. Tout le monde parle des blogs et d’argent mais un autre sujet au moins aussi important devrait attirer notre attention, nous bloggeurs: l’éthique et les fameuses “Disclosures”. Vous voyez certainement ce terme barbare dans beaucoup de blogs y compris des blogs français. Non il ne s’agit pas simplement du titre du film polémique avec Michael Douglas et Demi Moore mais surtout d’un terme qualifiant des révélations sur une information censée être précisée dans un contexte particulier et nécessaire. Il est souvent mentionné dans les blogs pour eclaircir le lecteur sur les potentiels conflits d’intérêts ou risques de biais. Il ne s’agit pas d’une obligation mais d’une convenance souvent appliquée.
Première question: comment faut il traduire ce terme en français? La traduction la plus immédiate serait “Révélation”; mais admettons qu’elle n’est pas appropriée et certainement un peu trop *spectaculaire* pour l’objectif recherché par l’éditeur du texte. Je proposerais plutôt “avertissement” ou “remarque” ou encore “note au lecteur“.
Seconde question: quand est il nécessaire de publier une telle mention? Pour cela je conseille à tout bloggeur la lecture de cet excellent billet de Read Write Web sur le sujet. S’il semble évident de dévoiler les conflits d’intérets il n’est pas aussi évident de savoir exactement dans quels cas il est nécessaire de le faire: il existe des formes plus subtiles de biais comme les relations personnelles avec les employés de la société ou encore le fait de rédiger sur une société préalablement annonceur sur le site par le biais d’une régie publicitaire ou encore Google adsense (qu’il est difficile voir impossible de mémoriser). L’article de RWW prend pour références les journalistes qui rédigent souvent des articles sur des sociétés qui sont aussi parfois annonceurs sur le journal et qui ne font aucune mention de cette relation, et pour cause, car ils ne la connaissent pas ou parce que même s’ils la connaissent n’ont pas d’obligation d’en faire mention. Les blogs doivent ils faire mieux?
L’article mentionne des cas très clairs où il est nécessaire de mentionner un avertissement: être investisseur dans la société, être concurrent, être payé par la société. Il faut aussi savoir faire confiance à l’intelligence du lecteur: si une société demande de tester un produit (comme c’est le cas pour le BlackBerry sur ce blog) j’ose espérer que le lecteur saura détecter l’honnêteté de l’opinion et saura se passer de plus d’avertissements que le simple fait de mentionner le prêt (soyons honnêtes souvent l’objet n’est pas réclamé en retour) ou d’un crédit gratuit au service (ex SkypeOut), et encore. Ce qui est certain c’est qu’il n’y a pas de réponse unique et que les blogs étant encore jeunes la pratique concernant les avertissements l’est aussi.
Concernant TechCrunch France, j’évite de parler des sociétés où j’ai des intérêts directs et si je le fais c’est en mentionnant systèmatiquement la relation (investisseur, membre du conseil d’administration, partenaire du site – type Zlio). J’ai d’ailleurs créé une section qui est mise à jour avec toutes les informations nécessaires. Je pense que comme beaucoup d’autres bloggeurs il serait ridicule de mettre une mention à chaque fois qu’une personne que je connais bien travaillant pour la société couverte dans un billet est mentionné ici. Si vous êtes dans l’industrie du web depuis quelques années vous avez inévitablement de nombreuses relations et de nombreux amis dans le secteur.
En conclusion oui à la mention des biais évidents, le reste est optionel. Rien n’est parfait, et peut être faut il faire plus pour garantir aux lecteurs une transparence totale; mais à nouveau, hormis dans les cas évidents; j’ai envie de faire confiance à l’intelligence du lecteur et me passer de certains abus et autres excès de zèle.
Qu’en pensez vous? Quel autre type de mentions faudrait il inclure?






Une remarque concernant le paragraphe du milieu “Les blogs doivent ils faire mieux?”.
Je crois que tu te trompe sur l’interprétation du rapport entre la situation entre journaliste/blogueur vs publicité. La question du disclosure ne concerne pas la publicité “en soi” mais les situations où l’auteur est directement concerné par un conflit d’intérêt potentiel. En pratique le cas de l’actionnariat de l’entreprise de presse (la règle que j’ai connue et appliquée nécessitait de mentionner la relation avec une société à partir de 5% des parts).
Concernant la publicité il y a une trés grosse différence entre le journaliste ou blogueur qui mentionne un annonceur de son site et celui qui est directement payé pour rédiger un publireportage où prêter son nom à une opération de com (une pratique assez lamentable mais c’est un autre sujet). Je crois que c’est surtout ce dernier cas qui est visé car il exprime un lien de subordination.
C’est du bon sens mais comme visiblement ca n’est pas clair pour tout le monde je le précise.
Sinon même si ça te semble lourd à gérer autant continuer à mentionner tes liens capitalistiques. C’est une question de transparence et je te soutiens dans cet effort.
Sans vouloir polémiquer il reste que la triple activité investisseur/conseil/rédacteur pose un problème évident de déontologie pour Techcrunch et je doute que la transparence suffise à règler la question. Il faut savoir que les journalistes eux n’ont pas le droit de jouer sur les deux tableaux, c’est une contrainte imposée mais acceptée (en général, je sais personne n’est parfait).
Il faudrait que Google accepte de donner plus d’infos et authorise les utilisateurs du service à les rendre public…
S’agissant d’un blog comme Techcrunch France, je trouve qu’une mention particulière devrait être apportée lorsqu’un billet est rédigé en français from scratch