Ce billet a été rédigé par Fred Bordage qui après 7 ans passés les mains dans le code en tant que développeur puis architecte s’est orienté vers le journalisme (01 Informatique, Les Echos)
Introduction d’Ouriel: le sujet des microformats est assez méconnu et encore assez peu exploité et commenté. J’avais d’ailleurs oublié de l’inclure dans notre Dico2.0 (je m’empresse de rajouter un lien). Quand Fred Bordage m’a suggéré de faire un billet récapitulatif sur le sujet j’ai tout de suite accepté car ce standard pourrait bien changer de manière radicale la manière dont le web est utilisé en facilitant la recherche et l’usage (certains parlent de web sémantique). Fred Bordage est un journaliste talentueux qui connaît parfaitement le web. Il explique remarquablement et simplement le sujet. Je vous laisse apprécier sa plume.
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Dans quelques jours (en milieu de semaine prochaine), JobiJoba.com sera disponible en beta . Ce moteur de recherche et de recommandation d’emplois est l’un des tous premiers dans le monde à s’appuyer sur les microformats.

Encore peu connue en France, cette technologie est pourtant soutenue par Microsoft, Mozilla, Google, Yahoo !, Technorati et bien d’autres. L’occasion de faire un point sur les services innovants qui reposent sur hCard, geo, hReview et leurs acolytes.
Les microformats sont des mots-clés que l’on insère au sein d’une balise HTML (via la propriété class) pour préciser la nature de son contenu. Ils permettent de mettre concrètement en œuvre la vision du web sémantique de Tim Berners Lee (l’inventeur du web), rebaptisé depuis « web 3.0 » par la communauté des développeurs web 2.0.
Une fois décrit à l’aide du microformat adapté, un « objet » (adresse, CV, produit, événement, tags, etc.) peut être manipulé directement par le navigateur. Un simple clic droit dans Firefox 3 ou Internet Explorer 8 permettra par exemple d’ajouter les coordonnées d’une personne directement dans le carnet d’adresse de sa messagerie, d’ajouter un événement à son agenda, de localiser une adresse sur Google Maps, etc.
Grâce aux microformats, chaque page HTML va donc progressivement se transformer en une source de données formatées. Cette évolution technique est particulièrement importante pour les grands moteurs de recherche comme Yahoo ! et Google : ils n’auront plus à effectuer des calculs de densité pour extraire des mots-clés ou à deviner qu’une adresse est bien… une adresse. Leurs résultats devraient donc gagner en pertinence d’ici quelques mois.
Mais, à l’image de JobiJoba, quelques entreprises se positionnent déjà pour tirer partie des microformats. Tour d’horizon.
JobiJoba
JobiJoba.com est certainement l’un des services français le plus avancé dans l’usage des microformats. Ce moteur de recherche et de recommandation d’emplois s’appuie dessus (hCard, hResume, hEntry, geo, hReview) pour enrichir les annonces publiées et livrer des résultats plus pertinents que ses concurrents. Il ouvrira ses portes dans quelques jours. Dans le même style, Resolio et emurse , et LinkedIn (déjà 9 millions de CV) permettent de publier des CV au format hResume afin qu’ils soient automatiquement référencés par JobiJoba et ses concurrents.

Eventful.com
L’agenda collaboratif eventful s’appuie sur hEvent pour recenser toutes les manifestations (conférences, exposition, concerts, etc.) dans une zone géographique et à une date donnée. Il permet de trouver, publier et partager des événements. On peut également exporter chacun d’eux en un clic vers son agenda préféré (Outlook, Yahoo ! et Google Calendar, Rabble, etc.). Eventful utilise de nombreux autres microformats tels que hCard, hCalendar, geo, rel-tag, etc. pour optimiser son référencement et doper l’interactivité utilisateur. On peut aussi citer Upcoming racheté par Yahoo!

