! Vous disiez dans votre précédent commentaire “je ne vais pas expliquer en plus à Danone que [...]le “marché” est contre le fait de payer pour manger”, et je vous expliquais que oui cela arrive, comme ne 1905 en Russie. Je suis bien d’accord pour dire que manger ou écouter de la musique ça n’a rien à voir et je n’accuse pas les maisons de disque d’être nazies allons. En plus j’avais pris cet exemple justement parce qu’on ne peut pas non plus dire que les bolcheviques qui ont mis 10 ans pour s’organiser sont des gentils. Je dis simplement que quand on répond à une population par la force sans prendre en compte ses demandes légitimes ça entraîne le désordre. En fait il y a une différences entre les forces de l’ordre et l’ordre lui-même.
“la création musicale est faite par des personnes qui donc en sont propriétaires” Et pourquoi ? Et les maisons de production ? Il y a des gens qui sont propriétaires terriens, pourtant si ils meurent la terre restera. Non la propriété ne se définit pas comme cela. C’est historique excusez moi. Pour reprendre la propriété terrienne les seigneurs sont devenus propriétaires non pas parce qu’ils exploitaient la terre mais parce qu’ils exercaient une souveraineté. Ceci a duré jusqu’à ce qu’en situation de paix la souveraineté devienne moins prépondérante que l’exploitation. Il y a d’autres exemples dans l’économie de marché où la souveraineté est encore prépondérante. Par rapport à la musique il a fallu inventer il y a très peu de temps un support matériel pour que celui-ci soit exploité industriellement. En l’absence de ce support on se retrouve dans une situation (archi)connue à travers les âges dans laquelle le musicien propose un service qui est de faire de la musique. Ainsi les troubadours n’étaient pas forcément à l’origine de l’écriture de leurs performances artistiques mais étaient tout de même rémunérés. On pourrait dire que les différents business plans autour du logiciel libre découlent de cette logique de service. La musique est-elle un objet ou un service ? Comment exercer une souveraineté (le travail des maisons de disque) lorsqu’on n’a aucun moyen de contrôle ? Si les maisons de disques décident de détruire ce qui est sa propriété (c’est le vrai pouvoir du propriétaire) il va se passer quoi ?
“Il y a des gens qui sont propriétaires terriens, pourtant si ils meurent la terre restera. Non la propriété ne se définit pas comme cela”
La terre existe, et elle est appropriée, alors que la musique est une CREATION.
“Ceci a duré jusqu’à ce qu’en situation de paix la souveraineté devienne moins prépondérante que l’exploitation”
Mais je ne comprend pas là… la terre appartient toujours à des personnes, et tout le monde n’est pas propriétaire de son logement, loin de là. Le propriétaire est un mini seigneur qui peut interdire l’accès à sa propriété et son locataire est son vassal qui lui reverse en général 1/4, 1/3 de son salaire.
Enfin bref, c’est sous une autre forme, mais la propriété est toute aussi forte qu’avant, et même sans doute plus.
“En l’absence de ce support on se retrouve dans une situation (archi)connue à travers les âges dans laquelle le musicien propose un service qui est de faire de la musique”
Ah non. Je suis désolé mais tu n’as jamais connu cette situation, où pour entendre de la musique tu devais forcément chercher un troubadour et écouter ce qu’il jouait sans pouvoir choisir ce que tu voulais entendre.
Encore une fois, méfions-nous des comparaisons : à une époque, seuls les nobles pouvaient avoir des musiciens à leur disposition, et ça coûtait fort cher. Conclusion ?
Bah rien, on a changé d’époque.
“Ainsi les troubadours n’étaient pas forcément à l’origine de l’écriture de leurs performances artistiques mais étaient tout de même rémunérés”
Il y a des oeuvres dans le domaine public, et des orchestres qui les jouent. C’est pas forcément ce qui a le plus de succès.
“On pourrait dire que les différents business plans autour du logiciel libre découlent de cette logique de service.”
La musique n’est pas un “service”. Et on ne peut pas comparer un support technique et un contrat de maintenance avec des concerts. A la limite, avec une licence globale, ou un truc comme le partenariat 9/Universal, mais certainement pas avec le spectacle vivant.
“La musique n’est pas un “service”.” Si, et l’a toujours été sauf à la fin du 20è siècle.
Et je te citerais: “on a changé d’époque”. Tout la terre n’appartient pas forcément à quelqu’un, on peut l’exploiter sans être propriétaire et le modèle culturel européen atteint ses limites parfois en la matière. Je dis justement qu’à des moments les propriétaires changent: la souveraineté perd du pouvoir au profit de l’exploitation par exemple. Des fois c’est le contraire, des fois il y a d’autres processus (l’assurance par exemple est un partage de propriété). Par rapport au logement c’est intéressant parce que la propriété est clairment partagée: à Paris on n’a pas tous les droits sur les façades, il y a des prêts de la banque, des assurances, des locations, des droits de passage parfois, des obligations de traitements de déchets…
La question n’est pas de savoir si la propriété est forte ou non mais de savoir comment elle s’applique, comment elle est vécue, dans la réalité.
Je ne vis pas à l’époque des troubadours, je ne vis pas non plus avant l’apparition d’internet et de la dématerialisation de la musique.
“à une époque, seuls les nobles pouvaient avoir des musiciens à leur disposition, et ça coûtait fort cher. Conclusion ?” Conclusion le marché est une réalité, qui n’est pas unique mais qui existe. Aujourd’hui la musique n’est pas chère, la distribution est quasiment gratuite. Cela peut tout à fait changer, je m’en foue, je ne travaille pas dans ce secteur et j’écoute peu de musique et de toutes façons j’achète des CD quand je veux.