Blyk, l’opérateur virtuel de téléphonie mobile qui offre des minutes de communication gratuites en échange de messages publicitaires est lancé aujourd’hui. Blyk, qui sous-loue à Orange son réseau de communication, cible la population des 16-24 ans qu’elle invite à se présenter sur le site et à qui elle envoie des messages ultra-ciblés de la part de ses annonceurs et sponsors. La coïncidence avec le lancement de la version mobile et sponsorisée de MySpace est on ne peut plus délicieuse.
Comme nous le signalions récemment sur Techcrunch UK , le lancement de Blyk coïncide avec le début de l’année scolaire au Royaume-Uni. C’est un mouvement tactique très intelligent, mais pas vraiment surprenant compte tenu de la qualité de l’équipe dirigeante de l’entreprise emmenée par l’ancien président de Nokia Pekka Ala-Pietila et un vétéran des stratégies de marque, Antti Öhrling.
Blyk s’est donné 3 à 4 mois pour s’imposer significativement dans le marché ô combien concurrentiel et prometteur de l’industrie mobile au Royaume-Uni. Blyk compte utiliser les retours en temps réel sur le comportement de leur cœur de cible - les ados et les jeunes adultes - et aider les annonceurs à affiner leurs efforts de ciblage. Buena Vista, Coca-Cola, I-play Mobile Gaming, L’Oreal Paris, StepStone et Yell ont déjà confirmé qu’ils feraient partie des premiers annonceurs à utiliser ce vecteur.
L’annonce du lancement de MySpace mobile au même moment n’est qu’un signe de la dynamique générale qui anime le Groupe Fox Interactive Media ces temps-ci. Les marques du groupe investissent une par une par une l’univers lucratif de la publicité sur mobile. Ainsi FoxSports.com, le site de jeux IGN, AskMen, Photobucket et les chaînes télévisées du groupe vont-ils tous développer des versions mobiles de leurs services dans les prochains mois. Pour l’instant, la version mobile de MySpace n’est disponible que par abonnement auprès de AT&T et Helio, mais les nouveaux sites mobiles du groupe Fox seront disponibles auprès de tous les opérateurs nord-américains. Ces services permettront ainsi aux utilisateurs d’envoyer et recevoir des messages, de commenter des images, de trouver et de chercher des amis, de poster des articles ou encore d’actualiser leurs blogs. Au début, la publicité sera servie sous des formats classiques - des bannières ou du sponsoring de contenu - mais l’entreprise a d’ores et déjà prévu de faire évoluer ce dispositif vers un modèle de ciblage beaucoup plus sophistiqué. La géolocalisation des utilisateurs agrégée aux donnés fournies par les utilisateurs lors de leur inscription permettra de servir des messages publicitaires parfaitement adaptés aux cibles et au contexte dans lequel elles recevront ces messages.
Utiliser les revenus de la publicité mobile pour réduire le prix des communications et, par conséquent, conquérir des nouvelles parts de marché n’est pas une nouveauté. Virgin Mobile vient d’annoncer que 330,000 de ses 4,8 millions d’abonnés américains ont donné leur accord pour visionner des messages publicitaires en échange de minutes de conversation gratuites. Mais faire dépendre toute la structure de profits d’un opérateur de téléphonie des seuls revenus de la publicité est une grande nouveauté… et il n’est pas difficile de comprendre pourquoi : si le transfert de voix et les messages textes assurent la fortune considérable des opérateurs mobiles, les revenus mondiaux de la publicité sur terminaux mobile sont estimés entre $1 et à peine $2 milliards cette année. Cela-dit, la part des revenus des opérateurs tirée des communications vocales a commencé à stagner et dans certains cas, elle enregistre même une baisse. Si les échanges de textos et de SMS entre les utilisateurs semblent avoir de beaux jours devant eux, le nécessaire relais de croissance de l’industrie reposer dans l’explosion à venir du marché de la publicité sur mobile dont les revenus doivent atteindre selon l’IHT $11 milliards d’ici 2012.
Le marché britannique est en passe de devenir un des principaux enjeux de cette bataille. Un article paru dans le Guardian la semaine dernière rapporte que Google – un candidat plus que sérieux pour prendre part au jeu de la publicité mobile – envisageait d’attaquer le marché de la téléphonie sans fil britannique après que l’autorité de régulation locale, Ofcom, ait annoncé sont intention de vendre aux enchères les lignes 2G actuellement utilisées par Vodafone et O2. Depuis, les rumeurs vont bon train…
Note d’Ouriel: tout le monde le sait, le marché de la publicité sur mobile va se développer. Mais personne ne connaît encore son potentiel, même Google qui vient de sortir la version mobile de adsense. Je serais bien prudent pour dire qu’un tel service pourrait être financé à jour par la publicité via mobile uniquement surtout si les appels sont aussi financés. Ce n’est pas qu’une question de taille de marché mais aussi de maturité du marché publicitaire mobile et de la receptivité des destinataires.
Article Traduit par Nicolas Clair et édité par Ouriel Ohayon



A quand Blyk en France? Le produit serait interressant à tester je pense.
En attendant …
Exactement, pourvu qu’il arrive aussi assez rapidement en France.