Yahoo ! Local
Depuis juin 2006, Yahoo! Local recense plus de 15 millions d’entreprises et événements locaux à l’aide des microformats hCards et hCalendar. Les utilisateurs peuvent noter le services rendu par l’entreprise (restaurant par exemple) à l’aide du microformat hReview. Dans le même style, Revoo s’appuie sur hReview pour lister des revues de produits high-tech et Corkd>, dont nous vous avions déjà parlé, qui facilite la recherche de vin à l’aide de tags microformatés.

Technorati Kitchen
Encore en rodage, le moteur Kitchen de Technorati recherche des objets – personnes, évènements, et produits - sur le web en s’appuyant uniquement sur les microformats les plus courants : hCard, hReview, etc. C’est le premier moteur généraliste à ne s’appuyer que sur des microformats.

RadarNetworks
Créée par Nova Spivack, le cofondateur d’EarthWeb (introduit en bourse en 1998), RadarNetworks est encore en stealth-mode. Ce projet financé par Vulcan Capital et Leap Frog Ventures s’appuie massivement sur les microformats pour améliorer la recherche d’objets sur le web, doper le commerce et la publicité en ligne. C’est certainement l’un des plus intéressant à suivre dans les mois qui viennent.
Enfin, on peut citer dans le désordre Last.fm qui utilise hCard et hCalendar pour faciliter l’interactivité autour des évènements qu’il présente, Flickr qui propose 5 millions de photos géocodées par ses utilisateurs à l’aide du microformat « geo », et iDoo (3,3 millions d’utilisateurs en Europe) qui supporte hCard sur sa plate-forme de blog. L’hébergeur a également développé un plug-in pour Operator, qui permet d’ajouter un contact hCard au carnet d’adresse de son webmail (iDOOmail) en un clic.
Billet rédigé par Fred Bordage et édité par Ouriel Ohayon
mise à jour: Fred Bordage a tenu a répondre à deux commentaires laissés sur ce billet
1) Ce commentaire ci
Une technologie mature que personne n’utilise n’intéresse pas nos lecteurs. La plupart utilisent par exemple RSS plutôt qu’Atom (qui est pourtant plus évolué). C’est comme ça : ce qui est simple fonctionne, ce qui est trop complexe disparait. Quant à dire que le web sémantique n’a absolument rien à voir avec les microfomats, c’est là preuve que tu as oublié le rôle initial du web sémantique (relier les objets entre eux sur le web) tel que l’a défini Tim Berners Lee.
J’ajouterais que je partage complètement les commentaires de Ludovic et Manuel . Comme dit très bien Manuel, “le web sémantique n’est qu’une étape, la véritable révolution pourrait s’appeler le Web Orienté Objet”. C’est précisémment la vision de Tim Berners Lee (voir son article fondateur de 2001). Et pour y parvenir, il faut justement comme l’écrit Ludo “l’interopérabilité entre les plateformes”.”
2) Ce commentaire
Lien W3C intéressant effectivement puisque c’est justement un pont entre microformats et le web sémantique puriste du W3C (RDF, etc.). Je n’ai pas voulu présenter le lien pour ne pas perdre les lecteurs. En revanche, exactement comme pour le web 2.0, ce qui est nouveau ce n’est pas la technique en elle même mais son utilisation. Le web 2.0 repose sur l’ouverture des API, la re(découverte) de DHTML et d’XMLHTTPRequest (base d’AJAX). Dans le cas du “web 3.0″, c’est le consensus que dégage actuellement la communauté microformats.org qui permet d’utiliser une simple propriété d’un objet HTML pour le typer. Et même s’il ne s’agit que d’unefaçon d’utiliser une techno existante, cela change tout !
Les microformats sont le web sémantique du pauvre. Ils vont s’imposer parce qu’ils sont simples à mettre en oeuvre là où RDF n’a jamais décollé du fait de sa complexité. On pourrait en dire autant de SMTP, HTTP, et presque tous les protocoles fondateurs du web : il ya toujours eu mieux, mais ils se sont imposés par leur simplicité (compréhension et mise en oeuvre).



Il existe même des sites français qui utilisent les microformats… http://www.shopreflex.com/ par exemple!
Le site officiel des microformats : http://microformats.org/ (c’est toujours bien de le citer)
L’autre avantage potentiel des micro-formats, c’est aussi l’interopérabilité entre les plateformes
Cette mise en place d’une véritable tour de babel sémantique était en germe dès les débuts d’internet. C’est une illustration magnifique de la théorie du Chaos. Des dynamiques et des initiatives multiples et désordonnées finissent par générer un ordre, un principe entropique qui structure cette noosphère mondiale que deviens peu à peu internet.
Effectivement, bravo à Fred Bordage pour la simplicté et la clarté de l’explication, j’ai tout compris !
Bravo Fred c’est toujours un réel plaisir de retrouver ta plume
Les microformats visent à standardiser les données, c’est une excellente chose mais on peut aller encore plus loin en mettant en place des standards pour certaines fonctions, méthodes, procédures, traitements et autres services associés aux données. En d’autre terme, il s’agirait de mettre un peu d’ordre dans les API. En effet, un objet dénué de méthodes est moyennement intéressant, cela me rappelle les languages de programmation anciens qui représentaient les données (structure, record,…) d’un côté et les fonctions ou procédures de l’autre. Le web sémantique n’est qu’une étape, la véritable révolution pourrait s’appeler le Web Orienté Objet.
Très intéressant, effectivement. Quelqu’un a-t-il des compléments d’informations sur l’intégration des microformats dans les cms ?
Tout d’abord bravo pour l’article qui est clair et précis.
Je voudrais savoir si quelqu’un à connaissance de l’utilisation des microformats par des sites médias.
Merci d’avance pour vos réponses.
J’ai fais un commentaire avec plusieurs urls qui à du passer en spam. Ouriel, à toi de jouer ^^
RadarNetworks crée en effet par Nova Spivack utilise peut-être les microformats mais c’est une société qui se focalise principalement sur le Web Sémantique (web 3.0). Le Web Sémantique n’a absolument rien à voir avec les microformats. Ce dernier se base principalement sur RDF et OWL qui sont des standards bien plus puissants et pérennes que les microformats.
Faire la part belle aux microformats sur ce blog est désolant alors que les technologies du “Semantic Web” arrivent à maturité. Ouriel je t’invite à réaliser une interview de Nova, tu pourais être surpris. En voyant le retard que nous avons en france sur le Web Sémantique j’ai commencé un blog il y a deux semaines à ce sujet: http://nicolas.cynober.fr/blog/
Bonne lecture
Nicolas comment peut les technologies du Semantic Web arrivent à maturité?
je ne suis pas d’accord les microformats contribuent au web semantique et a structurer l information
Oui les microformats apportent du sens au contenu mais de façon très limitée. Ils ne sémantisent que certains domaines (personnes, events, etc…). Mais existe il des microformats qui sémantisent des informations relatives aux voitures ? aux planches à voile ? aux voyages ? L’interet du Semantic Web est qu’il est normalisé et permet de créer des ontologies pour tous les types de contenu possibles et imaginables.
L’autre problème est que les microformats utilisent l’HTML comme support et l’HTML n’a absolument pas été crée pour ca. Le web sémantique quant à lui suit l’évolution logique du web avec des données XHTML et RDF et des metadatas (OWL), le tout basé sur XML.
Bref, les microformats pourquoi pas, si ils peuvent temporerement ajouter du sens au contenu des pages, mais pour moi cette technologie n’a aucun avenir (moyen et long terme).
Encore un terme qui me fait sourir “web 3″, en quoi la sémantique et la définition de contenu est-elle “nouvelle” ? En rien, le web se base sur ces principes depuis son début, les microformats sont une manière plus poussée de préciser le type de contenu.
En ce qui conserne “le manque de documentation” Je vous conseil de visiter http://www.microformats.org, le groupe de travail est ouvert à tout le monde, et la communauté francophone croît d’avantage.
Ainsi que le W3C qui vient de publier récemment ses premières recommandations http://www.w3.org/TR/grddl/
GRDDL une recommendation pour quoi ? Les microformats ? Absolument pas, tu devrais lire les recommendations en entier.
GRDDL est un moyen de transformer n’importe quel type de donné web en un format RDF (HTML, XHTML, RDFa et microformats, etc…). Jete un oeil aux use-case: http://www.w3.org/TR/grddl-scenarios/
Pour ce qui est de la complexité du web sémantique, je suis parfaitement d’accord, c’est un frein terrible par rapport à la simplicité des microformats.
je vous invite a lire la mise a jour du billet ou Fred Bordage repond a certains de vos commentaires
Je n’avais pas vu les commentaires de Fred à la suite du billet. Tu commences à tout confondre il faudrait faire attention.
1) Comme je l’ai dit dans mon reply ce-dessus GRDDL est une techno qui n’a pas été développé spécifiquement pour les microformats.
2) “le web sémantique n’est qu’une étape, la véritable révolution pourrait s’appeler le Web Orienté Objet”. Heuu… c’est justement la définition du web semantic donné par TBL. Le semantic web est un web de donné (web of data), l’hypertext devient l’hyperdata.
Je m’attendais à mieux qu’une pub pour les services utilisant les microformats dans ce billet… enfin au moins ça m’aura permis de découvrir le blog de Nicolas Cynober autrement plus intéressant :-).
[...] Techcrunch, [...]
[...] Techcrunch, [...]
[...] Pour en savoir plus : Le lab dédiée au microformats Le point sur Techcrunch [...]
[...] O’Reilly, papa du web 2.0, et Nova Spivack, créateur de RadarNetworks. Je me suis rappelé la discussion tiède que j’ai eu sur techcrunch.fr au sujet des microformats. Pas de rapport vous me direz, et [...]
Merci Fred. Bon article à recommander aux nouveaux venus. Je m’en vais de ce pas le recenser dans la revue de presse du wiki. Et suis ravi d’avoir des nouvelles de Jobijoba par ton intermédiaire. Naturellement, ta plume sera toujours la bienvenue quand tu veux chez “les microformateurs”
[...] à trouver la fonctionnalité. JobiJoba lancera cette semaine un moteur de recherche d’emploi orienté microformats. Il devrait permettre de détecter automatiquement la localisation d’une [...]
Voyez Operator, une extension Firefox pour les microformats, le RDFa et le eRDF.
une synthèse sur les microformats est disponible sur le site de dreamorange. on y fait notamment le point sur la mise en place d’un ecosystème microformaté, tant d’un point de vue contenus, outils de publication, services en lignes , navigateurs web..
http://www.dreamorange.fr/resources/dossiers/microformats/microformats.pdf
[...] française. Je croyais pourtant que techcrunch s’intéressait au web sémantique après leur post sur les microformats ? Suite à la sortie de Twine je n’ai même pas trouvé d’interview de son CEO Nova [...]
[...] de fonctionnalités. Il est par exemple fournisseur d’identité OpenID. Il supporte aussi les microformats (hResume notamment) ce qui lui permet de s’interconnecter avec les CV de LinkedIn. Ziki [...]
[...] de fonctionnalités. Il est par exemple fournisseur d’identité OpenID. Il supporte aussi les microformats (hResume notamment) ce qui lui permet de s’interconnecter avec les CV de LinkedIn. Ziki propose un [...]
[...] la manière dont ce blog a évolué avec l’accueil de nombreux contribiteurs externes comme Fred Bordage ou Laurent Haug mais aussi avec l’arrivée d’Alain Ashkenazi qui m’aide [...]